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Polygones réguliers

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Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
-4000 (Période d’Uruk)MésopotamieEurasie Axiomes Diagramme
Formes géométriques

Descriptions

► Les polygones réguliers sont une combinaison du symbolisme des formes géométriques qu’ils complexifient et des nombres qu’ils représentent.

Pentagramme

► Les plus anciennes représentations connues du pentagramme étoilé datent du cunéiforme protodynastique des sumériens, -2500. Chez eux il était le signe "UB" et il représentait les 5 directions (est, nord, sud, ouest et zénith). Au -IV, il sera utilisé pour orner les sceaux de la ville de Jérusalem. À la même époque il orne également les monnaies de nombreuses autres villes du bassin méditerranéen : Pitane en Mycie, Chersonèse en Thrace, Velia en Lucanie, puis Benevent au Samnium au III.

► Pour les pythagoriciens, le pentagone étoilé, pentagramme ou pentalpha symbolisait l’harmonie, la vie et la santé. Il était également leur signe de reconnaissance.

↳ Une histoire d’origine vraisemblablement pythagoricienne rapporte qu’un voyageur malade qui senti son heure arriver dans une auberge, ne pouvait payer l’aubergiste, faute de ressource. Ce dernier l’accueilli tout de même jusqu’à sa mort. Avant de périr, l’Homme lui demanda de graver un pentagramme sur une tablette qu’il accrocherait à l’entrée de son auberge. Il s’exécuta et plus tard, un pythagoricien passant par là s’enquière de la situation et régla les dettes de son compagnon.

► Manifestation géométrique significative du nombre d’or, il est couramment employé en occultisme pour se prémunir des mauvaises influences et commander aux esprits. Droit, il figure l’Homme dans sa supériorité spirituelle sur les éléments, renversé, c’est inversement l’instinctivité qui leur est soumise.

Hexagramme

► Symbole fort ancien déjà présent dans les pétroglyphes et que l’on retrouve en de nombreux endroits, l’hexagramme, étoile à six branches qui se forme dans l’interpénétration de triangles équilatéraux depuis leur sommet, représente fondamentalement la totalité, l’unification et la synthèse, l’équilibre et l’harmonie.

↳ Carrefour de force tel que figuré par le vévé d’Ayizansa, l’hexagramme est la rencontre de deux ternaires, de deux activités, les deux triangles, igné et aqueux composant le symbole et représentent pour l’un, ce qui monte depuis le bas, la sublimation de la sphère terrestre, l’élévation du personnel et du temporel, pour l’autre, ce qui descend depuis le haut, la matérialisation de la sphère céleste, la descente de l’impersonnel et de l’intemporel. Sa forme et son symbolisme est ainsi concomitant avec celui de l’équerre et du compas et du taijitu.

↪ Aussi, le symbole figure donc le double mouvement de désincarnation des corps et de l’incarnation de l’esprit, union de l’Homme et de Dieu trouvant leur équilibre dans la manifestation de l’âme, du masculin Shiva et de la féminine Shakti.

↳ On trouve cette complémentarité dans le satkona composé des triangles Om et Hrim et de façon développée dans le Shri-Yantra, figurant en propre, le dépassement de la dualité et la sagesse. La même signification est également présente dans le mandala de Vajrayogini ou dans le kagome shinto dont on trouve trace à partir du -V.

► Si on prend en compte les deux bases des triangles comme coupant les triangles opposés, il s’agit aussi de l’union de la terre et de l’air, faisant que le symbole représente alors l’union des quatre éléments, et suggère l’existence du cinquième, aether, eau céleste ignée issue du solve et coagula alchimique qui est impalpable et invisible mais présente dans le centre de la figure lorsque les quatre autres sont équilibrés.

↪ Ses six pointes représentent pour le judaïsme, les six jours de la création, le septième étant au centre, il peut aussi évoquer les douze tribus d’Israël en prenant en compte les six intersections.

↪ Se focalisant sur le centre irradiant les possibilités, il symbolisait le soleil pour les mayas ainsi qu’en témoigne un bas-relief du X à Uxmal.

↳ Il en va de même en kabbale où le symbole est lié à tiphereth et dans le yoga où on l’associe à anahata.

↪ Il représente d’ailleurs les sept planètes dans l’hermétisme, où focalisé sur son aspect de totalisation, il est plus spécifiquement lié à Saturne et à l’ouroboros.

► Eu égard à son symbolisme, et à l’instar du pentagramme dont il est complémentaire dans la dualité microcosme-macrocosme, on lui accorde une puissance magique : il s’agit d’une du מגן דוד (Maguen David) {bouclier de David} pour les juifs qui accorde par sa force équilibrante et ses inscriptions dédiées à Dieu, une protection contre le mal par l’espace sacré. L’hexagramme se substitue d’ailleurs au tétragamme sur des amulettes à partir du VI. Du reste la plus ancienne représentation de l’hexagramme connue en tant que bouclier de David est le Sceau de Sidon, trouvé au Liban et datant du -VII (D.Diringer)

↪ D’autre part il est ختم سالومون khatam Suleiman {sceau de Salomon} dont le roi se serait servi pour pour conjurer les démons et invoquer les anges selon les ouvrages magiques musulmans à partir du X.

↳ Ces conceptions prennent racine d’abord dans Flavius Joseph in Antiquités judaïques (VIII, 2 :5) : […] il (Salomon) a laissé des formules d’exorcisme pour enchaîner et chasser les démons, de façon qu’ils ne reviennent plus. […] Le mode de guérison était celui-ci : il approchait du nez du démoniaque un anneau dont le chaton enfermait une des racines indiquées par Salomon [assimilé en Europe au polygonatum], puis, le faisant respirer, il effrayait l’esprit démoniaque par les narines ; […] en prononçant le nom de Salomon et les incantations composées par celui-ci. suivit par Tabari in Histoire des prophètes et des rois (I, XV)) : Or, cet anneau à quatre faces qui avait été apporté du paradis, devint le sceau de Salomon […]. Au milieu du moyen-âge le symbole est déjà fort usité dans les manuscrits magiques, kabbalistiques et alchimiques qui foisonnent alors.

■ Pour une somme conséquente de ressources documentaires, consultez le blog de Zeevveez : Star of David.

Octogramme

► L’octogramme est une étoile à huit branches, qui symbolise d’abord l’étoile rayonnante au sens strict. Sa plus ancienne représentation date de -4300 -3600, à Teleilat el Ghassul en Jordanie, durant la période mésopotamienne dite d’Uruk 🗎⮵. Carré redoublé, il évoque grâce à ses huit pointes la rotondité et est en conséquence, considéré comme un symbole intermédiaire entre le carré et le cercle. On lui associe un grand nombre de significations :

↳ C’est tout d’abord Vénus (cycle astronomique de huit ans), elle est la représentation privilégiée, l’emblème de la déesse de l’amour.

● Elle est chez les sumériens et babyloniens le symbole d’Inana et Ishtar. Chez les Sumériens il sera aussi le signe "DINGIR" qui signifie "dieu".

● Elle est aussi le signe de Lakshmi. Cette dernière à huit formes et de même, Vishnou son parèdre, manifeste sa puissance d’action par ses huit bras.

● Auseklis est un dieu letton personnifiant Vénus (particulièrement à l’aube, 𝕍 l’étymologie du dieu) et dont la figuration graphique est un octogramme.

● Dans le vaudou, une figure semblable est appelée étoile d’Ifé.

↳ Elle est ensuite l’étoile de Bethléem. On retrouve cette étoile à huit branches dans la forme octogonale des fonds baptismaux. Le huit est tant un chiffre de mort que de résurrection. Elle est encore présente dans la lame de l’Étoile 👁.

↳ Elle est aussi une rose des vents et symbolise les quatre points cardinaux et intermédiaires et par extension, les éléments et les huit planètes tournant autour du soleil. Elle signifie ainsi la totalité spatiale, l’harmonie et l’infinité des manifestations, cette idée se manifeste notamment dans l’ogdoade hermopolitaine ou la figuration graphique de la sephira hod. On retrouve ainsi la figuration de l’octrogramme radiant de totalité dans :

● Un soleil rayonnant, comme on peut le voir chez les celtes avec la roue solaire à huit bras ou chez les mayas avec la croix à huit branches de Quetzalcoatl.

● La roue du dharma et les huit pétales du lotus de Bouddha.

● Le huit est considéré comme un nombre chanceux dans la culture chinoise car il sonne comme le mot « prospérité » et il est la base numérale des huit principes de yǒng ou huit traits de base de la calligraphie chinoise. Dans le Yi-King, on trouve huit trigrammes : ciel, terre, tonnerre, eau, montagne, vent, feu et lac. Dans le taoïsme en outre, pensons aux huit immortels.

Ennéagramme

► L’étoile à neuf branches et un symbole baha’ie puisque le chiffre neuf véhicule les idées d’universalité et de perfection.

► En France, Gurdjieff s’est servi de la figure de l’ennéagramme d.XX pour servir de support psychologique à la diffusion de son enseignement gnostique.