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Taureau
Bos taurus

Données générales

Règne (Classe)FamilleRégimeRépartitionOrigineEntitésVertusAstralité
Animal (Mammifère)BovidésPhytophage+ Afrique du nord
+ Asie centrale
+ Europe
+ Extrême-Orient tempéré
+ Inde
IndeApis
Cybèle
Mithra
Fertilité
Puissance
Vitalité
Lune
Jupiter

Étymologie

► Racine Ind.Eur. tauro- :

Grc. tauros
Rus. tur
Asx. steor :
Ang. steer
All. stier
Lat. taurus / Gau. taruos :
V.Fra. tor puis Fra. "taureau", Brt. tarv et Crs. toru
Ita. toro et Prt. touro

► Racine P.Ger. supposée bulô :

Nor. boli :
Isl. boli
Sue. bulla
V.Ang. bula puis bole/bul/bule puis bull en Ang.
V.Sax. bulo/bullo puis bulle en All.

Symbolisme général

Premier animal de la création, l’origine du culte du taureau remonte à l’aurignacien. Son symbolisme est avant tout lié au principe de fécondité mais conjugué au pouvoir céleste : il est fontaine fumante, splendide impétuosité. C’est fondamentalement, la foudre et le feu divin : il est souvent l’outil vengeur des dieux, le symbole de leur volonté implacable.

↳ Dans son culte plus tardif ces deux aspects autrefois entremêlés sont souvent distincts et c’est tantôt la fougue de son phallus, tantôt la fertilité de la lune en ses cornes qui est mise en avant dans les légendes. Cependant les deux aspects restent conjoint et l’un n’échappe souvent pas à l’autre pour peu que l’on étudie de près les récits.

Second signe du zodiaque occidental, c’est un signe de terre. En tant que porteur du monde, il est dans l’homme zodiacal, le cou, qui porte aussi bien la tête que le monde. Sa corne est le croissant de lune, l’emblème de la Magna Mater, elle est par ailleurs souvent utilisée réduite en poudre dans de nombreux rituels et sortilèges.

↳ Sa double nature, ignée et aquatique est symbolisée dans une des plus anciennes représentation d’art sacré du taureau : une tête d’or barbée de lapis-lazulis retrouvée dans la région de l’ancienne Babylone.

Occurrences mythiques

Europe

Christianisme

► Le taureau, symbole païen trop puissant, sera évincé au profit du bœuf, dominé par le joug. Il demeure cependant un animal central et primordial avec par exemple, la reprise du tétramorphe antique des babyloniens ainsi que la présence du bœuf lors de la naissance du Christ.

Héraldique

Or, de gueules, sable, ailé, surmonté d’une croix, dressé sur ses pattes postérieures… Le taureau est représenté dans de très nombreux blasons et emblèmes de villes et de peuples. Il reprend souvent alors la symbolique du gardien où celle de l’inlassable impétuosité, parfois dans une moindre mesure celle de la fertilité.

Polythéisme celtique

► Le taureau est au centre de la rivalité entre Connacht et Ulster. C’est le combat du taureau brun contre le taureau blanc.

↪ D’une dispute entre Medb/Maeve et son mari Aillil à propos de leurs troupeaux respectifs, Medb fit la demande auprès de Dare de lui donner son magnifique taureau de Cuailgne pour rivaliser avec. Son refus entraîna l’épopée connue sous le nom de "razzia du bétail de Cooley" et la mort de Cuchulainn, champion de l’Ulster, dans son opposition a Medb lors de l’invasion.

► Macha la Divine, représentante de la fertilité, qui rendit à Crunniuc la richesse de son domaine, avait la force du taureau.

► Une représentation taurine sur un autel retrouvé à Paris montre le "Tarvos Trigaranos". Un taureau portant sur son dos deux grues et une autre sur son front. Image récurrente du taureau à trois cornes dans le monde celte.

► Deux taureaux blanc, qui n’avaient pas connus le joug, étaient sacrifiés au pied du chêne dans les rites druidiques de cueillette du gui. Une fois le gui recueilli, les animaux sont immolés pour assurer la prospérité des rites.

Polythéisme grec

C’est l’alpha.

Chronos est décrit comme une créature reptilienne dotée de trois tête : d’homme, de lion et de taureau.

► Attribut, avec le cheval, de Poséidon.

► Sa corne est un attribut de Dionysos.

► Son culte est à rapprocher de celui de Déméter.

► Souvent sacrifié à Zeus, un taureau blanc était au préalable débarrassé de ses cornes.

► Europe est ravie par Zeus sous la forme d’un taureau blanc et donnera par ailleurs naissance à Minos, futur roi de Crète. Zeus porta aux constellations l’image du taureau en gage de remerciement. C’est aussi sous cette forme qu’il se présente à Io.

► Minos, voulut rendre hommage à son ascendance taurine en sacrifiant à Poséidon un taureau jailli de la mer. Cependant, la beauté de l’animal était telle, que Minos voulu le garder pour lui. Le minotaure, engendré de Pasiphaé et du taureau blanc de Crète sous l’inspiration vengeresse de Poséidon, était emprisonné dans le Labyrinthe.

Héraclès dompte le taureau de Crète : Ce même taureau qui devait être offert à Poséidon ravageait alors la région. Héraclès captura le taureau à mains nues et, à la fin de son périple, le sacrifia à Athéna.

↳ Une extension de cette légende propose que le taureau fut libéré à Marathon par Eurysthée lorsque Héraclès le lui ramena. Il se mit alors a ravager cette région et de nombreux jeunes gens dont Androgée voulurent le mettre à mort. Malheureusement, Androgée, fils de Minos, mourut dans la tentative. Minos demanda en tribut aux Athéniens, 7 jeunes hommes et 7 jeunes filles par année, afin de les sacrifier au Minotaure. C’est finalement Thésée, "demi-frère" de l’animal, qui en vint à bout. Il se mit alors en chasse du Minotaure et sera aidé dans sa quête par la propre fille de Minos, Ariane.

► C’est encore une divinité aquatique, Achéloos, l’aîné des dieux-fleuves issus de Téthys et d’Océan, qui choisit de se transformer en taureau pour combattre Héraclès afin de séduite Déjanire. Il perdit une corne dans la lutte. Et, en échange de sa restitution, il céda à Héraclès la corne d’Amalthée, fille d’Hémonios. C’est la corne d’abondance.

► Les 300 taureaux noirs et 200 taureaux rouges d’Augias. Ainsi que les 12 taureaux argentés gardiens du bétail. Dont le fumier dut être nettoyé par Héraclès.

Polythéisme romain

► Il est associé au culte de Cérès.

► Le culte romain de Mithra a, lui-aussi, conservé le taureau originel et primordial de son ascendant perse. Ce culte conserve un aspect plutôt solaire. Mithra, né d’un rocher le 25 décembre, capture et sacrifie un taureau fabuleux en le forçant, par les cornes, à lever sa tête et à offrir son cou au poignard du héros. Le sang de la bête vient alors fertiliser les végétaux alentours. Le soleil, Mithra, uni à la lune, le taureau, recrée la vie au travers de l’acte de mort lorsque le sang jaillit sur la terre.

↳ L’iconographie de cet acte montre souvent un chien et un serpent se délecter du sang du bovin, ainsi qu’un scorpion tentant de castrer le taureau.

► L’initiation aux mystère de Cybèle, se fait par l’aspergation du sang d’un taureau sacrifié. On renaissait au travers du sang fécondateur de l’animal.

Polythéisme scandinave

► Un taureau, avatar de Thor, était vénéré à Uppsala.

Afrique

Polythéisme égyptien

► Le culte du taureau est du bœuf est très intimement lié au polythéisme égyptien.

↳ Les phases de la lune sont le symbole de la lutte des principes du taureau et du bœuf. Croissance et décroissance.

↳ Le taureau est porteur du disque solaire entre ses cornes, et d’une étoile ou d’un naja sur son front. Les principes solaire et lunaire en sont réunis.

► Ces animaux font d’ailleurs l’objet d’un culte très fort. Et nombreux sont les taureaux sacrés d’Égypte : Mer Our, Aa-Nefer, Khanoutef et surtout Apis. Ce dernier est la renaissance de Ptah et l’un de ses avatars. Apis est un taureau noir né d’une vache encore vierge fécondée par Ptah au travers d’un rayon de soleil.

↳ Il porte une marque sur le front, et les ailes "blanche" de l’oiseau sur son dos.

↳ Apis a comme attribut lui aussi le croissant de lune et porte sur sa tête le croissant d’Isis.

↳ Des augures étaient prononcés en fonction des déplacement d’Apis lors d’une promenade rituelle dans la cour du temple où il était vénéré et où il résidait.

↳ Quand un de ses taureaux sacrés mourrait, un deuil rituel était observé jusqu’à la découverte de son successeur, découverte qui donnait lieu à des réjouissances magnifiques. L’Apis mort devenait quant-à-lui, Osiris-Apis ; c’est le Sérapis vénéré par les grecs.

► Parmi les autres taureaux sacrés, on retrouve Boukhis, Kémour, Mnévis, Bacis et Tjaïpésef.

► De même, le taureau faisait parti des rituels populaires et des sacrifices consacrés à Min, le dieu de la fertilité.

Afrique du nord

► Au Maghreb : Le monde est soutenu par un taureau.

► En Kabylie : Itherther est le dieu-taureau, existant depuis la nuit des temps avec sa compagne Thamuatz, un veau femelle. Il est issu de Tiam, un endroit souterrain, qu’il quitta pour profiter de la lumière de la Terre. Il engendra, outre sa descendance, sept espèces d’animaux.

Moyen-Orient

Polythéisme babylonien

► Le monde repose sur les cornes d’un taureau, lui-même perché sur un poisson.

Adad, dieu du tonnerre avait un taureau comme monture.

► Nouskou, dieu du feu a comme attribut une lampe en forme de sabot taurin.

► Akaran, le temps-éternel, engendra Ormazd le pur et Ahriman le noir.

↳ Ormazd à son tour donna vie à la lumière et au Taureau "Gôch’, source de vie.

↳ Par jalousie, le taureau fut mis à mort par Ahriman, mais de ses restes, Ormazd créa alors le premier homme et la première femme.

C’est Geush Urvan, "l’âme de la vache", le taureau primordial crée par Ahura Mazda (Ormazd).

↳ Né avec le premier homme, Gayomart, il vécut avec lui en paix durant 6000 ans avant l’avènement de l’ère de la balance et l’apparition du mal, Angra Maynyu. De son cadavre, principe lunaire, naquit toute la végétation comestible et 12 sortes d’animaux utiles. Tandis que du cadavre de Gayomart, principe solaire, naquit l’univers et le premier couple d’humain, Mashya et Mashyoi.

Polythéisme hittite

► Tilla est le dieu taureau. C’est la monture de Teshub, le dieu du ciel et de la tempête.

Polythéisme mésopotamien

► C’est la monture de combat d’Ashur, roi des dieux.

► Dans l’épopée de Gilgamesh, un taureau céleste est envoyé par Anu à la demande de sa fille, Ishtar afin de terrasser Gilgamesh, ce dernier l’ayant rejetée. Le taureau, façonné par Anu était supposé immortel. Il est cependant vaincu par Enkidu. Ishtar, par vengeance, tua alors Enkidu qui devient le taureau ailé, gardien du seuil.

► Ce taureau ailé est le "lamasu", protecteur de l’homme contre les démons.

► Mardouk est "le taureau noir de l’abîme".

Tradition hébraïque

► C’est aleph, la lune lors de sa première semaine.

► Dans l’Ancien Testament, la mer de bronze repose sur 12 bœufs. 3 par 3 regardant vers l’extérieur en direction des points cardinaux.

Orient

Extrême-Orient

► En Mongolie et en Yacoutie : Un bœuf aquatique annonce de son meuglement l’arrivée de la pluie. C’est là encore un principe lunaire, aquatique et féminin.

Hindouisme

► C’est le principe de fécondité.

► On dit que l’âme du taureau s’avance sur un char.

Tradition indienne

► Vrishabha est le pendant indien du taureau zodiacal.

Védisme

► Il est au centre de l’univers et fait tourner la roue cosmique.

↳ Il est dit qu’au terme de la chaque âge de la Terre, il lève un sabot. Et lorsqu’il aura quitté le sol, l’univers s’effondrera.

► C’est le vâhana {monture} de Shiva. Nandi, "le seigneur de la joie", gardien du troupeau donné à Shiva par Daksha, le dieu des rites et de la magie.

↳ C’est aussi le messager de Shiva, lui rapportant les prières. Il représente le Dharma. Porteur et moteur du cosmos. Sa représentation est souvent celle d’un taureau couché.

↪ Plus tard, il deviendra aussi la monture de Durgâ.

► Krishna vint à bout de sept taureaux furieux pour obtenir la main de Nagnajiti, une de ses huit épouses.

Amérique

Polythéisme amérindien

► Chez les Sioux : c’est le moteur cosmique, inlassable.

separateur

Vache
Bos taurus

Données générales

Règne (Classe)FamilleRégimeRépartitionOrigineEntitésVertusAstralité
Animal (Mammifère)BovidésPhytophageAfrique du nord
Asie centrale
Europe
Extrême-Orient tempéré
Inde
IndeAditi
Damona
Hathor
Héra
Fertilité
Guérison
Vie
Lune
Venus

Étymologie

► Racine Ind.Eur. waka :

Lat. vacca
V.Fra. vache
Ita. vacca
Esp. et Prt. vaca
Skr. vasa

► Racine PIE. :

A.Grc. bous
P.Ger. kuz
Asx. cu
Ang. cow
All. kuh

► Racine reconstruite PIE. kerh- {grandir, s’amplifier) :

Lat. Keres/Ceres
P.Slv. korva
Rus. korova

► Racine non reconstruite probable :

P.Mgl. ünixen (𝕍 PIE. uksen)
Mgl. üniye/ünee

P.Tur. in-gek
Tur. inek

Symbolisme général

► Le culte de la vache est, comme celui du taureau, très ancien. C’est un symbole duel, à la fois chtonien et céleste, ses sabots sont dans la terre et ses cornes en croissant de lune.

► Elle faisait l’objet d’un sacrifice rituel proto-indo-européen dont sont vraisemblablement issus les multiples rites la concernant que l’on retrouve partout dans le monde.

► Archétypalement, la vache, c’est la grand-mère, l’aspect nourricier de toutes les déesses lunaires. Elle représente l’instinct maternel, la fécondité de la faune et de la terre en général.

Occurrences mythiques

Europe

Alchimie

► C’est simplement le principe Lunelunaire. Son symbolisme n’est toutefois pas régulièrement utilisé dans les écrits alchimiques.

Polythéisme celtique

► La vache demeure un aspect populaire important chez les celtes. La prospérité d’une personne se jauge à l’aune de son bétail. Et l’exemple des Vaches de Cooley montre les conséquences tragiques que la jalousie peut avoir.

Un des aspects de Brigit, Boann, tire son nom de Bo Vinda {Vache blanche/Vache bienheureuse}. C’est une divinité aquatique et lumineuse.

Le forgeron Cian possédait Glas Gavlen, une vache magique, véritable corne d’abondance, qui produisait tant de lait qu’elle pouvait nourrir toute une tribu.

► La vache chtonienne, guerrière, est rouge avec des oreilles blanches.

Polythéisme gaulois

C’est Damona, "la vache divine", déesse de la fertilité et de la guérison.

Polythéisme germain

Auðumbla est la vache primordiale des Eddas, issue du néant. Elle nourrit le géant Ymir de son lait et,à partir du sel de la terre gelée qu’elle lécha, donna naissance au premier être, Buri.

Polythéisme grec

► Les rituels de sacrifice de vaches étaient aussi nombreux que variés chez les grecs. Ces rites visaient à obtenir les grâces divines. Notamment celles d’Hécate, déesse entre autres de la magie. Elle est parfois représentée comme une femme à tête de vache, voire d’une femme à triple tête, comprenant au moins celle d’un animal (vache, chien, sanglier, serpent ou cheval).

Héra est parfois dénommée "la déesse aux yeux de vache", et est souvent accompagnée d’une vache dans ses représentations graphiques et sculpturales.

► Io, prêtresse d’Héra, eut une relation avec Zeus. Ce dernier, surpris un jour par Héra, dut changer Io en génisse pour dissimuler son adultère. Io, devenue une magnifique vache blanche, continua d’être vue par Zeus sous la forme d’un taureau. Héra plaça Io sous la garde d’Aegos le géant. Mais celui-ci fut tué par Hermès à la demande de Zeus. Par vengeance, Héra envoya sur Io un taon qui n’aurait de cesse de la piquer. Io traversa de nombreux pays et de nombreuses mers avant de retrouver finalement sa forme humaine une fois arrivée en Égypte et de donner naissance au fils de Zeus, Épaphos. Elle y est associée à Hathor et donc, à Isis.

► Pasiphaé se disposa dans un simulacre de vache conçu par Dédale afin de profiter des faveurs du taureau blanc de Crète. Le minotaure Astérios, naquit de cette union.

► Le mythe grec des proetides, jeunes filles qui se crurent transformées en génisses sous le coup de la folie qu’Héra leur infligea.

Polythéisme romain

► La fondation de Rome par Romulus se fit par le tracé d’un soc d’airain, tiré par une vache et un bœuf.

► Le 15 avril, des vaches pleines étaient sacrifiées et leurs embryons immolés en offrande à Tellus. Ce sont les Fordicidia, une des fêtes des cultures prenant part durant la saison printanière.

↳ La forme particulière de ce sacrifice proviendrait du conseil de Faunus qui demanda à Numa Pompilius, d’offrir deux vaches à Tellus en n’en sacrifiant qu’une.

Ce sacrifice de femelles gravides est très rare dans le reste du monde, mais semble faire écho à des rites de fertilité dans la tradition brahmanique et dans la culture populaire chinoise.

Polythéisme scandinave

► Le lait d’une vache stérile entre dans la composition du Sampo finnois. Ce moulin magique est, si l’on accepte de simplifier, un équivalent de la corne d’abondance.

Polythéisme slavon

► Dans la cosmogonie slave, une vache et une chèvre célestes forment la voûte du ciel à partir de leur lactation.

Afrique

Animisme khoïkhoï

► Chez les khoïkhoï (sud de l’Afrique) on raconte que Heitsi-Eibib, héros et emblème de la chasse, est né d’une vache.

Animisme shilluk

► Les shilluk (centre de l’Afrique) vénèrent Diang, la déesse vache, femme du premier homme.

Polythéisme égyptien

► La vache est d’abord Mehet-Weret/Methyer, la grande crue, qui apporte au Nil sa fécondité. Elle représente la force vitale issue de l’eau et est représentée sous la forme d’une vache tachetée, porteuse du disque solaire.

► La vache est aussi les jambes de Nout, la reine du ciel, la vache céleste, sont les piliers cardinaux du monde, son ventre en est le firmament.

► C’est ensuite l’avatar d’Hathor, déesse primordiale, source de vie de tous les autres dieux. Sous l’apparence d’une femme à tête de vache, d’une simple vache, ou d’une femme coiffée de corne et du disque solaire, c’est la fille du dieu soleil Râ.

↳ Le nom d’Hathor signifie "Domaine d’Horus", c’est l’endroit du monde où le soleil Horus disparaît et symbolise la résurrection quotidienne de celui-ci après s’être "caché" dans le ventre maternel.

↳ C’est une divinité lumineuse et régénératrice. Son domaine est la joie, la célébration et l’amour. Elle peut être associée en cela à la déesse Isis (et donc à Aphrodite), dont le culte supplanta celui d’Hathor. Elles possèdent comme attribut commun le sistre, un instrument de musique destiné à chasser le mal de l’endroit où il est joué. Hathor est par ailleurs issue de Sekhmet, déesse guerrière et destructrice qui, après avoir bu la bière rouge de Râ ayant regretté de l’avoir envoyé dévaster la terre, prit la forme de la déesse de la fertilité. On peut voir ici un rapprochement entre l’aspect destructeur et finalement bienfaisant de la crue du Nil.

► Isis-Hathor, la déesse à tête de vache, résulte de la décapitation d’Isis par Horus puis de sa résurrection dans la ville de Niout-net-ihet, "la ville de la vache", où Thot plaça la tête d’une vache sur le corps décapité de la déesse.

► La vache sacrée Hésat, est la mère d’Anubis et l’épouse d’Apis. Elle enfante le veau d’or, symbole de la royauté des pharaons.

► Sekhathor est la déesse vache, nourrice de l’Homme, déversant son lait guérisseur et nutritif sur le monde.

► La vache est aussi associée à Méhouret, qui porte l’univers sur son ventre.

► Mentionnons en outre Bat, déesse de la fertilité dont le culte en Haute-Égypte, fit parfaitement écho à celui d’Hathor dans la Basse-Égypte. Leur représentation est distincte d’un détail particulier : L’orientation des cornes vers l’intérieur pour Bat, et vers l’intérieur pour Hathor. Le culte d’Hathor prit l’ascendant sur celui de Bat lors de la réunification des royaumes.

Moyen-Orient

Islam

► Dans la sourate ٱلْبَقَرَة (Al-Baqarah) {La vache}, Moïse échange avec son peuple à propos de la nature que doit avoir une vache à sacrifier.

Judaïsme

► C’est un animal casher et dont la consommation est autorisée tant que sa mise à mort suit les principes rituels.

► On sacrifiait une vache rousse que l’on immolait et dont les cendres étaient vouées à expier les fautes. Tel Moïse, qui dut sacrifier à Dieu une vache rousse qui n’avait pas encore connu le joug.

► La rousseur représente l’aurore, comme renaissance opposée à la mort symbolisée par la vache noire.

Zoroastrisme

Gavaevodata est la vache originelle de la cosmologie. Une des six créations primordiales d’Ahura-Mazda, la génitrice de toute vie animale.

↳ Dans le mythe de la création, l’animal est sacrifié pour que de ses entrailles naisse la faune toute entière. Son lien avec Geush Urvan/Goshorun est incertain, cependant, il est possible que Gavaevodata soit l’incarnation du seul aspect géniteur, lunaire du même esprit bovin primordial ôté de l’impétuosité sexuelle du taureau. En effet l’esprit bovin primordial est au contraire décrit comme hermaphrodite et élude ainsi le côté réducteur "mâle" du taureau et "femelle" de la vache pour garder l’image utérine et phallique des deux.

↳ L’esprit bovin primordial, à la suite de sa mort sous la main d’Angra Mainyu se réfugia dans le ciel et n’accepta de redescendre sur terre, sous la forme de l’ensemble de la faune, qu’une fois avoir vu l’esprit de Zoroastre en qui il reconnaît un gardien potentiel.

Polythéisme sumérien

Gilgamesh, le proto-minotaure est le fils de la déesse-vache Ninsun.

Folklore perse

► Un mythe perse raconte le sauvetage de Fereydoun, héros légendaire encore bébé, qui est dissimulé au roi par sa mère lors d’un massacre. Elle le place dans un jardin où Punnajeh la vache le nourrira.

Orient

Bouddhisme chán

Suzuki indique (Essais sur le bouddhisme zen) que "La vache blanche sur la place du village" est une expression signifiant le corporel sensible et fluctuant. On trouve aussi "Le sage part à la recherche de la vache". Ce sont des expressions qui usent de la même métaphore que celle des Dix Taureaux, ici filée et plus élaborée.

Hindouisme

► La vache représente la fertilité, la grossesse et l’abondance. Son culte exclut son sacrifice et la consommation de sa chair.

► Le ciel et la terre sont symbolisés par une vache et un taureau. Ce sont les dieux primordiaux Prithvi et Dyaus Pitar.

► Aditi, mère suprême qui embrasse tout est parfois représentée sous la forme d’une vache.

Kamadhenu/Surabhi est la vache d’abondance, elle apparu après le barattage de la mer de lait. C’est la mère de toutes les vaches. Elle est encore nommée Nandini (ou Nandini est la fille de Kamadhenu), lorsqu’elle est la vache de Vasishtha, capable de réaliser les vœux.

► Les jambes de la vache sont les quatre castes.

► L’avatar de Vishnu, Krishna, porte l’épithète de Govinda, le "protecteur des vaches" en référence à ses activités pastorales durant sa jeunesse.

Taoïsme

C’est le yin, le principe terrestre opposé au cheval, yang.

Tengrisme

► La gente des Khalkhas, sept tribus mongoles, font remonter leur origine à l’union d’un chaman et d’une vache. La vache fut la nourrice du premier homme de ce peuple dont la coiffe et la tenue vestimentaire féminines rappellent l’apparence de cet ancêtre animal.