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John Dee
Yeux omniprésents (007)

Données générales

PériodeLieu
GénéralXVIAngleterre
Naissance13 Juillet 1527, 16h02 Tower Ward, Londres, Angleterre
Décès1608 (ou 1609) ( 81 ou 82 ans)Mortlake, Londres, Angleterre
Cause
Inhumation
Cimetière de Mortlake

DomaineCourantOrdre
Alchimie
Astrologie
Hermétisme
Divination
Qabale (Chrétienne)
Magie
Numérologie
Christianisme ( Protestantisme)
Hermétisme
Impérialisme (Politique)
Néo-platonisme
Pythagorisme
Énochien 🎓

RelationsNom
Entourage
FilsArthur Dee
AmiAlbert Laski
Edward Kelley
Gérard Mercator
Henry Percy
Tycho Brahe
CollaborateurEdward Kelley
Jérôme Cardan
ProtecteurEdouard VI d’Angleterre
Elisabeth Ière d’Angleterre
PersécuteurMarie Ière d’Angleterre
Correspondance? Shakespeare
Rencontre? Francis Bacon
? Guillaume Postel
Heinrich Khunrath
Rodolphe II du Saint-Empire
Influence
ParKaballe chrétienne italienne
Renaissance allemande
Agrippa de Nettesheim
Al-Kindi
Albrecht Dürer
George Ripley
Johannes Reuchlin
SurGolden Dawn
Rosicrucisme
Aleister Crowley
Alias Ashmole
Émile-Jules Grillot de Givry
Heinrich Khunrath

Repères biographiques

► Fils d’un courtisan d’Henry VIII, John Dee naît alors que débute seulement la renaissance anglaise et il a sept ans lorsque est promulgué l’Acte de suprématie. Il bénéficie d’une formation académique poussée, grâce à ses dons naturels et à son acharnement à l’étude. Formé aux mathématiques et à la philosophie, à l’hébreu et au grec à Cambridge, il donnera des conférences sur Pythagore et Euclide alors qu’il avait 23 ans, obtient une pension du Roi mais ne finira malgré tout pas son cycle d’étude. De 1546 à 1551, il voyage en Europe et rencontre des cartographes et des humanistes (Mercator, La Ramée, Postel…). Il revient en Angleterre et rencontre Cardan qui l’initie à la conjuration des esprits par la numérologie, puis il bâtit une des plus riches bibliothèques d’Europe à Mortlake en 1551. En 1553, Marie Tudor monte sur le trône, le fait demander à la cour en même temps qu’elle lui commande son horoscope. Il en profite pour lui présenter son ambition de réaliser une bibliothèque royale, projet qui n’aboutira que bien plus tard sous la forme de la Bibliothèque Britannique mais où il fera un premier apport de 4000 volumes.

► Accusé par trois fois d’hérésie, il fut emprisonné en 1555 car il fut accusé d’avoir ensorcelé Marie Tudor. Il ne doit sa sauvegarde du bûcher que par l’entremise de l’arrivée d’Elisabeth sur le trône pour qui il dressa astrologiquement la date du couronnement. Dee a gravité à la cour d’Angleterre où il était estimé des aristocrates grâce à son charisme et son entregent ; Édouard et Élisabeth lui offrirent pension et honneurs. Élisabeth en fit son astrologue et mage particulier et Dee réforma pour sa souveraine le calendrier grégorien. En outre dans son Art de la Navigation (1577) il expose son rêve de la destinée de cette souveraine qu’il relie à l’idée d’impérialisme britannique (son British Hieroglyphick in General and rare memorials en est une illustration synthétique). Cette idée trouve ses racines dans l’Histoire des rois de Bretagne de Geoffroy de Monmouth qui fait d’Elisabeth une descendante d’Arthur. Intéressé par la perspective et les miroirs ardents, il participa également aux campagne d’explorations navales : il aura vraisemblablement accompagné Frobisher et il formait des matelots pour les expéditions maritimes ; Il a également dessiné plusieurs cartes et on lui doit le terme "d’Empire Britannique".

Humaniste aux nombreuses compétences alors que la renaissance s’évapore dans l’époque moderne, préfigurateur (voir inspirateur d’après Frances Yates) du rosicrucisme, il avait la réputation d’être l’un des plus grands savants d’Europe mais aussi d’être un sorcier. Il voyage toute sa vie durant, particulièrement de 1583 à 1589, allant à la cour de Maximilien II (1564) et même jusqu’en Europe de l’Est auprès d’Étienne Báthory (1584) puis en République Tchèque où il gravite à la cour de Rodolphe II (1586-1589) et habite la fameuse Ruelle d’or. À son retour, il trouve sa demeure de Mortlake dévastée et bien que nommé directeur du college de Manchester, il doit quitter ce poste car il subit une réputation de nécromancien. Tracassé par l’accession de Jacques Stuart au trône en 1603 qui est hostile à la magie (il est auteur d’une Daemonologie en 1597), il mourut pauvre et esseulé, laissant derrière lui un cabinet de curiosités, germe du Musée Britannique, où l’on retrouva notamment son miroir magique 🗎⮵.

◆ Malgré le fait qu’en Angleterre, ces disciplines furent endiguées par la réforme, Dee profite de la pénétration tardive du platonisme et de l’hermétisme via les commentaires de Doget et les impressions de Caxton. Il est l’un des derniers représentants de la philosophie occulte influencée par le néoplatonisme et les hiérarchies du pseudo-Denys. Dès 1580, il commence des expériences magiques combinant les mathématiques et la qabale ainsi que l’alchimie et la magie arabe. Il est à l’origine du système énochien avec le sulfureux médium et alchimiste Kelley qu’il rencontra en 1582 et avec qui il s’occupa d’occultisme pratique. L’influence de ce système théurgique qui avait pour but d’évoquer essentiellement des anges, fut important sur l’occultisme anglais (au premier chef 𝕍 Liber Loagaeth i.e. Sloane MS.3189). Les anges communiquaient via Kelley à l’aide d’une langue de vingt-et-un caractères tenue pour celle d’Adam et Enoch, antérieure à l’hébreu : l’énochien. Langue avec laquelle il fabriqua des talismans, des anneaux et des sceaux qui furent retrouvés après sa mort. Ces communications permettaient à Dee de comprendre la "vraie cabbale de la nature" et d’atteindre à sa connaissance intime.

Fort compétent en mathématiques dont il est l’un des meilleurs représentants à la renaissance, cette discipline trouvait pour lui son application non pas dans le monde naturel mais prenait sens dans les pratiques magiques ayant pour objet d’influencer le monde céleste et intermédiaire. On peut voir cet intérêt porté aux mathématiques ésotériques et à la géométrie kabbalistique dans son magnum opus à prétention synthétique et universel, La Monade Hiéroglyphique, intérêt qu’il partage avec son contemporain et cadet Kepler. Il se propose de démontrer dans cet ouvrage, Comment l’hiéroglyphe mercuriel dérive du point central ou yod générateur.

Grillot de Givry in Anthologie de l’ésotérisme note : Une des plus curieuses figures du XVI° siècle est certainement celle de ce mathématicien anglais, qui fut l’astrologue et le géographe de la grande Elisabeth. On lui doit de nombreux ouvrages sur la réforme du calendrier, l’art de la navigation, la perspective, les miroirs ardents, etc., et un fort intéressant ouvrage symbolique intitulé Monas Hieroglyphica. Mais ce qui donne à cet hermétiste un relief considérable et le différencie nettement de tous les autres écrivains de son époque, c’est qu’il a pris soin de laisser un journal de sa vie, assez régulièrement tenu et qui nous permet, chose rare, de pénétrer dans la vie intime d’un adepte du XVI° siècle, tandis que la vie de ses confrères s’entoure de mystère et dégénère souvent en légende. Le Diary of Dr John Dee est à tous points de vue un monument curieux de la vie privée anglaise sous les Tudor. Un autre ouvrage qui n’a pas d’équivalent dans aucune littérature est celui qu’il a intitulé :A true and faithful relation of what passed for many years between Dr John Dee and some spirits, paru en 1659. Jean Dee fit un voyage à Cracovie, chez le prince palatin Laski, puis à Prague, auprès de l’empereur Rodolphe, pour leur proposer de les initier aux secrets de la pierre philosophale. Il emmena avec lui un bizarre personnage, nommé Edouard Kelly, dans lequel on n’a voulu voir qu’un fourbe, mais qu’il serait plus exact de considérer comme un medium que Jean Dee fit servir à ses expériences. Le livre ci-dessus rapporte, avec un grand luxe de détails, des expériences dans lesquelles Edouard Kelly entrait dans des sortes de transes et rendait compte de ce qu’il voyait et entendait. Ce récit est le premier que l’on possède de véritables séances d’hypnotisme, ce qui le rend précieux à tous égards.

■ Il a été engagé dans l’inquisition catholique suite à l’ajournement de son exécution pour sa seconde accusation d’hérésie. Il collecta alors plusieurs livres promis à l’autodafé afin de les intégrer à sa très vaste bibliothèque qui était un lieu de rencontres et d’échanges. Outre des ouvrages sur la qabale chrétienne italienne, elle intégrait des auteurs comme Lulle, Agrippa ou Zorzi. Dee écrit beaucoup, distribue des copies manuscrites de ses textes, mais publie peu : une partie importante de ses manuscrits sont désormais perdus.

■ On fait parfois état d’une rencontre avec Agrippa à Louvain lors de ses premiers voyages, mais les dates ne sont pas compatibles (Dee nait en 1527 et Agrippa meurt en 1535), il s’agit donc vraisemblablement d’une légende.

■ Shakespeare pensera à lui lorsqu’il élaborera le magicien Prospero pour sa Tempête. Le journal de Dee retrouvé en 1842 inspirera Meyrink pour son Ange à la fenêtre d’occident.

🕮 Jouin, ref.83 (Monade hiéroglyphique), 414 (Lettre de Fr. Roger Bacon sur les actions secrètes de l’art et de la nature) :

1. John Dee (1527-1607), médecin anglais, né à Londres, était protégé par la reune Elisabeth, dont on prétend qu’il était l’espion. Quoi qu’il en soit, sa carrière aventureuse le conduisit dans presque toutes les cours de l’Europe, où il prétendait enseigner la magie aux souverains. […]

2. On sait que John Dee fut un célèbre alchimiste et un prétendu visionnaire. Méric Casaubon, fils de l’érudit (Isaac Casaubon), a publié un in-folio sous ce titre : Relation fidèle et véritable de ce qui s’est passé durant de longues années entre John Dee et quelques esprits. Il est donc naturel que John Dee ait collationné l’ouvrage de Roger Bacon. Cette Epistola Fr. Rogerii Baconis fut traduite en français par Jacques Girard de Tournus, sous le titre : Admirable Pouvoir et Puissance de l’Art, de Nature et nullité de la Magie, Lyon, 1557, in-8°, Paris, 1629, in-8 ».

Hoefer, XIII, col. 347 ; Feller, IV, 233, qui donne la devise favorite de ce médecin alchimiste : "Qui non intelligit, aut discat aut taceat" ; Brunet, II, col. 561, X, 267.

𝕍 Vie de Jean Dee in L’Initiation (21,3 22,5,6,7), Albert Poisson, 1993-1894. Que les anglophones voient aussi A True and Faithful Relation, Meric Casaubon, 1659. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur Internet Archive

Œuvres choisies

  • Propædeumata Aphoristica {De l’Astronomie}, 1558.
  • Monas hieroglyphica {La Monade Hiéroglyphique}, 1564. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Livre des mystères (5), 1581 1583.
  • 48 Appels en langue énochienne, avril 1584 (in Tabula Bonorum Angelorum Invocationes Lien vers l’œuvre i.e. Sloane 3191 Lien vers le catalogue).

Citations

Celui qui s’adonne sincèrement à ces mystères verra clairement ici que rien ne peut exister sans la vertu hiéroglyphique de notre Monade.
Ici l’Œil vulgaire ne verra qu’obscurité et désespérera considérablement.
Il n’est - cher lecteur - rien - les voies du Seigneur ne sont que ramifications - qui puisse tant embellir et décorer l’âme et l’esprit de l’Homme que le savoir et les bons arts et sciences.
Les Éléments (d’Euclide), préface pour la traduction anglaise
Toutes choses peuvent être représentées et illustrées en tout premier lieu et de la façon la plus simple par le trait et le cercle, qu’elles soient intangibles ou simplement cachées sous les voiles de la Nature.
Les Éléments (d’Euclide), préface pour la traduction anglaise

Documents additionnels

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