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Giordano Bruno
Le Nolain

Données générales

PériodeLieu
GénéralXVIItalie
Naissance1 janvier 1548 Nola, Royaume de Naples
Décès17 février 1600 (52 ans)Rome
Cause
Inhumation
Bûcher
Rome

DomaineCourantOrdre
Éthique
Magie
Métaphysique
Science
Hermésisme
Humanisme
Néoplatonisme
Néopythagorisme
Ordre des Prêcheurs 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiNicola Stigliola
Influence
ParAgrippa de Nettesheim
Érasme
Démocrite
Jean Pic de la Mirandole
Johannes Reuchlin
Lucrèce
Marsile Ficin
Nicolas de Cues
Paracelse
Plotin
Pythagore
Raymond Lulle
Trithème
SurFriedrich von Schelling
Johannes Kepler
CritiqueCatholicisme
Scolastique
Aristote
Nicolas Copernic

Repères biographiques

► Son nom civil est Philippe Bruno de Nola. Il reçoit le nom de Giordano à son entrée chez les dominicains vers ses 17 ans en 1565. Il est ordonné prêtre en 1572 et se montre avide de lecture patristique mais aussi de l’œuvre d’Érasme. Néanmoins, il prend rapidement du recul vis à vis de la pensée et de la rhétorique officielle. De plus en plus anticonformiste, il doit abandonner ses études de théologie et l’ordre en 1576 après plusieurs procès et afin échapper à une accusation d’hérésie. Dès lors, il voyage en Europe.

► En 1579, il se convertit au calvinisme à Genève. Il donne des cours dans plusieurs grandes villes, commente Aristote et défends l’astronomie. En 1582 il enseigne à Paris sur les trente attributs divins et rédige son traité de mnémotechnie, L’Ombre des idées (1582) qu’il dédie à Henri III, son protecteur. Dans cet ouvrage, il loue le divin intellect, invoque Hermès et les enseignements égyptiens, ainsi que Albert et Aquin. Puis deux ans plus tard, il se rend en à Londres auprès d’Élisabeth Ire et rédige des dialogues qui fusionnent la philosophie scientifique de Copernic, qu’il élève par la magie naturelle et qui s’expriment finalement de façon poético-hermétique vis à vis de l’héliocentrisme. Il poursuivra cette expression philosophico-poétique dans plusieurs ouvrages notamment dans ses Fureurs héroïques (1585). Bruno donne en outre des conférences à Oxford et rédige son Sigillus Sigillorum où il expose la relation qu’il établit entre magie et kabbale et entre la combinatoire de Raymond Lulle et l’art de mémoire.

► Bruno poursuit ensuite ses voyages en Europe, poussé par sa soif de connaissance. Il revient à Paris en 1585 où il défend Henri de Bourbon-Navarre (futur Henri IV) contre l’excommunication de Sixte-Quint, puis à Wittenberg en 1586, à Prague auprès de Rodolphe II, à Helmstedt auprès cette fois du savant Jules de Brunswick-Wolfenbüttel puis à Francfort où il publie ses poèmes latins Du triple minimum et De la monade et son dernier ouvrage De la composition des images (1591). D’un caractère batailleur et intransigeant, ombrageux et susceptible, d’un tempérament réformateur et aventureux, d’une plume et enfin d’un verbe, vif et alerte, il est fréquemment poussé à des départs précipités pour échapper à des controverses malgré la grande réputation que lui octroie son art de mémoire. Invité à donner des cours de géométrie à Venise, il est dénoncé par son hôte en 1591 et termine finalement emprisonné et traduit en justice pendant sept ans à Rome. Refusant de se rétracter sur plusieurs passages de ses œuvres, il est comdamné pour hérésie et brûlé en 1600 sur le Campo dei Fiori.

◆ Son intérêt pour la magie ou la combinatoire lullienne, n’a que peu de rapport avec son procès et du reste, les textes d’hermétisme et de magie, circulaient librement dans les milieux intellectuels de la Naples d’alors. Bruno estime la théologie égyptienne supérieure à celle du christianisme et allant plus loin que Ficin et Agrippa, professe une réforme du christianisme qui donnerait la primauté à la sagesse isiaque et qui aboutirait à une transformation de l’Homme. Influencé par l’hermétisme alexandrin et des textes comme l’Asclépios et la Vierge du Monde, il est panenthéiste et panpsychiste, anti-trinitaire et est convaincu de la démarche iréniste dans le domaine religieux. En effet, il défends l’utopie d’une Europe unie et s’oppose à la posture belliqueuse de la Ligue catholique. C’est donc surtout pour ses positions théologiques ainsi que pour son insubordination au clergé qu’il est poursuivi. Sa mort est un évènement symbolique qui marque le point de départ de relations difficiles entre l’ésotérisme d’un coté et les institutions ecclésiastiques et les universités de l’autre.

◆ Bruno, au crépuscule de l’ésotérisme renaissant, pétri à la fois d’humanisme et de magia, aura été fort productif, il est l’auteur d’écrits denses et brillants, visionnaires et originaux, parfois complexes au point d’en devenir contradictoires et obscurs. Laissant de coté les spéculations sur les mondes supérieurs, il est avant tout pragmatique. Bien qu’il soit copernicien, il critique Copernic de chez qui il expurge l’aristotélisme encombrant. Il est le premier a avoir eu l’intuition d’un univers infini. D’une part il écrit en italien des dialogues à propos de la métaphysique et l’éthique et également en latin, des vers sur la magie, la notion de μονάς {monade} et l’ars memoriae.

𝕍 Giordano Bruno et la tradition hermétique, Frances Yates, 1964.

Œuvres choisies

  • De la cause, du principe et de l’un, 1584.
  • Les Fureurs héroïques, 1585.
  • De la magie, des liens, 1589 1591.
  • De la composition des images, 1591.

Citations

Dans le minimum, le simple, la monade, tous les opposés sont la même chose, pair et impair, beaucoup et peu, finis et infinis ; c’est pourquoi ce qu’est le maximum, le minimum l’est aussi.
Du triple minimum
Ce savoir et ce jugement, cet art, cette industrie, cet usage de la lumière intellectuelle qui sont révélés au monde par le soleil de l’intellect, à certains moments plus qu’à d’autres, selon qu’il brille au maximum ou au minimum. Cette pratique se nomme la magie. Dans la mesure où elle s’occupe des principes surnaturels, elle est divine ; lorsqu’elle s’applique à la contemplation de la nature et à la recherche attentive de ses décrets, elle est naturelle ; et on l’appelle intermédiaire ou mathématique lorsqu’elle s’attache aux raisons et aux actions de l’âme, à la limite du corporel et du spirituel, du spirituel et de l’intellectuel.
L’expulsion de la bête triomphante
On a dit plus haut que certains esprits habitaient une matière grossière, d’autres une matière subtile ; que les uns consistaient en corps composés, les autres en corps simples ; que certains étaient sensibles, d’autres insensibles. Partant, les opérations de l’âme sont ici plus promptes, là plus difficiles, ici comme étouffées, là bien adaptées, ailleurs absolument refusées. En outre, certains esprits opèrent de manière plus puissante en fonction de tel ou tel genre d’opération. Ainsi sont permises aux Hommes, des opérations dont sont privées les démons (et inversement). Chez ces derniers par exemple, plus prompte est la pénétration des corps et l’intromission dans les pensées, puisqu’ils imposent au sens internes certaines impressions que nous croyons ressentir spontanément ; cette influence semble réglée par quelque proportion.
De la magie
Entendez que tout est en tout ; mais qu’il n’y est pas totalement et sous tout ses modes en chaque individu. De même entendez que chaque chose est l’Un, mais non pas sous le même mode
Cause principe et unité