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Aristoclès
Platon, le Divin

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Données générales

PériodeLieu
GénéralV IVGrèce
Naissance-430 -427Athènes, Grèce
Île d’Egine, Grèce
Décès-348 -347 ( 81 ans)Athènes, Grèce
Cause
Inhumation
L’Académie (de Platon)

DomaineCourantOrdre
Philosophie
Métaphysique
Politique
Platonisme 🎓
Pythagorisme
L’Académie 🎓

RelationsNom
Entourage
AncêtreCodrus
Grand-pèreSolon
NeveuSpeusippe
AmiArchytas de Tarente
Dion de Syracuse
AdversaireLes sophistes (École)
RencontreThéodore de Cyrène
Influence
MaîtreSocrate
ParEmpédocle
Héraclite
Orphée
Pythagore
SuccesseurSpeusippe
DiscipleAristote
Speusippe
SurÉsotérisme occidental
Philosophie occidentale
Théologie occidentale
Albert le Grand
Alkindi
Ammonios Saccas
Augustin d’Hippone
Boèce
Geber
Gémiste Pléthon
Jamblique
Jean Pic de la Mirandole
Marsile Ficin
Philon d’Alexandrie
Plotin
Proclus
Rhazès
Sohrawardi
Critiqué parTertullien

Repères biographiques

► Platon est issu d’une famille aristocratique d’Athènes, Aristoclès est ? son véritable nom. Il reçu une solide éducation mais s’est intéressé plus spécifiquement aux arts et aux mathématiques. Sportif, son surnom "Platon" vient probablement du fait qu’il avait les épaules larges. Il aurait par ailleurs remporté des prix aux compétitions sportives de l’époque. Dans sa jeunesse, il s’intéressait à la politique mais s’en détourna, jugeant les partis immoraux.

● Il s’attache encore jeune homme à Socrate et devient un de ses principaux disciples, son maître sera au centre de ses écrits. Il tenta par la suite de se lier aux tyrans de Syracuse afin de mettre à l’épreuve sa philosophie politique, mais ce fut pour lui un échec.

● Après avoir voyagé en Égypte et en Sicile, il fonde l’Académie à Athènes, école où, dans la tradition pythagoricienne, il enseigne à un cercle restreint les mathématiques et l’argumentation. La méthode préférée de recherche de la vérité est la dialectique. Speusippe sera son successeur en tant que recteur à l’Académie. C’est sur son fronton qu’est inscrit la célèbre devise pythagoricienne : Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre.

■ Sa biographie est vraisemblablement émaillée de faits légendaires. Voyageur, on a rapporté qu’il se serait rendu en Égypte pour s’initier à l’hermétisme. Il a été réduit en esclavage par Denys l’Ancien, tyran de Syracuse mais fut racheté et libéré par Annicéris de Syrène.

◆ La doctrine de Platon est inspirée du pythagorisme et de l’orphisme, sa démarche philosophique concilie rationalité, poétique et religiosité. Chez lui, sagesse et piété se confondent : Dieu est d’abord démontré par la raison et c’est ensuite dans la foi que doit s'édifier le cheminement du philosophe. Il prend ainsi pour base de sa démarche l’unification du raisonnement dialectique et de la rationalité mathématique, de l’amour initiateur et du délire divin. Afin de palier les limites du langage, les structures spirituelles sont désignées chez lui, par des images mythiques. Sa pratique pousse l’Homme à concilier son âme avec le bien, le beau et le vrai dans une perspective théocentrique où Dieu, mesure de toute chose, requière du philosophe une conformité aussi grande que possible à son être.

↳ Pour Platon, Dieu est l’un, l’être et le bien. Des είδος {idées} sont émanée de lui, formes spirituelles éternelles et absolues, objet de connaissance principales. Elles sont les archétypes des êtres matériels qui eux, sont transitoires. Ce Dieu intelligible, engendre un démiurge, l’intellect, qui créer le monde ou "dieu visible" en prenant comme modèle le plan des idées. Cette trinité, Dieu-Démiurge-Matière, permet à Platon d’exposer une cosmogonie qu’il estime harmonique (tant musicale que géométrique), car l’antagonisme entre le spirituel et le matériel est résolu par l’introduction d’un troisième terme, le démiurge. Aussi, si Dieu, toute bonté, a bien voulu l’univers parfait, la nécessité n’a su en fait, que se plier imparfaitement à l’intelligence dans son déploiement au sein du devenir.

L’âme Humaine, immortelle, participe ainsi du divin mais elle est au travers du corps, partiellement soumise au devenir de la matérialité et donc à la relativité et à l’erreur. La spiritualité est la recherche du bien et donc la conformité à Dieu, la philosophie est la méthode de la spiritualité et la philocalie son moteur. La matière, est le réceptacle de l’influence céleste, mais si sous l’effet d’une volonté contraire, elle refuse de répondre aux sollicitations de l’intelligible et s’éloigne de ladite conformité, elle engendre la disharmonie et donc le mal. Ce mal, étant du monde matériel est néanmoins transitoire. Par l’éveil de l’ἔρως {amour} ouranien qui sert de moteur et d’intermédiaire entre le corps et l’âme, ainsi que par la pratique de la réminiscence, l’âme se souvient de son origine divine. Elle peut alors débrouiller le bien spirituel du mal matériel. Elle s’élève ensuite à la contemplation des idées et finalement de Dieu.

↳ Cependant, dans sa παιδεία (paideia) {pédagogie}, l’accession de l’âme à cette réalité doit d’abord, être progressive et le corps qui l’ancre, doit se mouvoir dans les mêmes proportions que l’âme afin d’observer un équilibre interdépendant, sans cela des anomalies font jour, sapant les progrès de l’âme. Ensuite, l’âme devra être dans une ambiance propice à son développement spirituel, c’est-à-dire harmonieuse afin de susciter dans l’intellect qu’elle produit, un attrait instinctif pour le beau et ainsi, vers le bien, la spiritualité et l’unité au détriment des passions et de la multiplicité. Ensuite, vis à vis des dieux, Platon estime que le sage doit savoir se les concilier, car ils se font le relais bienveillant de la sollicitude divine. Il convient néanmoins de purifier l’image que l’Homme s’en fait au contact de la rigueur métaphysique de l’absolu. Dès lors, Platon se fait critique des représentations fixées par les poètes ou des pratiques inspirées par une piété mercantile qui déforment la vision de ces intermédiaires et dénature leur fonction.

C’est à ces conditions que l’Homme pourra dans ses activités, philosophiques, artistiques ou politiques, produire une œuvre qui a du sens. Et qu’elle saura en conséquence dans sa vie, s’insérer dans la justice divine, favoriser l’ordre de la cité et agir en conformité finalement avec le destin qui lui a été fixé, en vertu de son ampleur essentielle. Toujours pythagoricien, Platon admet en outre pour l’âme, la métempsycose et la rétribution post-mortem afin de justifier le drame Humain ainsi que sa résolution. Il trouve son levier dans une ascèse intellectuelle et morale favorisant la réminiscence et sa fin dans une libération progressive de l’âme vis à vis des liens de la matière.

Premier philosophe dont l’œuvre écrite soit parvenue presque intacte, il a eu une influence permanente sur la philosophie et la théologie occidentale en général ainsi qu’un impact significatif sur la philosophie arabe. Le platonisme à tout d’abord généré l’aristotélisme (plus rationaliste et descriptif) et le stoïcisme (plus sceptique et pessimiste), chacun interprétant, tronquant ou accentuant un aspect de sa philosophie. Il peut être considéré comme le premier auteur formellement identifié de l’ésotérisme occidental, Timée, Critias et la Lettre VII intéressant particulièrement l’ésotériste, le Cratyle, attirera l’attention de l’occultiste. Ses écrits sont en effet le point de départ de ce qui aboutira plus tard au néoplatonisme. Il s’agit de la synthèse et de la redirection des éléments spiritualistes de Platon, en plus d’un apport oriental. Ce mouvement sera la théologie mystique du paganisme vieillissant, dont les théories auront finalement une influence prépondérantes sur l’ésotérisme occidental.

↳ Lui-même à vraisemblablement donné des άγραφα δόγματα {enseignements non-écrits} nous dit Aristote dans sa Physique, mais dont le contenu et l’articulation sont évidemment ardus à reconstituer quoique l’exercice fut tenté par Léon Robin dans sa Théorie platonicienne des idées Lien vers l’œuvre sur Internet Archive et qu’il semble que, influencé par le pythagorisme, le double aspect du mythe et du nombre (notamment le cinq pythagoricien dit nombre nuptial) y joue un rôle prépondérant.

Reprenant le vocabulaire des mystères auquel il est attaché, il formulera des concepts qui basés sur la théorie des nombres pythagoriciens, proposent des réponses cosmologiques et ontologiques qui sont aujourd’hui connues du grand public :

● Tout d’abord la théorie des Formes et son exposition l’allégorie de la caverne que l’on retrouve surtout dans La République et Parménide et qui enracinés dans l’émanationisme formaliseront un réalisme des idées au travers de ses essences intelligibles. Pour Platon l’Homme est une plante céleste et ce ciel divin où résident les idées sont sont origine et sa fin.

● Puis ensuite dans le Timée et Épinomis, le concept d’âme du monde et ses solides - réinterprétation d’Empédocle - ainsi que le mythe de l’Atlantide et le concept de la grande Année qui auront l’un et l’autre un durable succès et moult développements. Platon y montre une déchéance inéluctable des âmes par le biais d’un épuisement progressif de la force éthique qui est concomitante à la force de vie.

● Il popularisera enfin les concepts de réminiscence (Ménon et 𝕍 aussi Mythe d’Er in La République), de maïeutique (Théétète) et enfin d’amour mystérique (Banquet), qui de Plotin à Ficin seront plusieurs fois restaurés à l’aune du platonisme.

Œuvres choisies

► L’attribution de certains de ses écrits sont contestés par les historiens quand certains ne sont pas simplement apocryphes (comme le Traité des tétralogies platoniciennes du Théâtre Chimique). Cette liste ne prend en compte que ceux dont on ne doute pas de l’authenticité.

  • Alcibiade majeur, -IV. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Apologie de Socrate, -IV. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Cratyle, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Protagoras ; Euthydème ; Gorgias ; Ménexène Lien vers le catalogue)
  • Critias, -IV.
  • Criton, -IV. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Euthydème, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Protagoras ; Euthydème ; Gorgias ; Ménexène Lien vers le catalogue)
  • Gorgias, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Œuvres de Platon Lien vers le catalogue)
  • Ion, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Œuvres de Platon Lien vers le catalogue)
  • La République, -IV. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Banquet, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Œuvres de Platon Lien vers le catalogue)
  • Lysis, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Œuvres de Platon Lien vers le catalogue)
  • Ménexène, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Protagoras ; Euthydème ; Gorgias ; Ménexène Lien vers le catalogue)
  • Ménon, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Protagoras ; Euthydème ; Gorgias ; Ménexène Lien vers le catalogue)
  • Parménide, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Théétète ; Parménide Lien vers le catalogue)
  • Phédon, -IV. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Phèdre, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Œuvres de Platon Lien vers le catalogue)
  • Protagoras, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Œuvres de Platon Lien vers le catalogue)
  • Théétète, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France (in Théétète ; Parménide Lien vers le catalogue)
  • Timée, -IV.

Citations

Ce n’est pas la mort qu’il faut redouter, c’est une vie passée dans l’injustice, car ce serait le plus grand des malheurs que de descendre aux enfers la conscience gonflée de crimes.
Gorgias (douteux sous cette forme, est-ce un aphorisme forgé à partir de la pensée exposée par Socrate ?)
Mais je crois que de tels enseignements ne conviennent qu’au petit nombre d’hommes qui, sur de premières indications, savent eux-mêmes découvrir la vérité. Quant aux autres, on ne ferait que leur inspirer un fâcheux mépris, ou les remplir de la vaine et superbe confiance qu’ils ont acquis les plus sublimes connaissances. Je veux m’arrêter davantage sur ce sujet, et ce que je viens de vous dire vous paraîtra plus clair. Il y a en effet une raison qui réprime la témérité de ceux qui veulent écrire sur quelqu’une de ces matières: cette raison, je l’ai souvent exposée, et, à ce qu’il me semble, il faut la répéter encore. Il y a dans tout être trois choses qui sont les conditions de la science : en quatrième lieu vient la science elle-même, et en cinquième lieu il faut mettre ce qu’il s’agit de connaître, la vérité, La première chose est le nom, la seconde la définition, la troisième l’image ; la science est la quatrième.
Lettre VII
Mais quelle est la conduite agréable à Dieu ? Une seule, fondée sur ce principe ancien, que le semblable plaît à son semblable quand l’un et l’autre sont dans le juste milieu ; car toutes les choses qui sortent de ce milieu ne peuvent ni se plaire les unes aux autres, ni à celles qui ne s’en écartent point. Or Dieu est pour nous la juste mesure de toute chose, beaucoup plus qu’aucun homme ne peut l’être, comme on le prétend. Dieu donc étant ainsi, il n’est point d’autre moyen de s’en faire aimer que de travailler de tout son pouvoir à être ainsi soi-même. Suivant ce principe, l’homme tempérant est ami de Dieu, car il lui ressemble ; au contraire, l’homme intempérant, loin de lui ressembler, lui est entièrement opposé ; et par là même il est injuste. Il en faut dire autant des autres vertus et des autres vices. Ce principe nous conduit à un autre, le plus beau et le plus vrai de tous : savoir, que de la part de l’homme vertueux, c’est une action louable, excellente, qui contribue infiniment au bonheur de sa vie, et qui est tout-à-fait dans l’ordre, de faire aux Dieux des sacrifices, et de communiquer avec eux par des prières, des offrandes et un culte assidu ; mais qu’à l’égard du méchant, c’est tout le contraire, parce que l’âme du méchant est impure, au lieu que celle du juste est pure. Or il ne convient pas à un homme de bien, encore moins à Dieu, de recevoir les dons que lui présente une main souillée de crimes. Tous les soins que les méchants se donnent pour gagner la bienveillance des Dieux sont donc inutiles, tandis que ceux de l’homme juste sont favorablement accueillis. Tel est le but auquel nous devons viser.
Lois (3), trad. Victor Cousin
[…] de toutes les victoires la première et la plus belle est celle qu’on remporte sur soi-même, comme aussi de toutes les défaites la plus honteuse et la plus funeste est d’être vaincu par soi-même. Cela veut dire qu’il y a en chacun de nous un ennemi de nous-même.
Clinias dans les Lois (1)
Si l’un est, se peut-il qu’il soit sans participer de l’être ? Ne devons-nous pas reconnaître l’être de l’un comme n’étant pas la même chose que l’un ? Car, autrement, ce ne serait pas son être, et l’un n’en participerait pas ; mais ce serait à peu près la même chose que de dire : l’un est, ou l’un un. Or, ce que nous nous sommes proposé, c’est de rechercher ce qui arrivera, non pas dans l’hypothèse de l’unité de l’un, mais dans celle de l’existence de l’un. N’est-il pas vrai ? […] Ainsi, nous voulons dire que est signifie autre chose que un. […] Dire que l’un est, c’est donc dire en abrégé que l’un participe de l’être ? […] Disons donc encore une fois ce qui arrivera si l’un est. Examine si de notre hypothèse ainsi établie il ne suit pas que l’être est une chose qui a des parties. […] Si il est est se dit de l’un qui est, et un de l’être un, et si l’être et l’un ne sont pas la même chose, mais appartiennent également à cette chose que nous avons supposée, je veux dire l’un qui est, ne faut-il pas reconnaître dans cet un qui est, un tout, dont l’un et l’être sont les parties ? […] Appellerons-nous chacune de ces deux parties une partie simplement, ou plutôt la partie ne doit-elle pas être dite la partie d’un tout ? […] Et un tout, c’est ce qui est un et qui a des parties. […] Mais quoi ! ces deux parties de l’un qui est, l’un et l’être, se séparent-elles jamais l’une de l’autre, l’un de l’être ou l’être de l’un ? […] Ainsi chacune des deux parties contient encore l’autre, et la plus petite partie, être ou un, est composée de deux parties. On peut poursuivre toujours le même raisonnement ; quelque partie que l’on prenne, elle contient toujours, par la même raison, les deux parties : l’un contient toujours l’être, et l’être toujours l’un, en sorte que chacun est toujours deux et jamais un. […] De cette manière, l’un qui est serait une multitude infinie ? […]
Aristote (le Jeune) dans le Parménide
Il semble bien que ce que tu dis de la science n’est pas chose banale (La science est la sensation) ; c’est ce qu’en disait Protagoras lui-même. Il la définissait comme toi, mais en termes différents. Il dit en effet, n’est-ce pas, que l’homme est la mesure de toutes choses, de l’existence de celles qui existent et de la non-existence de celles qui n’existent pas. […] n’aurait-il pas en ceci parlé par énigmes pour la foule et le vulgaire que nous sommes, tandis qu’à ses disciples il disait la vérité en secret ? […] Je vais te le dire (Ce que je veux dire par là), et ce n’est pas une chose insignifiante : c’est qu’aucune chose, prise en elle-même, n’est une, qu’il n’y a rien qu’on puisse dénommer ou qualifier de quelque manière avec justesse. Si tu désignes une chose comme grande, elle apparaîtra aussi petite, et légère, si tu l’appelles lourde, et ainsi du reste, parce que rien n’est un, ni déterminé, ni qualifié de quelque façon que ce soit et que c’est de la translation, du mouvement et de leur mélange réciproque que se forment toutes les choses que nous disons exister, nous servant d’une expression impropre, [152e] puisque rien n’est jamais et que tout devient toujours. Tous les sages, l’un après l’autre, à l’exception de Parménide, sont d’accord sur ce point : Protagoras, Héraclite et Empédocle, et parmi les poètes, les plus éminents en chaque genre de poésie, dans la comédie Épicharme, dans la tragédie Homère. Quand celui-ci dit : « L’Océan est l’origine des dieux et Téthys est leur mère », il dit que tout est le produit du flux et du mouvement. N’est-ce pas, à ton avis, cela qu’il a voulu dire ?
Socrate dans le Théétète
[…] Car c’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement que tu éprouves. La philosophie, en effet, n’a pas d’autre origine, et celui qui a fait d’Iris la fille de Thaumas n’est pas, il me semble, un mauvais généalogiste. […]
Théétète
Nous avons répété souvent qu’il y a en nous trois espèces d’âmes qui habitent trois lieux différents, et dont chacune a ses mouvements séparés. Nous devons maintenant dire de même en peu de mots que si l’une d’elles reste oisive et se livre au repos au lieu de se mouvoir, elle devient nécessairement la plus faible, tandis que celles qui s’exercent deviennent fortes. Il faut donc avoir soin de les exercer toutes avec harmonie. Quant à celle de nos âmes qui est la plus puissante en nous, voici ce qu’il en faut penser : c’est que Dieu l’a donnée à chacun de nous comme un génie ; nous disons qu’elle habite le lieu le plus élevé de notre corps, parce que nous pensons avec raison qu’elle nous élève de la terre vers le ciel, notre patrie, car nous sommes une plante du ciel et non de la terre. Dieu, en élevant notre tête, et ce qui est pour nous comme la racine de notre être, vers le lieu où l’âme a été primitivement engendrée, dirige ainsi tout le corps. Celui qui se livre à des passions et à des querelles, et s’occupe de soins de ce genre, n’a nécessairement que des pensées mortelles, et doit devenir mortel autant que cela est possible : il n’y peut rien manquer, puisque lui-même s’est complu à augmenter la partie mortelle de son être. Mais celui qui a tourné ses pensées vers l’amour de la science et l’amour de la vérité, et qui a dirigé toutes ses forces de ce côté, doit nécessairement, s’il atteint la vérité, penser aux choses immortelles et divines ; et autant qu’il est donné à la nature humaine d’obtenir l’immortalité, il ne lui manque rien pour être immortel ; et comme il a toujours cultivé la partie divine de lui-même et honoré le génie qui réside en lui, il jouit du souverain bien. Au reste, nous n’avons tous qu’un seul moyen pour cultiver toutes les parties de nous-mêmes, c’est de donner à chacune les mouvements et les conversions qui lui sont propres. Or ce qu’il y a de divin en nous est de la même nature que les mouvements et les cercles de l’âme du monde. Il faut donc que chacun de nous, à l’exemple de ces cercles, corrige les mouvements qui sont déréglés dans notre tête dès leur origine même, en se pénétrant de l’harmonie et du mouvement de l’univers ; qu’il rende l’esprit qui conçoit conforme à l’objet conçu, comme cela devait être dans l’état primitif, et que par cette conformité il soit en possession de la vie la plus excellente que les dieux aient accordée à l’homme pour le présent et pour l’avenir.
Timée dans le Timée
Oui. Socrate ; tout homme un peu raisonnable implore l’assistance divine, avant de commencer une entreprise quelle qu’elle soit, grande ou petite. À plus forte raison, nous qui avons entrepris d’expliquer l’univers, quelle est son origine, ou s’il n’en a point ; à moins de vouloir nous égarer, nous devons prier les dieux et les déesses de mettre dans notre bouche des choses qui leur soient agréables à eux avant tout et ensuite à vous. Implorons encore l’aide des dieux, pour que vous compreniez aisément ce que j’ai à vous dire, et que moi-même je vous explique clairement ma pensée. Selon moi, il faut commencer par déterminer les deux choses suivantes : Qu’est-ce que ce qui existe de tout temps sans avoir pris naissance, et qu’est-ce que ce qui naît et renaît sans cesse sans exister jamais ? L’un, qui est toujours le même, est compris par la pensée et produit une connaissance raisonnable ; l’autre, qui naît et périt sans exister jamais réellement, tombe sous la prise des sens et non de l’intelligence, et ne produit qu’une opinion. Or, tout ce qui naît, procède nécessairement d’une cause ; car rien de ce qui est né ne peut être né sans cause. L’artiste, qui, l’œil toujours fixé sur l’être immuable et se servant d’un pareil modèle, en reproduit l’idée et la vertu, ne peut manquer d’enfanter un tout d’une beauté achevée, tandis que celui qui a l’œil fixé sur ce qui passe, avec ce modèle périssable, ne fera rien de beau. Quant à l’univers, que nous l’appelions ciel ou monde ou de tout autre nom, il faut d’abord, comme pour toute chose en général, considérer s’il existe de tout temps, n’ayant point de commencement, ou s’il est né et s’il a un commencement. Le monde est né ; car il est visible, tangible et corporel. Ce sont là des qualités sensibles ; tout ce qui est sensible, tombant sous les sens et l’opinion, naît et périt, nous l’avons vu ; et tout ce qui naît, doit nécessairement, disons-nous, venir de quelque cause. Mais il est difficile de trouver l’auteur et le père de l’univers, et impossible, après l’avoir trouvé, de le faire connaître à tout le monde. Il s’agit, en outre, de savoir lequel des deux modèles l’auteur de l’univers a suivi, si c’est le modèle immuable et toujours le même, ou si c’est le modèle qui a commencé. Si le monde est beau et si celui qui l’a fait est excellent, il l’a fait évidemment d’après un modèle éternel ; sinon (ce qu’il n’est pas même permis de dire) il s’est servi du modèle périssable. Il est parfaitement clair qu’il s’est servi du modèle éternel ; car le monde est la plus belle des choses qui ont un commencement, et son auteur la meilleure de toutes les causes. Le monde a donc été formé d’après un modèle intelligible, raisonnable et toujours le même ; d’où il suit, par une conséquence nécessaire, que le monde est une copie.
Timée dans le Timée
Garde-toi de donner par force aux enfants l’aliment des études, mais que se soit en le mêlant à leur jeux, afin d’être encore plus capable d’apercevoir quelles sont les inclinations naturelles de chacun.
passim (douteux sous cette forme, cela fait penser aux thématiques du 7 des Lois ou du 4 de la République ?)
La plupart des hommes ne réfléchissent pas sur ce qui se présente à eux et, même une fois instruits, ils ne comprennent pas : ils vivent dans l’apparence.
passim (est-ce plutôt Héraclite par Clément, Fragment 17 ?)