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Aristoclès
Platon, le Divin

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Données générales

PériodeLieu
GénéralV IVGrèce
Naissance-430 -427Athènes, Grèce
Île d’Egine, Grèce
Décès-348 -347 ( 81 ans)Athènes, Grèce
Cause
Inhumation
L’Académie (de Platon)

DomaineCourantOrdre
Philosophie
Métaphysique
Politique
Platonisme 🎓
Pythagorisme
L’Académie 🎓

RelationsNom
Entourage
AncêtreCodrus
Grand-pèreSolon
NeveuCodrus
AmiArchytas de Tarente
Dion de Syracuse
AdversaireLes sophistes (École)
RencontreThéodore de Cyrène
Influence
MaîtreSocrate
ParEmpédocle
Héraclite
Orphée
Pythagore
SuccesseurSpeusippe
DiscipleAristote
Speusippe
SurÉsotérisme occidental
Philosophie occidentale
Théologie occidentale
Albert le Grand
Alkindi
Ammonios Saccas
Augustin d’Hippone
Boèce
Geber
Gémiste Pléthon
Jamblique
Jean Pic de la Mirandole
Marsile Ficin
Philon d’Alexandrie
Plotin
Proclus
Rhazès
Sohrawardi
Critiqué parTertullien

Repères biographiques

► Platon est issu d’une famille aristocratique d’Athènes, Aristoclès est ? son véritable nom. Il reçu une solide éducation mais s’est intéressé plus spécifiquement aux arts et aux mathématiques. Sportif, son surnom "Platon" vient probablement du fait qu’il avait les épaules larges. Il aurait par ailleurs remporté des prix aux compétitions sportives de l’époque. Dans sa jeunesse, il s’intéressait à la politique mais s’en détourna, jugeant les partis immoraux.

● Il s’attache encore jeune homme à Socrate et devient un de ses principaux disciples, son maître sera au centre de ses écrits. Il tenta par la suite de se lier aux tyrans de Syracuse afin de mettre à l’épreuve sa philosophie politique, mais ce fut pour lui un échec.

● Après avoir voyagé en Égypte et en Sicile, il fonde l’Académie à Athènes, école où, dans la tradition pythagoricienne, il enseigne à un cercle restreint les mathématiques et l’argumentation. La méthode préférée de recherche de la vérité est la dialectique. Speusippe sera son successeur en tant que recteur à l’Académie. C’est sur son fronton qu’est inscrit la célèbre devise pythagoricienne : Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre.

■ Sa biographie est vraisemblablement émaillée de faits légendaires. Voyageur, on a rapporté qu’il se serait rendu en Égypte pour s’initier à l’hermétisme. Il a été réduit en esclavage par Denys l’Ancien, tyran de Syracuse mais fut racheté et libéré par Annicéris de Syrène.

◆ La doctrine de Platon est inspirée du pythagorisme et de l’orphisme, sa démarche philosophique concilie rationalité, poétique et religiosité. Chez lui, sagesse et piété se confondent : Dieu est d’abord démontré par la raison et c’est ensuite dans la foi que doit s'édifier le cheminement du philosophe. Il prend ainsi pour base de sa démarche l’unification du raisonnement dialectique et de la rationalité mathématique, de l’amour initiateur et du délire divin. Afin de palier les limites du langage, les structures spirituelles sont désignées chez lui, par des images mythiques. Sa pratique pousse l’Homme à concilier son âme avec le bien, le beau et le vrai dans une perspective théocentrique où Dieu, mesure de toute chose, requière du philosophe une conformité aussi grande que possible à son être.

↳ Pour Platon, Dieu est l’un, l’être et le bien. Des είδος {idées} sont émanée de lui, formes spirituelles éternelles et absolues, objet de connaissance principales. Elles sont les archétypes des êtres matériels qui eux, sont transitoires. Ce Dieu intelligible, engendre un démiurge, l’intellect, qui créer le monde ou "dieu visible" en prenant comme modèle le plan des idées. Cette trinité, Dieu-Démiurge-Matière, permet à Platon d’exposer une cosmogonie qu’il estime harmonique (tant musicale que géométrique), car l’antagonisme entre le spirituel et le matériel est résolu par l’introduction d’un troisième terme, le démiurge. Aussi, si Dieu, toute bonté, a bien voulu l’univers parfait, la nécessité n’a su en fait, que se plier imparfaitement à l’intelligence dans son déploiement au sein du devenir.

L’âme Humaine, immortelle, participe ainsi du divin mais elle est au travers du corps, partiellement soumise au devenir de la matérialité et donc à la relativité et à l’erreur. La spiritualité est la recherche du bien et donc la conformité à Dieu, la philosophie est la méthode de la spiritualité et la philocalie son moteur. La matière, est le réceptacle de l’influence céleste, mais si sous l’effet d’une volonté contraire, elle refuse de répondre aux sollicitations de l’intelligible et s’éloigne de ladite conformité, elle engendre la disharmonie et donc le mal. Ce mal, étant du monde matériel est néanmoins transitoire. Par l’éveil de l’ἔρως {amour} ouranien qui sert de moteur et d’intermédiaire entre le corps et l’âme, ainsi que par la pratique de la réminiscence, l’âme se souvient de son origine divine. Elle peut alors débrouiller le bien spirituel du mal matériel. Elle s’élève ensuite à la contemplation des idées et finalement de Dieu.

↳ Cependant, dans sa παιδεία (paideia) {pédagogie}, l’accession de l’âme à cette réalité doit d’abord, être progressive et le corps qui l’ancre, doit se mouvoir dans les mêmes proportions que l’âme afin d’observer un équilibre interdépendant, sans cela des anomalies font jour, sapant les progrès de l’âme. Ensuite, l’âme devra être dans une ambiance propice à son développement spirituel, c’est-à-dire harmonieuse afin de susciter dans l’intellect qu’elle produit, un attrait instinctif pour le beau et ainsi, vers le bien, la spiritualité et l’unité au détriment des passions et de la multiplicité. Ensuite, vis à vis des dieux ensuite, Platon estime que le sage doit savoir se les concilier, car ils se font le relais bienveillant de la sollicitude divine. Il convient néanmoins de purifier l’image que l’Homme s’en fait au contact de la rigueur métaphysique de l’absolu. Dès lors, Platon se fait critique des représentations fixées par les poètes ou des pratiques inspirées par une piété mercantile qui déforment la vision de ces intermédiaires et dénature leur fonction.

C’est à ces conditions que l’Homme pourra dans ses activités, philosophiques, artistiques ou politiques, produire une œuvre qui a du sens. Et qu’elle saura en conséquence dans sa vie, s’insérer dans la justice divine, favoriser l’ordre de la cité et agir en conformité finalement avec le destin qui lui a été fixé, en vertu de son ampleur essentielle. Toujours pythagoricien, Platon admet en outre pour l’âme, la métempsycose et la rétribution post-mortem afin de justifier le drame Humain ainsi que sa résolution. Il trouve son levier dans une ascèse intellectuelle et morale favorisant la réminiscence et sa fin dans une libération progressive de l’âme vis à vis des liens de la matière.

Premier philosophe dont l’œuvre écrite soit parvenue presque intacte, il a eu une influence permanente sur la philosophie et la théologie occidentale en général ainsi qu’un impact significatif sur la philosophie arabe. Le platonisme à tout d’abord généré l’aristotélisme (plus rationaliste et descriptif) et le stoïcisme (plus sceptique et pessimiste), chacun interprétant, tronquant ou accentuant un aspect de sa philosophie. Il peut être considéré comme le premier auteur formellement identifié de l’ésotérisme occidental, Timée, Critias et la Lettre VII intéressant particulièrement l’ésotériste, le Cratyle, attirera l’attention de l’occultiste. Ses écrits sont en effet le point de départ de ce qui aboutira plus tard au néoplatonisme. Il s’agit de la synthèse et de la redirection des éléments spiritualistes de Platon, en plus d’un apport oriental. Ce mouvement sera la théologie mystique du paganisme vieillissant, dont les théories auront finalement une influence prépondérantes sur l’ésotérisme occidental.

↳ Lui-même à vraisemblablement donné des άγραφα δόγματα {enseignements non-écrits} nous dit Aristote dans sa Physique, mais dont le contenu et l’articulation sont évidemment ardus à reconstituer quoique l’exercice fut tenté par Léon Robin dans sa Théorie platonicienne des idées Lien vers l’œuvre sur Internet Archive et qu’il semble que, influencé par le pythagorisme, le double aspect du mythe et du nombre (notamment le cinq pythagoricien dit nombre nuptial) y joue un rôle prépondérant.

Reprenant le vocabulaire des mystères auquel il est attaché, il formulera des concepts qui basés sur la théorie des nombres pythagoriciens, proposent des réponses cosmologiques et ontologiques qui sont aujourd’hui connues du grand public :

● Tout d’abord la théorie des Formes et son exposition l’allégorie de la caverne que l’on retrouve surtout dans La République et Parménide et qui enracinés dans l’émanationisme formaliseront un réalisme des idées au travers de ses essences intelligibles. Pour Platon l’Homme est une plante céleste et ce ciel divin où résident les idées sont sont origine et sa fin.

● Puis ensuite dans le Timée et Épinomis, le concept d’âme du monde et ses solides - réinterprétation d’Empédocle - ainsi que le mythe de l’Atlantide et le concept de la grande Année qui auront l’un et l’autre un durable succès et moult développements. Platon y montre une déchéance inéluctable des âmes par le biais d’un épuisement progressif de la force éthique qui est concomitante à la force de vie.

● Il popularisera enfin les concepts de réminiscence (Ménon et 𝕍 aussi Mythe d’Er in La République), de maïeutique (Théétète) et enfin d’amour mystérique (Banquet), qui de Plotin à Ficin seront plusieurs fois restaurés à l’aune du platonisme.

Œuvres choisies

    ► L’attribution de certains de ses écrits sont contestés par les historiens quand certains ne sont pas simplement apocryphes (comme le Traité des tétralogies platoniciennes du Théâtre Chimique). Cette liste ne prend en compte que ceux dont on ne doute pas de l’authenticité.

  • Alcibiade majeur, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Ion, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Protagoras, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Gorgias, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Ménon, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Apologie de Socrate, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Criton, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Euthydème, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Lysis, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Ménexène, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Cratyle, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Phédon, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Banquet, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • La République, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Phèdre, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Théétète, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Parménide, -IV. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Critias, -IV.
  • Timée, -IV.

Citations

Ce n’est pas la mort qu’il faut redouter, c’est une vie passée dans l’injustice, car ce serait le plus grand des malheurs que de descendre aux enfers la conscience gonflée de crimes.
Gorgias
L’homme est la mesure de toute chose : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas.
Protagoras
Quant à celle de nos âmes qui est la plus puissante en nous, voici ce qu’il en faut penser : c’est que Dieu l’a donnée à chacun de nous comme un génie ; nous disons qu’elle habite le lieu le plus élevé de notre corps, parce que nous pensons avec raison qu’elle nous élève de la terre vers le ciel, notre patrie, car nous sommes une plante du ciel et non de la terre. Dieu, en élevant notre tête, et ce qui est pour nous comme la racine de notre être, vers le lieu où l’âme a été primitivement engendrée, dirige ainsi tout le corps.
Oui. Socrate ; tout homme un peu raisonnable implore l’assistance divine, avant de commencer une entreprise quelle qu’elle soit, grande ou petite. À plus forte raison, nous qui avons entrepris d’expliquer l’univers, quelle est son origine, ou s’il n’en a point ; à moins de vouloir nous égarer, nous devons prier les dieux et les déesses de mettre dans notre bouche des choses qui leur soient agréables à eux avant tout et ensuite à vous. Implorons encore l’aide des dieux, pour que vous compreniez aisément ce que j’ai à vous dire, et que moi-même je vous explique clairement ma pensée.
C’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement.
Théétète
Qu’il soit donc dit : il semble bien que l’Un, étant ou n’étant pas, lui et le multiple, pris en eux-mêmes ou en leurs rapports mutuels, tout cela, sous tous les rapports, est et n’est pas, paraît et ne paraît pas.
Parménide
Mais quelle est la conduite agréable à Dieu ? Une seule, fondée sur ce principe ancien, que le semblable plaît à son semblable quand l’un et l’autre sont dans le juste milieu ; car toutes les choses qui sortent de ce milieu ne peuvent ni se plaire les unes aux autres, ni à celles qui ne s’en écartent point. Or Dieu est pour nous la juste mesure de toute chose, beaucoup plus qu’aucun homme ne peut l’être, comme on le prétend. Dieu donc étant ainsi, il n’est point d’autre moyen de s’en faire aimer que de travailler de tout son pouvoir à être ainsi soi-même. Suivant ce principe, l’homme tempérant est ami de Dieu, car il lui ressemble ; au contraire, l’homme intempérant, loin de lui ressembler, lui est entièrement opposé ; et par là même il est injuste. Il en faut dire autant des autres vertus et des autres vices. Ce principe nous conduit à un autre, le plus beau et le plus vrai de tous : savoir, que de la part de l’homme vertueux, c’est une action louable, excellente, qui contribue infiniment au bonheur de sa vie, et qui est tout-à-fait dans l’ordre, de faire aux Dieux des sacrifices, et de communiquer avec eux par des prières, des offrandes et un culte assidu ; mais qu’à l’égard du méchant, c’est tout le contraire, parce que l’âme du méchant est impure, au lieu que celle du juste est pure. Or il ne convient pas à un homme de bien, encore moins à Dieu, de recevoir les dons que lui présente une main souillée de crimes. Tous les soins que les méchants se donnent pour gagner la bienveillance des Dieux sont donc inutiles, tandis que ceux de l’homme juste sont favorablement accueillis. Tel est le but auquel nous devons viser.
Lois (IV), Trad. Victor Cousin
Mais je crois que de tels enseignements ne conviennent qu’au petit nombre d’hommes qui, sur de premières indications, savent eux-mêmes découvrir la vérité. Quant aux autres, on ne ferait que leur inspirer un fâcheux mépris, ou les remplir de la vaine et superbe confiance qu’ils ont acquis-les plus sublimes connaissances. Je veux m’arrêter davantage sur ce sujet, et ce que je viens de vous dire vous paraîtra plus clair. Il y a en effet une raison qui réprime la témérité de ceux qui veulent écrire sur quelqu’une de ces matières: cette raison, je l’ai souvent exposée, et, à ce qu’il me semble, il faut la répéter encore. Il y a dans tout être trois choses qui sont les conditions de la science : en quatrième lieu vient la science elle-même, et en cinquième lieu il faut mettre ce qu’il s’agit de connaître, la vérité, La première chose est le nom, la seconde la définition, la troisième l’image ; la science est la quatrième.
Lettre VII
La plupart des hommes ne réfléchissent pas sur ce qui se présente à eux et, même une fois instruits, ils ne comprennent pas : ils vivent dans l’apparence.
PSI est-ce plutôt Héraclite par Clément, Fragment 17 ?
Garde-toi de donner par force aux enfants l’aliment des études, mais que se soit en le mêlant à leur jeux, afin d’être encore plus capable d’apercevoir quelles sont les inclinations naturelles de chacun.
PSI
La victoire sur soi est la plus grande des victoires.
PSI