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Aether (Ether, Aither)
etε :ʀ — Subst. masc.
DéfinitionÉtymologieCommentairesRenvois

[Cosmogonie]

► Nom de la substance primordiale ou ἀρχή (archè) {principe créateur} issue d’un χάος (Chaos) originel.

► Il s’agit de l’essence et d’un état subtil de la matière, impondérable, ἄπειρον (apeiron) {sans limites}, qualifié parfois de "lumineux", et ayant du point de vu Humain un comportement analogique au fluides dans ses déplacements et à l’argile dans sa consistance.

Porteur des archétypes d’où sont tirés tout les corps, mémoire du monde imprimant toutes les réalités, aether est également fin de toute choses qui s’y résorbent une fois leur existence achevée.


[Mythologie]

► Dieu primordial, personnification du ciel supérieur, firmament au-delà de l’atmosphère terrestre. Principe céleste supérieur à Ouranos (ou identifié à lui) d’où sont engendrés nombre d’abstractions et forces cyclopéennes. Il est aussi considéré comme le vêtement de Zeus et Héra et à l’origine du feu qui apparaît lorsque les sphères supérieures entrent en friction. À comparer avec le Shou égyptien.


[Ésotérisme]

► Depuis Empédocle (Fragments), Platon (Timée) et Aristote (Du Ciel et De la Génération et de la Corruption), les apports des stoïciens et des néopythagoriciens font dès l’antiquité évoluer la définition du terme. De la même manière que le concept d’âme qui est son équivalent microcosmique et celle du corps sidéral qui est leur rapport, l’aither à également subit de nombreuses interprétations (relatives aux facteurs exposés précédemment dans la définition cosmogonique).

L’on considère alors l’aither, dans sa définition la plus ouverte, comme seul porteur du sens de réalité subtile et spirituelle.

Dans son sens le plus restreint il est entendu comme le plan émotionnel, retranchant dans ce cas les notions de vitalité (alors restreinte dans la dénomination d’éthérique dans le théosophisme, concept tiré du प्राण (prana) {énergie vitale} védantique) et/ou d’empreintes imaginatives (égrégorique) et archétypales.

Étymologie

Grc. : αἴθω (aitho) {brûler, illuminer}

Commentaires

I. Généralités

Agent universel que l’on peut assimiler à l’anima mundi, fortement lié au symbolisme de l’eau, du mercure et du mouvement en général, on l’associe à la sainte Vierge et, symbolisant la contemplation, à la couleur bleu saphir dont elle est ornée.

Zone au-delà de l’atmosphère, les planètes et les étoiles baignent dans l’ether et ce dernier serait le lieu d’existence subtil d’entités intermédiaires ainsi que de formes pensées condensées en lieux ou en êtres. Cette idée est à relier avec les concepts d’idéosphère et d’inconscient collectif (𝕍 égrégore).

Sa contrepartie matérielle serait l’électro-magnétisme. Il est néanmoins propre à chaque individu qui en véhicule un fragment dans son microcosme, le mettant en mouvement et imprimant chez lui des fonctions émotives et motrices. Pour ces raisons on l’associe volontiers à la zone céphalorachidienne pour l’Homme (𝕍 Corps subtils) et au tellurisme pour la Terre.

II. Occultisme pratique

► L’occultisme en fait également l’intermédiaire indispensable à tout action magique et le relie au symbolisme du son. Le son est en effet capable, par l’intermédiaire des vibrations, de moduler la plasticité de l’aither. Pour cette raison, la voix Humaine, capable de déclinaisons subtiles et d’accompagnements émotionnels intenses est considérée comme un maître élément en magie. De fait, l’occultisme considère la manipulation de l’aither comme la source des phénomènes parapsychologiques tels le magnétisme (par projection) et la matérialisation (par manipulation) ainsi que les perceptions divinatoires (par lecture) lorsque un médium parvient à se synchroniser avec la vibration fondamentale de l’aether.

Notons que dans ce dernier cas de figure, on trouve des termes spécifiques à cette pratique qualifiant alors l’aether en fonction de son rôle dans la situation, c’est à dire un espace passif contenant des informations : lumière astrale dans l’occultisme, ether réflecteur chez les rosicruciens influencés par Blavatsky et archives akashiques chez Lobsang Rampa puis le spiritualisme moderne.

III. Un concept aux multiples facettes et perspectives

► De plus, la notion d’aether évalue une réalité macrocosmique et cosmogonique à plusieurs facettes, c’est-à-dire un espace primordial, et (puis) intermédiaire (𝕍 permutations cosmogonique) qui termine son développement partiellement (ou potentiellement) enclot dans la matière pouvant se confondre ou non avec les âmes.

Cette complexité ainsi que le manque de méthodologie fait que son objectivation fut ainsi diversement conçue par les différents penseurs. En conséquence, de nombreux termes viennent ainsi s’accorder aux différents points de vu, parfois téléscopés et sans délimitation précise vis à vis des échelles ou agrégeant des concepts périphériques. Nous les résumerons donc à trois catégories (qui comme tout les classements à du faire l’objet de choix vis à vis des concepts ainsi étiquetés). Cette séparation tripartite, analogue à celle de l’âme, est présente dans la plupart des systèmes spirituels ainsi par exemple :

Pour son principe de matière première en position originelle et génératrice :

πεμπτουσία {quintessence} chez les alchimistes et grand mystère pour le paracelsisme,

ὒλη (hylé) dans l’hermétisme,

אין סוף אור (ein-sof-or) {Lumière infinie} de la kabbale,

आकाश (akasha) {espace} dans l’hindouisme.

Pour son principe de vie universelle en position intermédiaire et transmutatoire :

Mercure chez les alchimistes et archée chez les paracelsiens (le terme quintessence est chez eux réduit à la spagyrie),

● Le רוח (ruah) hébraïque,

Nwyvre dans le celtisme gallois,

Manitou du chamanisme algonquien,

● Le प्राण (prana) {énergie vitale} dans l’hindouisme,

● Le (qi) {air vital} dans le shenisme,

● Et le རླུང (lung) {souffle} du vajrayana.

Pour son principe de vie spécifié en position manifestée et efficiente :

● Le mana {puissance surnaturelle} polynésien

● La שכינה (shekinah) {Qui tombe, habite} hébraïque,

● Le manitowi algonquin,

● La शक्ति (shakti) {puissance} hindoue,

● Et même le vril de Bulwer-Lytton,

● L’orgone de Wilhelm Reich,

● Ou la force Odique de Carl von Reichenbach.

𝕍 le tableau synthétique des Métamorphoses de l’âme (en cours de réfection) pour un point de vu global et comparatif.

Renvois

↪ Connexe : Archée, hylé
↪ Amont : Anima mundi
Syn. : Akasha, quintessence
↪ Ne pas confondre : Chaos, ginnungagap, âme, corps astral, corps sidéral


Âme
ɑm — Subst. fém.
DéfinitionÉtymologieCommentairesRenvois

Définition

[Religion]

Principe supérieur, immortel et immatériel de l’Homme, caractérisée par l’unité, l’identité, l’activité et la liberté. Elle est l’origine de sa volonté, de sa pensée et de son entendement, ainsi que de sa sensibilité et ses sentiments. Enfin, elle est principe de vie, élément dynamique qui anime le corps physique par l’intermédiaire d’un revêtement qu’elle exhale.

Au moment de la mort, l’âme se retire définitivement emportant avec elle le moi et l’exhalaison se désagrège. L’âme à un rôle d’intermédiaire entre les différentes réalités mais aussi de carrefour : lieu de la lutte entre le bien et le mal, la matérialité et la spiritualité. Elle est un germe, chaud et humide, contenant les vertus qui requièrent un feu avisé pour naître.

► Depuis les premiers enterrements rituels du paléolithique jusqu’au seele freudien, ce concept pivot de la spiritualité, fut extrêmement étudié à toutes les époques et en tout lieux et dispose en conséquence d’un nombre considérable de définitions qui se chevauchent de manière contradictoire et/ou complémentaire en fonction notamment du point de vu envisagé (𝕍 partition fractale et échelle de focale), de la cosmographie imaginée et des qualifications initiatiques exigées. Néanmoins on rencontre communément deux définitions :

● Soit on considère que le mot s’attache à définir l’activité psychique dans son ensemble, l’opposant dans ce cas au corps,

● Soit on considère le terme comme étant plus spécifique, s’insérant dans la tripartition chère à Paul de Tarse dans ses Épîtres (Cor. I et Thess. I) : corps-âme-esprit.

● On peut néanmoins avec la même logique, envisager encore une troisième, quatrième ou même cinquième définition. Elles prendraient en compte une division en plus de trois plans. Auquel cas on retrancherait du concept les notions de vitalité-sensitivité et de pensée-imagination pour ne garder que l’aspect émotionnel et affectif.

Étymologie

I. Généralités

► Tous les mots suivants, que l’on retrouve entre autres dans les différentes traductions de la Bible, comprennent une idée de mouvement aérien (souffle, haleine, odeur) impliquant la vitalité en tant qu’être. Manquant d’une terminologie précise dans les langues modernes, on les traduit tous en français par "âme" ou "esprit". Différentes subtilités se font néanmoins jour selon le contexte linguistique dans lequel ils apparaissent et les développements des différents commentateurs.

On remarque notamment des différences d’échelles et d’états. Par exemple :

psukhê est plus individuel que pneuma,

nefesh, qui concerne plus volontiers les animaux, est plus grossier que ruah et neshama.

Grc. : ψυχή (psukhê) {je souffle, psychisme, vie}

Grc. : πνεῦμα (pneuma) {souffle, esprit}

Grc. : ἄνεμος (anemos) {vent, inconstance}

    ↳ Lat. : anima {air, souffle, âme}

Heb. : נפש (nefesh) {reprendre haleine, être existant}

Heb. : רוח (ruah) {air, souffler, volonté}

Heb. : נשמה (neshama) {vitalité, respirer, essence}

II. Quelques détails sur les concepts hébraïques et grecs

◆ On rend נפש (nefesh) par anima et ψυχή (psukhê). C’est l’âme vivante, c’est à dire le principe de vie corporelle contenu dans le sang et véhiculant les pensées, les sentiments et les passions, en un mot la personnalité. Ce principe est commun à l’Homme, aux animaux et - se basant sur le nombre d’occurrences - aux morts lorsqu’ils se manifestent parmi les vivants. Il se concrétise lorsque Dieu souffle le רוח (ruah) sur la בשר (basar {chaire}) de l’Homme.

◆ On rend נשמה (neshama) par spiritus et πνεῦμα (pneuma). Il demeure semblable au נפש (nefesh) : principe de vie, de sentiments et d’animation mais exclu le sens de véhicule de la personnalité.

◆ On rend רוח (ruah) par sensus ou intellectus et νοῦς (noos) voir καρδία (kardia). C’est à dire le principe des idéaux, de l’intellect et de la sagesse en tant qu’acte divin donnant l’habileté par la grâce ou punissant. Le terme désigne aussi les pneumatiques, ressuscités et spiritualisés qui ont une vie spirituelle et donc un corps distinct du corps animal ou psychique.

► Il est important de noter qu’alors que dans le judaïsme primitif, la limite entre נפש (nefesh) (ainsi que חיה (chayah) sa contrepartie féminine) et רוח (ruah) est peu claire sinon dans un rapport hiérogamique aboutissant à la création d’un androgyne (Ce qui ne manquera pas de nous rappeler les opérations de Gérard Dorn ou plus près de nous l’animus et l’anima de Jung).

► Chez les kabbalistes, נשמה (neshama) est supérieur à רוח (ruah) qui est supérieur à נפש (nefesh) (on trouve deux aspects de l’âme encore supérieurs à נשמה (neshama) : חיה (chayah) et יחידה (yechidah)).

► Chez les indo-européens en revanche, νοῦς (noos) est supérieur à πνεῦμα (pneuma) et intellectus s’oppose à anima. En effet dans la Bible, רוח (ruah) ne s’emploie point pour les animaux (excepté Eccl. III, 21 : וְרוּחַ)

Caractéristiques de l’âme

I. Christianisme et essence de l’âme

► La Bible insiste surtout sur la distinction à opérer entre l’âme et le corps, sur le fait que l’Homme est un être pensant, spirituel et qu’il doit se retrancher du règne animal. Dans le Lév. et le Deut., Moïse interdit aux israélites de manger le sang des animaux, car il contient leur âme qui leur fut accordé par Dieu.

► Le problème de l’âme est lié à celui de sa survie post-mortem et à son immortalité qui éventuellement s’en suivrait. Les Pères de l’Église avaient des vues parfois très divergentes sur le concept l’âme du fait de leur tentative d’allier révélation et philosophie grecque. Par exemple, concernant son immortalité, ils se servirent surtout :

● D’une part du stoïcisme (Tertullien) qui par une vue panthéiste voit dans l’immortalité de l’âme une conséquence extrinsèque et accidentelle du fait de la présence du corps physique (per accidens).

● Et d’autre part du platonisme (Origène) où l’âme est envisagée selon une cause intrinsèque (per se) et totalement spirituelle.

Augustin d’Hippone ensuite, puis les Pères Cappadociens et plus éloigné, Thomas d’Aquin (qui s’attachera à réconcilier Platon et Aristote sur ce point), contribuèrent beaucoup à l’élaboration de la pensée chrétienne sur l’âme.

II. Destin de l’âme

La notion d’âme à beaucoup voir avec celle de justice. C’est en effet cette contrepartie immatérielle qui sera jugée à l’heure de la mort dans la grande majorité des systèmes spirituels. Chacun recevra alors la rétribution correspondant à ses réels mérites, l’âme étant alors mise en parallèle avec la loi universelle (ex. Daena, Maat, Me, Rta, Tao, Dharma, Décalogue) afin d’y étalonner sa faculté à y correspondre.

↪ En ce sens la régénération à l’état originel d’une âme pure et/ou sa transfiguration par les mérites et/ou son association à un esprit plus élevé (Humain, naturel, collectif ou archétypal) dans la hiérarchie initiatique est l’objectif de la quête des mystiques et ésotéristes.

III. Néoplatonisme et corollaire de l’âme

Le revêtement exhalé par l’âme, est qualifié d’"aérien" et de corps spirituel chez les néo-platoniciens Plotin, Porphyre et Origène. Si l’on en croit divers systèmes religieux, l’âme se retire durant le sommeil, ne laissant que le dit revêtement qui continue d’entretenir l’organisme de manière végétative (𝕍 élémental physique).

Ce revêtement peut en outre être séparé tout ou en partie des autres composants de l’Homme durant les états altérés de conscience (extases ou troubles psychiatriques, mais aussi sous l’effet de drogues ou de l’hypnose) ce qui entraînerait certaines manifestations parapsychologiques et spiritiques qui firent couler tant d’encre. Le chamanisme postule encore que cette exhalaison peut-être ensorcelée ou malade, neutralisée ou même endommagée voir détruite.

Jean Philopon parle quant à lui d’un corps supérieur, attaché à l’âme, de nature céleste, lumineuse et éthérique en un mot, πνευματικός (pneumatikos) {que l’on traduit usuellement par "spirituel", différencié de "psychique" en français}, qu’il nomme αὐγοειδές (augoeides). Pour plus d’informations, 𝕍 The doctrine of the subtle body in Western tradition Lien vers l’œuvre sur Internet Archive de George Mead.

IV. La puissance de l’âme

► L’âme est en outre pérégrine, elle peut voyager hors du corps, s’élever intellectuellement, moralement ou spirituellement (parfois même physiquement lorsque l’âme emporte le corps dans la lévitation), généralement de façon graduée comme grimpant une échelle, un escalier ou un arbre. Ce voyage ascensionnel image de l’élévation effective du sujet qui la vit est conçu comme une préfiguration de l’ascension eschatologique dans l’au-delà.

Dans le christianisme, Guigues le Chartreux (II) (Scala Claustralium {l’échelle du moine}) par la lectio divina invite à l’élévation de l’âme par le biais d’une méthode de prière associée aux quatre sens de l’écriture et Bonaventure de Bagnoregio (Itinerarium mentis in Deum {L’itinéraire de l’esprit vers Dieu}) décrira les six degrés de l’élévation de l’âme.

V. Liens avec le corps physique

► Au XVIII XIX, les travaux des écoles dominantes que furent le spiritualisme et le magnétisme, dégagèrent un axe commun qui veut que l’étincelle divine qu’est l’âme, se manifeste par le mouvement au travers du système nerveux. Elle s’ouvre ensuite au monde extérieur par le psychisme et les sens.

Faite à l’image de Dieu et donc pourvue de la perfection en puissance, elle est néanmoins spécifiée et doit faire évoluer ses infinies possibilités afin de développer de nouveaux organes psychiques puis à terme, de nouvelles perceptions lui donnant un sens accru des forces universelles.

Les expérimentations magnétiques rapportent que l’on peut diviser l’âme de l’homme en trois parties : physique, astrale et spirituelle, correspondant aux zones a fort potentiel magnétique, soit celles situées dans le sexe, l’épigastre-cœur et le cerveau.

Composition de l’âme

► Dans bien des systèmes religieux et philosophiques, l’âme est composée de plusieurs parties, plus ou moins nombreuses, subtiles et distinctes, la plupart du temps aux fonctions et au destin bien délimité : par exemple, un principe supérieur va au ciel, un principe inférieur va en terre et se décompose et un principe neutre erre sur terre ; un autre principe peut aussi transmigrer.

𝕍 le tableau synthétique des Métamorphoses de l’âme (retranché pour réfection) pour un point de vu global et comparatif.

I. Occident antique

► Bien des philosophes antiques considéraient l’âme selon plusieurs parties :

● Par ex. Aristote en évoquait quatre (qu’il définissait par leurs fonctions : végétative, sensitive, motrice et pensante).

Platon, chez qui l’âme est au contraire de son disciple pourvue d’un mouvement intrinsèque et à l’origine d’une harmonieuse cohésion, la divise à l’instar de Pythagore, en trois partie : appétive, passionnelle et rationnelle.

● La localisation de l’âme était tout aussi épineuse : par exemple, pour les atomistes que furent les épicuriens elle était un souffle organique localisée dans le cœur.

► Dans le gnosticisme on distingue deux parties dans l’âme : πνεῦμα (pneuma) et ψυχή (psyché).

Parmi les Hommes, ces deux éléments sont inéquitablement distribués et selon la partie qui domine dans la conscience, on qualifie de "pneumatique" ou de "psychique" la personne concernée. On la qualifie de "hylique" si la partie corporelle domine plus encore que les deux précédentes (ou pour mieux dire, lorsque la psyché est trop matérialisée). La première catégorie est sauvée car en Dieu, la seconde sujette aux réincarnations et la dernière sera anéantie sans possibilité de survivance.

↳ On retrouve une tripartition analogue dans la Pistis Sophia où l’appareil psychique de l’Homme incarné est composé de la vertu, l’âme et l’esprit d’imitation : la première partie est lumineuse et toujours pure, la seconde doit subir des épreuves post-mortem cycliques afin de se purifier à l’image du bardo bouddhique, et la dernière est vouée à rejoindre le néant d’où elle est issue.

► Dans l’alchimie on fait correspondre πνεῦμα (pneuma) au soufre, ψυχή (psyché) au mercure et ὕλη (hylé) au sel. Mais dans une logique duelle plutôt que trinitaire, on fait correspondre le mercure au psychisme et le soufre au corps. Le corps pris comme entité isolée est associé au mercure. La pratique alchimique cherche à guérir les métaux, considérés comme ayant une âme malade et imparfaite.

II. Afrique

► Chez les égyptien, le principe immortel et indépendant du corps physique, le , est représenté par l’ibis chauve, néanmoins la composition occulte de l’être chez les égyptiens est complexe et nous vous renvoyons à l’article sur l’anatomie occulte.

► En Afrique du nord et au moyen-orient, l’âme est composée de deux parties, l’âme végétative et passionnelle (نفس (Nefs)), portée par le sang et dont le siège est dans le foie, et sa contrepartie subtile et volitive (الروح (Ruh)) qui circule dans les os et dont le siège est dans le cœur.

► Cette dualité sang-os est par ailleurs fort répandue dans les systèmes animistes (les os seront remplacés par les nerfs dans des systèmes où l’élaboration médicale à eu un impact sur la physiologie psychique), tout comme le concept d’ombre errante ou d’âme multiple et/ou collective lié outre aux cultures des esprits de la nature, à celui des ancêtres, également considérés comme des âmes.

III. Orient

► En Orient, l’âme est potentiellement périssable mais d’une durée de vie supérieure au corps, elle est comprise dans une vision anatomique et analogique :

● Elle est porteuse du कर्म (karma) {action} dans l’hindouisme et ainsi sujette à la réincarnation jusqu’à ce qu’elle devienne आत्मन् atman {essence}. Elle est étagée dans le corps Humain de sa forme de la plus épaisse à la plus subtile. Chaque चक्र (chakra) {roue} localisé dans des parties précises de l’anatomie subtile correspond à un état de densité et d’existence que l’on sublime ou conscientise par des pratiques psycho-spirituelles.

● Dans le bouddhisme, elle ne porte pas le कर्म (karma) {action} (Ce rôle est tenu par une autre existence individuelle qui n’est pas liée à elle, le karma étant alors plus collectif que personnel) et peut potentiellement périr avec le corps.

● Dans le shenisme, on sépare également l’âme en deux partie, l’une est inférieure, instinctive et périssable (kouen {perfection passive de la terre}) et l’autre, supérieure est idéale et immortelle ( (shen) {perfection active du ciel}).

● Les taoïstes les détaillaient en sept âmes corporelles et vitales ( (po)) et trois âmes célestes et raisonnables ( (houen)) toutes subsistaient après la mort et sont utilisées dans le processus alchimique.

IV. Mésoamérique

Lihiyolt est la force vitale, elle devient pure ou impure selon les vertus et se régénère au contact de la nature (air, nourriture). Elle logeait dans le foie.

Yolia était le siège la vie et des émotions et logeait dans le cœur, c’est cette partie qui était soumise au destin post-mortem.

● Le tonalli enfin, représente la lumière d’un être, sa personnalité, son double céleste qui s’agrège au yolia. Il pouvait quitter le corps lors d’émotions intenses ou de phases d’inconscience, cette partie logeait dans la tête.

Renvois

■ Renvois internes

↪ Connexe : Corps éthérique, Corps astral, Corps mental, animus, anima
↪ Amont : Corps subtils
↪ Ne pas confondre : Ether, corps astral, esprit

■ Un pas plus loin

⇴ Pour un précis de l’évolution du concept d’âme dans le christianisme, 𝕍 l’entrée "âme" dans le Dictionnaire de théologie catholique (éd. Letouzey et Ané) (1).

⇴ De nombreuses croyances, légendes et opinions circulent sur l’âme, en particulier sur son comportement pré et post-mortem ainsi que sur l’emploi que l’Homme peut en faire. Consultez les articles afférents pour plus de détails. Pour des miscellanées d’anecdotes sur les légendes vis à vis de l’âme (Vendre son âme et perdre son ombre, âmes sœurs, archétype du passeur, processions de pèlerins, noyés et esprits vengeurs), 𝕍 l’article "âme" dans le Dictionnaire des sciences occultes de Collin de Plancy compris dans l’Encyclopédie Théologique (48) éd. par Migne.

■ Sources de l’article