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Personnalités collectives (IX)

Floruit (pays actuels) :

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Albubather  Entrée Data.Bnf
Astrologue, Médecin 🞄 Islam 🞄 Califat abbasside | IX

Abū Bakr al-Hasan ibn al-Khasīb latinisé Albubather. Auteur d’un De Revolutionibus nativitatum traduit par Platon de Tivoli au d.XII resté sous forme manuscrite et d’un De Nativitatibus traduit en latin en 1218 par Canonicus Salio et imprimé cette fois en 1492 à Venise.

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Farghani (Al)  Entrée Data.Bnf
Astrologue 🞄 Islam 🞄 Califat abbasside | IX

Astrologue à la cour abbasside, il est d’abord patronné par Al-Ma’mūn (reg. 813 – 833). Connu pour son Compendium sur la science des astres qui reprend et corrige l’Almageste, ce dernier sera traduit par Jean de Séville en 1137 puis par Gérard de Crémone en 1175.

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Kharrāz (Al) Abū Sa‘īd  Entrée Data.Bnf
Mystique 🞄 Islam (Soufisme) 🞄 Califat abbasside | IX 890

► Pseudonyme de Aḥmad bin ‘Īsā, dit encore "la langue des soufis" car il était renommé pour son éloquence mystique ou encore "le savetier" car il exerçait ce métier. Membre de l’École de Bagdad, il fréquente les grands soufis de son époque comme al-Misri ou al-Saqati. ʿAṭṭār précise qu’il aurait écrit un grand nombre d’ouvrages, mais peu nous sont finalement parvenus comme le Kitāb al-Ṣidq {Livre de la sincérité} ou il est question de morale soufie. Il est également connu pour être le premier soufi à discourir publiquement des notions clefs de fanā’ {extinction} et de baqā’ {permanence}, notions dans lesquelles il résume toute sa pensée.


🙟 800   

Érigène Jean Scot  Entrée Data.BnfEntrée Catholic Encyclopedia Entrée Stanford Encyclopedia of Philosophy
Théologien, Philosophe, Traducteur 🞄 Christianisme (Celtique) 🞄 n. Royaumes gaëliques d’Irlande, fl. Empire carolingien | 810 877

I. Histoire et traductions

► On sait guère s’il fut clerc ou laïque, mais il est raisonnable d’estimer qu’il fut moine. Appelé à la toute jeune cour de Charles II le Chauve (reg. 843-877) vers 845, ce dernier fait succéder Érigène à Alcuin en lui confiant la direction de la prestigieuse École palatine dans laquelle l’érudit enseigne les arts libéraux. Penseur indépendant, lecteur d’Origène, Ambroise, Augustin, Boèce, et des pères cappadociens, c’est un adepte de l’exégèse alexandrine et, dans la lignée des Pères grecs, il est l’introducteur de la théologie négative en occident au travers de sa traduction de Denys ( 860), dont l’œuvre l’influence particulièrement. D’une façon plus générale, estimant que philosophie et révélation ne font qu’un, il se révèle également, bien qu’indirectement, tributaire de la philosophie grecque et du néoplatonisme qu’il tente d’unifier avec la théologie chrétienne amenant ainsi la pratique de la systématique, de la dialectique et de la métaphysique dans la pensée théologique d’alors; pensée qui devra atteindre sa floraison dans la tradition spéculative médiévale.

↪ Sur ordre de Charles(1), Érigène traduit encore l’Ambigua et les Quæstiones ad Thalassium de Maxime le Confesseur et le De Hominis opificio de Grégoire de Nysse; rendant opportunément ces auteurs disponible aux lettrés occidentaux ne maîtrisant pas le grec, ce qui, à cette époque, était ordinaire. On sait peu d’autres choses sur la vie d’Erigène et dès la mort de son mécène, en 877, on perd sa trace et de lui, ne subsistent seulement quelques légendes.

■ Son nom contient une redondance toponymique(2) mais permet de npc. avec Jean Duns Scot.

II. Œuvres

Son œuvre la plus importante(3) est son audacieux et profond Περὶ φύσεως μερισμοῦ (Peri fuseōn merismou)(4) ( 865, 5) œuvre théophilosophique où, sous forme dialogique, il synthétise partiellement l’émanationnisme néplatonicien avec le créationnisme chrétien et livre une cosmologie totalisante inspirée d’arithmologie où la création, traversée d’une même οὐσία (ousíā) {essence}, est cependant analysée dans un processus quadripartite et hiérarchique(5). Il traite encore de l’Un et du multiple, du péché et de la rédemption, ainsi que du cycle d’émanation et de retour vers le principe, passant par les processus ontologiques de διαιρετική {division} et d’ἀνάλυσις {résolution} qui ne peuvent être totalement accomplis par l’Homme, seul capable de voir la présence théophanique de Dieu dans la création(6).

↪ Outre de la poésie sacrée à la qualité réputée anecdotique (nnPL), il est également producteur de commentaires : il rédige le premier commentaire du De Nuptiis Mercuri de Capella ( 860), puis un autre sur L’Évangile de saint Jean ( 865), fort inspiré, et enfin un dernier sur la Hiérarchie Céleste de Denys ( 865) dont il propage l’angélologie alors que domine celle de Grégoire Ier. Érigène est notablement l’auteur d’un De Praedestinationae (851) qu’il rédige sur l’invitation d’Hincmar de Reims à intervenir dans la controverse sur la prédestination, initiée par le théologien et poète franc Gottschalk d’Orbais qui prétendait que la théorie de la double prédestination fut celle d’Augustin. L’ouvrage, est cependant controversé puis condamné par les autorités ecclésiastiques puisqu’il y expose que le destin de l’individu dépend à la fois de Dieu et du libre arbitre(7) et affirme l’inanité de la damnation éternelle, y substituant un état de conscience.

Il existe plusieurs papiers intéressants sur Érigène, mais 𝕍 donc La « Virtus gnostica » selon Jean Scot Érigène in Revue de théologie et de philosophie (3, 115, 4 pp. 331-354), Jean Trouillard, 1983 ainsi que « Θεώσις hoc est deificatio ». Dépassement et paradoxe de l’apophase chez Jean Scot Erigène in Revue des sciences religieuses (72, 4 pp. 420-445), Rudolf Schmitz-Perrin, 1998. Lien vers le document sur Persée

III. Influence

Sa pensée, exposant Dieu comme essentia omnium, maladroitement jugée panthéiste et pandéiste, est réprouvée à de multiples reprises au IX-X. Dans le cadre de la condamnation de David de Dinant, son De Divisione est lui-même condamné au Concile de Sens (1225) puis par bulle avec Honorius III en 1225. Cette hostilité envers son œuvre sera durable : lorsque Thomas Gale publie la première impression de l’ouvrage en 1681, il est immédiatement mis à l’index. Érigène exerce cependant une influence sur la théologie médiévale via sa traduction de Denys et son commentaire de Jean(8) et son œuvre sera en particulier goûtée par les penseurs à tendance ésotérico-mystique comme Sylvestre II, Bernard de Clairvaux, Hildegarde, Gilbert de La Porrée, Eckhart, De Cues ou Bruno; il trouvera, en outre, des admirateurs chez les idéalistes allemands comme Schelling et Hegel.



1. Qui lui avait fourni les manuscrits de Denys par l’intermédiaire de son père Louis le Pieux (reg. 814–840) qui les reçu de Michel II l’Amorien (reg. 820-829) en 827 et ce, afin de remplacer la traduction maladroite d’Hilduin de Saint-Denis.

2. Érigène (Eriu-genes) signifie "né en Irlande" tandis que Scot veut dire "irlandais" ou plus généralement "gaël".

3. Et aussi sans doute, la plus remarquable du IX comme l’un des plus fondamental pour la philosophie chrétienne.

4. Plus connu sous son nom lat. : De Divisione naturae {De la Division de la nature}.

5. a. Créateur-Non-crée : Transcendance progénitrice incrée, b. Créateur-crée : causes ontologiques primordiales idéales qui sont l’exitus primordial, c. Crée-Non-créateur : réalités théophaniques substantielles sur le mode d’émanations spirituelles continues comprenant le monde dit matériel et dont l’Homme, reflet inversé du progéniteur et intermédiaire cosmique, est le véritable microcosme, d. Non-crée-Non-créateur : aboutissement parfait de la divinité se confondant dans l’incrée avec la transcendance progénitrice par le truchement d’un regressus déificatoire, reditus où chaque créature rationnelle, bien que retourné à l’universelle essence, se distinguera individuellement par le chemin qu’elle dut emprunter pour sa réintégration.

6. Les anges bien que rationnels, n’en sont pas capables.

7. En dernière analyse, seul le saint dispose d’un destin car Dieu ne saurait connaître que le Bien, le reste étant néant.

8. Qu’on attribue à Origène ou Grossetête.


🙟 825   

Ṣaymarī (al) Abu ’l-ʿAnbas
Astrologue 🞄 Islam, Astrologie arabe, Califat abbasside | 828 888

Astrologue et oniromancien érudit de la cour du califat abbasside. Auteur de plusieurs ouvrages astrologiques. Son Kitab al-madkhal ila ’ilm al-nujum {Introduction à la science des astres}, qui compile plusieurs sources disparues est à rapprocher du Livre des fondations parfois attribué à Albumasar. Également connu comme poète et humoriste.

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Israeli Isaac (ben Salomon)  Entrée Data.Bnf
Philosophe, Médecin 🞄 Judaïsme, Néoplatinisme 🞄 n. Califat abbasside, fl. Califat fatimide | 832 932

► Influencé par Al-Kindi et la Théologie d’Aristote, c’est un précurseur du néoplatonisme juif. Il émigre en Tunisie vers 905 puis se met au service de Ubayd Allah al-Mahdi, premier des fatimides. Sa science médicale, principalement tirée d’Hippocrate et sa philosophie sont goûtées de son vivant.

➽ Il est cependant critiqué par Maïmonide avant d’intéresser les scolastiques qui traduisent ses ouvrages de arb. au lat. ntm. le Kitab al-Ḥudud {Livre des définitions} lu aussi bien par Aquin que Bonaventure ou Bacon. Il influence également vraisemblablement Gabirol via son Sefer ha-Rouaḥ veha-Nefesh {Traité de l’esprit et de l’âme}. Son œuvre médicale, ntm. le Kitab al-Ḥummayat {Livre des fièvres} et le Kitab al-Istiḳat {Livre des éléments} est respectée durant le moyen-âge et influence évidemment Constantin l’Africain.

Npc. avec Isaac Israeli ben Joseph dit "Le jeune".

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Yusuf (ibn) Ahmad [Hametus, al-Misrī]  Entrée Data.Bnf
Astrologue 🞄 Astrologie arabe 🞄 n. Califat abbasside, fl. Califat abbasside | 835 912

► Né à Bagdad, fils d’un intellectuel, il émigre au Caire à une date incertaine mais vraisemblablement étant jeune, ce qui lui vaut le surnom de al-Misrī {l’Égyptien}. Il est secrétaire chez les Toulounides et a joué un rôle dans l’indépendance de ces émirs vis à vis du califat abbasside.

► Sa bibliographie est obscure, mais, principalement influencé par les grecs, on estime qu’il fut un commentateur du Centiloque sinon son véritable auteur. De plus, un de ses commentaires sur le V des Éléments d’Euclide fut traduit par Crémone et influencera Fibonacci.


🙟 850   

Hallaj (al) Mansur  Entrée Data.BnfEntrée Encyclopædia Iranica
Poète, Mystique, Ascète 🞄 Islam (Sunnisme, Soufisme) 🞄 n. Califat abbasside, fl. Califat abbasside | 858 922

I. Histoire

Soufi extatique, excentrique et pratiquant d’un ascétisme extrême, Hallaj {Le Cardeur}, auteur exclusivement arabophone, est, déjà de son vivant, une figure controversée de l’islam. Il est encore aujourd’hui associée aux difficultés sociales et théologiques induites par la position du soufisme dans l’islam, à la répression que les institutions religieuses peuvent faire subir aux soufis ainsi qu’à la nécessité pour eux de se garder d’être intoxiqué par Dieu et, vase ébréché et non hermétique, de répandre en public le contenu de leurs expériences mystiques. La tradition fait de lui un descendant d’Abu Ayyub al-Ansari et un petit-fils de zoroastrien.

► Dès son adolescence, il réside dans la ville sunnite de Wasit. Il mémorise le Coran dès ses douze ans et très tôt, il est attiré par l’ascétisme; aussi, il s’instruit auprès des maîtres soufis de son époque tel Sahl al-Tustārī et Junayd al Baghdadi. Il se marie en 877. De 895 à 910, il effectue ensuite des pèlerinages à La Mecque et voyage dans le Khorassan, enseignant et prêchant l’islam jusqu’au Turkestan et en Inde.

II. Pensée et condamnation

◆ Le contenu de son Kitāb al-Tawāsīn (902, seul ouvrage conservé) et ses proclamations publiques de nature mystiques firent scandale auprès des fuqahā’ {juristes}, tel son Ana’l-Ḥaqq {Je suis la vérité}. Pour Hallaj, l’union mystique est ḥulūl {incarnation}, une descente de l’esprit divin dans l’âme, il y réside avec celui du fidèle, qui, purifié par la fanāʾ {extinction}, peut jouir de sa présence, néanmoins il n’y a pas ittihād {unification}. Il écrit : Il n’est plus, pour moi, d’éloignement de Toi, depuis que j’ai constaté que rapprochement et éloignement (pour Toi) ne font qu’un. / Pour moi, si je suis délaissé, c’est encore une société pour moi que Ton délaissement ; / d’ailleurs comment ce délaissement s’opérerait-il, puisque l’Amour fait trouver ! / Gloire à toi ! Qui as tout prévu, en Ta perfection pure, pour que ce serviteur pieux (moi) ne se prosterne devant nul autre que Toi ! et J’ai étreint de tout mon être tout Ton Amour, ô ma Sainteté ! Tu te mets tant à nu que je sens que c’est Toi en moi ! / Je retourne mon cœur parmi tout ce qui n’est pas Toi, mais je ne vois plus rien qu’assauvagissement, de moi à eux, et familiarité, de Toi à moi ! / Hélas, me voici, dans la prison de la vie, environné de tous les hommes; arrache-moi donc, vers Toi, hors de ma prison ! (Le Dîwân d’Al-Hallaj, trad. Louis Massignon, 1955. 𝕍 le 218 Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France du Journal asiatique.)

► À la faveur d’un contexte socio-politique instable et difficile qui le fit estimer comme affilié aux agitateurs qarmates et disqualifié par ses assertions qui furent perçues comme salissant la tanzīh {transcendance} d’Allah, Hallaj fut inquiété par les autorités ecclésiastiques de son époque qui assimilèrent ses théories à un crypto-christianisme nestorien et l’accusèrent volontiers de pratiquer la sorcellerie. Finalement, dès 911, Hallaj fut emprisonné durant dix ans. Il fit ensuite l’objet d’un procès de sept mois et finalement, malgré le soutient de hauts dignitaires abbassides, il fut torturé, exécuté et son corps brûlé pour blasphème devant la foule.

𝕍 bien sûr : La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj (4 ), Louis Massignon, 1922. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre

➽ Influence notablement Rûzbehân, ʿAṭṭār et le bektachisme.


🙟 875