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Marsile Ficin

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Données générales

PériodeLieu
GénéralXVItalie
Naissance19 octobre 1433, 13h26 Figline Valdarno, Italie
Décès1er octobre 1499 (65 ans)Florence, Italie
Cause
Inhumation
Eglise Sainte-Marie, Florence

DomaineCourantOrdre
Théologie
Philosophie
Astrologie
Magie
Occultisme
Esthétique
Traduction
Néoplatonisme médicéen
Humanisme
Académie platonicienne de Florence 🎓
Catholicisme 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiAnge Politien
Jérôme Benivieni
Johannes Reuchlin
CondiscipleAnge Politien
Jérôme Benivieni
ProtecteurCôme de Médicis
Influence
MaîtreJean Argyropoulos
ParNéo-platonisme
Picatrix
Alkindi
Augustin d’Hippone
Boèce
Cristoforo Landino
Gemiste Pléthon
Hermès Trismégiste
Nicolas de Cues
Pietro d’Abano
Jean Duns Scot
Platon
Plotin
Proclus
Pseudo-Denys l’Aréopagite
Thomas d’Aquin
Zoroastre
DiscipleFrancesco Cattani
Jean Pic de la Mirandole
Laurent de Médicis
SuccesseurFrancesco Cattani
CritiqueAverroès
SurÉsotérisme occidental
Agrippa de Nettesheim
Antoine Fabre d’Olivet
Giordano Bruno
Paracelse
Robert Fludd

Repères biographiques

► Né près de Florence, il est le fils du premier médecin de Côme de Médicis qui le destine originellement à cette carrière. Il fit ses humanités d’abord à Pise (1448) puis dans sa ville natale (1452). C’est à Bologne, de 1459 à 1462, qu’il se penche sur la médecine.

► En 1439, le pape Eugène IV convoque le concile de Bâle-Ferrare-Florence-Rome, à Florence, son objet l’objet était de rapprocher les Églises d’Orient et d’Occident. Pour y donner suite, Côme de Médicis influencé par Gemiste Pléthon dépêche dans le monde méditerranéen des agents dont il charge de ramener à Florence des manuscrits et c’est vers 1460 qu’un moine rapporte de Macédoine un manuscrit comportant quinze traités du Corpus Hermeticum (Cod. Laurentianus LXXI 33 (A)). En parallèle, vers 1450, le Père de la Patrie intime à Marsile de devenir le président d’une Académie Platonicienne de Florence, assez informelle, Académie qui sera fixée à la villa médicéenne de Careggi.

↳ Ces membres s’appellent entre eux les "Fidèles de l’Amour". Il y réunit les Humanistes italiens, cette école aura une forte influence sur la philosophie européenne ainsi que sur les arts, restaurant plus avant la place de l’antiquité. Côme, fournissant des manuscrits, le poussa aussi à traduire en latin Platon (achevé en 1469) puis Trismégiste dès 1462 (achevé en 1969). Ficin produit ainsi la première traduction complète en langue occidentale (jusque là seul l’Asclépios était connu) qu’il nomme Pymandre, selon le nom du traité de tête du corpus. Le Pymandre sera imprimé en 1471 et bénéficiera de la fortune qu’on lui connaît. Il traduira également Plotin (Il termine la traduction des Énnéades en 1484), puis les néo-platoniciens. Les fils de Côme, Pierre et Jean continuèrent de soutenir Marsile après la mort de leur père.

► À 40 ans, en 1473, il devient prêtre puis à 42 ans il devient chanoine à la cathédrale de Florence. Il évita de peu l’inquisition puisque c’est en 1489 que le pape Innocent VIII l’accusa de sorcellerie, car Ficin s’intéressait à l’astrologie et à la magie, pratiques que Ficin estimait naturelles et reposant sur les vertus divines. Lors de l’accession au pouvoir de Savonarole et contrairement à Pic de la Mirandole, il resta en retrait dans la villa Careggi tout le long de sa république théocratique. Il y mourut un an après l’exécution du réformateur dominicain.

◆ Pour Ficin, les écrits d’Hermès sont d’origine égyptienne et d’époque mosaïque, ils dépassent ceux de Platon, qu’il qualifie de reflet lunaire du Soleil qu’est Trismégiste ; bien qu’il accorde à l’œuvre platonicienne le mérite de diffuser cette pensée. Dans l’argumentum de son Pymandre, il inscrit Hermès, fondateur d’Hermopolis et inventeur des "Lois et des Lettres", dans la chaîne initiatique de la prisca theologia, dont, récepteur de la mens divine, il forme le premier maillon théologique et où succèdent Orphée, Aglaophème, Pythagore, Philolaos de Crotone et Platon. Comme Augustin et Cicéron, il inscrit en outre Hermès Trismégiste dans une généalogie mythique : il le désigne comme le neveu de Mercure l’ancien, lui même neveu d’Atlas. De plus, afin de réhabiliter la révélation d’Hermès et l’insérer comme prophète annonciateur du christianisme, Ficin doit reprendre l’enseignement de Clément et s’appuyer sur Lactance afin de réorienter la position d’Augustin qui avait condamné les écrits du Trismégiste.

◆ Ficin est celui qui fit découvrir à l’occident des courants fondamentaux pour la renaissance : platonisme, néoplatonisme et hermétisme et il souhaite une renaissance de ces courants. De plus, reprenant et amplifiant les idées de Nicolas de Cues, il a élaboré sa propre doctrine à partir de l’étude des textes qu’il traduisait présentant une vision théosophique du cosmos, développant le thème de la lumière et exaltant la grandeur de l’Homme. Il étudiait de concert la Bible et les philosophes antiques, pensant que les deux courants étaient complémentaires et concordaient pour l’essentiel, l’un parlant de foi et d’amour et le second de connaissance. Pour Ficin, un mouvement naturel nous attire en Dieu car la nature Humaine fut élaborée pour Lui et non pour elle-même. Il élabora une théologie chrétienne avec la philosophie platonicienne et néoplatonicienne, il en résulte une œuvre où se mêlent apophatisme et ésotérisme.

◆ En outre, Ficin, s’intéresse aux sciences occultes. D’une part, s’inspirant d’Origène, il tente de réhabiliter la magie des égyptiens dans l’esprit de l’hermétisme chrétien. D’autre part, il aborde une astrologie médicale hermétique en évoquant l’influence des astres sur les humeurs et la maladie. Il indique ainsi la façon de lutter contre la mélancolie par l’influence de Vénus et Jupiter que le malade peut obtenir par l’intermédiaire d’éléments analogiquement correspondants dans les règnes inférieurs. Il gardera d’ailleurs toujours un intérêt pour la médecine qu’il considère, en s’appuyant sur les pratiques antiques, comme devant nécessairement s’accompagner de la pratique astrologique et comme indispensable à l’exercice de la prêtrise. Il ajoute à titre plus personnel dans l’introduction de sa Triple Vie qu’il s’est rapproché de Galien, médecin des corps, par l’intermédiaire son père biologique et de Platon, médecin des âmes, par celui de son père spirituel, Cosme de Médicis.

◆ Son influence sur l’ésotérisme occidental est décisive : il synthétise, élabore et extraie la discipline des corps de connaissance précédents, signant ainsi un nouveau départ dans un système spirituel complexe où la cosmologie, l’amour et la contemplation divine prennent une place importante. Aussi, les grands auteurs de la renaissance seront influencés par ses ouvrages.

● À la recherche de la copula mundi, il développe l’idée d’une anima mundi, porteuse des raisons séminales, qui assure unicité et cohésion, dynamisme et vie à l’univers au travers de son amour et de son imagination. Cette vis imaginativa, contrepartie organique et active du mens que l’on entraîne au moyen-âge à tout connaître via l’ars memorativa est à la fois levier magique et instrument de connaissance. Il estime en outre que toute vertu doit être réglée sur la capacité à favoriser la contemplation de Dieu. Il ajoute que tout amour que l’on puisse éprouver doit se confondre avec celui que l’on a pour ce même Dieu afin de réaliser une ascension : ici-bas dans les cas exceptionnels, sinon post-mortem.

● D’autre part, s’inspirant peut-être du Picatrix, il développe le thème du spiritus, véhicule des influx stellaires, offrant un cadre théorique à la magie renaissante astrologisante en bravant les interdits de la théologie médiévale. Ce spiritus substance éthérée, subtile et universel se manifeste à trois niveaux en tant qu’intermédiaire entre l’anima et le corpus et absorbe les influences astrales que le mage peut attirer et concentrer par l’intermédiaire des éléments des règnes de la nature. Au niveau microcosmique, le spiritus est une vapeur corporelle constitué des quatre humeurs et qui sert d’instrument à l’activité motrice, aux perceptions sensuelles et à l’imagination. Au niveau macrocosmique il est constitué de quintessence, l’aether supra-lunaire incorruptible. Il y a enfin les spiritus personnels, c’est-à-dire les δαίμονες planétaires.

↳ On trouve les implications pratiques de cette notion dans la troisième partie de son De triplici vita : Comment obtenir la vie du ciel. En s’appuyant sur Plotin (Ennéade, IV, 3:11) il justifie l’Asclépios et aborde la question de talismanie en indiquant que pour attirer le spiritus adéquate dans un talisman, il faut le constituer de la matière et des figures du monde lié à l’astre que l’on veut condenser. La théorie sous-jacente hésite entre magie naturelle et magie évocatoire, mais s’écarte en tout cas de la démonologie pour y affirmer une magie naturelle basée sur la compréhension du réseau analogique universel. Il aborde ensuite une magie musicale, orale et incantatoire dite orphique, où il est question d’accorder par mimétisme les proportions musicales aux proportions planétaires afin que par l’entremise de la vibration de l’air, on puisse influencer le spiritus microcosmique.

Œuvres choisies

Ouvrages

  • La fureur divine {De divino furore}, 1457.
  • De l’amour {De Amore} (Commentarium in Convivium Platonis), 1469. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Ce qu’est la lumière {Quid sit lumen}, 1476.
  • Comparaison Orphique du Soleil à Dieu {Orphica Comparatio Solis ad Deum}, 1479.
  • Théologie platonicienne de l’immortalité des âmes
    {Theologia Platonica cive de immortalitate animae}, 1482.
  • Commentaire sur le Timée {Compendium in Timaeum}, 1484.
  • De la triple Vie {De triplici vita}, 1489. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • attr. Liber de Arte Chemica in MS. Sloane 3638, XVI (𝕍 Méthodique bibliothèque chimique).

Traductions

  • Corpus Hermeticum (Hermès Trismégiste), 1471.
  • De Monarchia (Dante) ; 1476.
  • Epistolae familiares (Dante) ; 1476.
  • Les œuvres de Platon, 1491.
  • Les Ennéades (Plotin), 1492.
  • Plusieurs traités de Proclus, Jamblique, Synésios, Psellos,
    Denys l’Aréopagite, Priscien de Lydie et Porphyre de Tyr ; 1474 1497.

Citations

S’il n’y avait que ces deux choses au monde, à savoir l’entendement d’une part et le corps de l’autre, et que l’âme n’y fut point, alors l’entendement ne serait tiré au corps, (car il est du tout immobile, et est privé d’affection, principe de mouvement, comme étant fort éloigné du corps) ni le corps ne serait tiré à l’entendement, comme étant parfois sans efficace et aptitude au mouvement, et fort éloigné de l’entendement. Mais si l’âme y est interposée et conforme à l’un et à l’autre, lors facilement des deux parts, et à l’un et à l’autre se fera l’attraction […]
De la triple vie (Livre III, chapitre I, trad. Guy Le Fèvre de la Boderie, 1578.)
La beauté est la splendeur du visage divin.
De Amore
Comment se fait-il que rien ne soit plus obscur que la lumière, quand il n’y a pourtant rien de plus clair, puisqu’elle élucide et fait connaître clairement toutes choses ?
Quid sit lumen
Enfin, la lumière est pour ainsi dire un signe divin renvoyant l’image de Dieu dans ce temple qu’est le monde […]
Quid sit lumen
Dieu est une lumière infinie existant en soi et par soi en toutes choses et hors de toutes choses à travers l’infini.
Quid sit lumen
Rien n’est plus clair que la lumière et Dieu, et rien n’est plus obscur.
Quid sit lumen
La lumière est donc en quelque sorte plus spirituelle que corporelle, parce qu’elle se propage partout sans temporalité, parce qu’elle remplit les corps transparents sans les heurter et parce qu’elle se répands sur les corps grossiers sans se souiller.
Quid sit lumen
Le centre divin est en tout lieu, comme la vertu de Dieu distribuée en ses créatures est en chaque minime parcelle de l’Univers.