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Anges


sm.IV V
Culture chrétienne (byzantine)

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Culture chrétienne (romaine)

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Culture chrétienne (soudanaise)

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Culture chrétienne

1240
Culture chrétienne

pm.XIV
Maître de Fauvel

1420
Culture chrétienne

1512 1516
Matthias Grünewald

1566 1572
Giorgio Vasari & Federico Zucarri

1622
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m.XVII
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1800 1805
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1851
Émile Vernet

1896
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1898
Edgar Maxence

1903
Abbott Handerson Thayer

1905
George Hillyard Swinstead

1910
Franz Dvorak

1924
Herman Matzen
Contexte
Religion Abrahamisme
Date de stabilisation -VI (Torah)
Zone de vénération Occident
Fêtes consacrées Fête des saints anges gardiens (2 Octobre) [Catholicisme]
Fête des saints archanges (29 Septembre) [Catholicisme]
Fête des saints archanges (8 novembre) [Églises orthodoxes]
Œuvres choisies
où mentionnées
Torah
Nouveau Testament
La Hiérarchie Céleste (Pseudo-Denys l’Aréopagite)
InfluenceP.Grc. : Daímōn
Zor. : Amesha Spenta
Rapprochements
P.Égy. :Maât
Uraei
P.Sum. :Divinités apotropaïques
Sukkal
Statut
Ordre Esprit
Type Céleste
Polarité Neutre
Qualité Amour
Demeure ➧ Paradis
Physique ➧ Jeunesse
➧ Beauté
➧ Ailé
➧ Auréolé
➧ Linges liturgiques
Attributs ➧ Épée, lance, bouclier
➧ Objets liturgiques ou royaux
➧ Bâton, sceptre, globe
ReprésentantsMichel
➧ Gabriel
➧ Raphaël
Relations
Créateur :Dieu le Père
Protégés :Humains
Ennemis :Démons
Caractéristiques
Calligraphie localeGrc. : ἄγγελος
Heb. מַלְאָךְ
Romanisation ággelos, mal’ákh, anges
Transcription
littérale
Grc. : ἄγγελος (ággelos) {messager}
Fonctions ➧ Protège et entretient l’œuvre de Dieu
➧ Seconde les Hommes
➧ Combat le mal
Caractères ➧ Ferveur Assistance Aménité
➧ Protection Guide Intercesseur
➧ Lumière Pureté Gloire
Épithètes ➧ Esprits Saints
➧ Fils de Dieu
➧ Soldats des cieux

Description

Nature

I. Fonction

► De façon stricte, c’est-à-dire dans un contexte abrahamique — sujet de cette fiche —, les anges sont des entités spirituelles, incorporelles et célestes, individuelles et personnelles, dont la fonction est de véhiculer ou de symboliser les différentes extériorisations de la divinité transcendante sur le plan temporel. Serviteurs de Dieu, ils lui obéissent sans douter et le louent et le glorifient constamment, constituant sa cour. Théophanie de Dieu le Père, ils sont ses représentants et messagers, ministres et délégués, par lesquels il pense, dit ou fait quelque chose.

Ils peuvent avoir pour mission de protéger le fidèle, punir les mauvais ainsi que celle monter la garde à des endroits que Dieu leur aura indiqué (comme l’entée du Paradis). Leur nombre est considérable, ils sont des myriades : Un fleuve de feu coulait, sortant de devant lui ; mille milliers le servaient, et une myriade de myriades se tenaient debout devant lui. […] (Daniel, VII:10, on trouve aussi le terme en Hébreux, XII:22), composent une armée (Apocalypse, XIX:14), sont des saints (Daniel, VIII:13) et des fils de Dieu (Job, I:6).

↪ Plus spécifiquement, le rôle des anges est de servir d’intermédiaires entre la divinité et l’Homme. Ils aident ce dernier à se spiritualiser (par l’instruction, la guidance et la guérison) d’une part et d’autre part, ils apportent les messages de Dieu, puis, inversement, adressent les prières du fidèle au Très-Haut. Le Pseudo-Denys dans l’argument de sa Hiérarchie Céleste nous indique effectivement que Dieu ne se manifeste pas aux hommes directement et par lui-même, mais médiatement et par des ambassadeurs. Ils interviennent auprès des Hommes (toujours sous forme symbolique et fréquemment anthropomorphique si ils vus par des yeux Humains, 𝕍 Hiérarchie céleste, XV) par le biais d’un canal ascendant les reliant directement à Dieu, échelle symbolique que l’on trouve décrite in Genèse (XXVIII:12) : Il eut un songe : et voici, une échelle était posée sur la terre et son sommet touchait au ciel ; et voici, sur elle des anges de Dieu montaient et descendaient.

II. Substance

► Doués d’individualité (Aquin estime que leurs pensées sont impénétrables les uns pour les autres) d’intelligence et de volonté (les cathares nient notablement leur libre arbitre), les anges sont en outre plus parfaits que les créatures du monde physique : ils sont d’une part, subtils, purs (معصوم (maʿsūm) {impeccable} dirait-on dans l’islam), resplendissants, porteurs de vie céleste, et donc incorruptibles, immortels, non soumis à l’espace (ils peuvent se téléporter) et détachés des appétits charnels (ils majoritairement vus comme asexués).

Bien que subtile, la nature de ce qui compose leur substance est difficile à appréhender — doués de "chaire angélique" dirait Tertullien — on les voit cependant manger de la nourriture matérielle en Genèse XVIII:8, quoique en Tobie XII:19, Raphaël précise : Il vous a paru que je mangeais et buvais avec vous ; mais je me nourrissais d’un aliment invisible et d’une boisson que l’œil de l’homme ne peut atteindre. En outre, ils apparaissent et disparaissent de la vue humaine à volonté. Pour Augustin, les anges sont dotés d’un corps éthéré ayant la capacité de devenir un corps matériel. En dehors des spéculations théologiques, de nombreuses légendes basées sur la piété populaire viennent bien sûr nourrir les considérations sur la nature des apparitions des anges. Nonobstant, Aquin dans in Somme (Q50 : La Nature des anges), nous confie que les substances angéliques étant supérieures à notre intelligence, celle-ci ne saurait les appréhender selon ce qu’elles sont en elles-mêmes.

III. Puissance

► D’autre part, les anges possèdent une puissance supérieure dans la mesure où ils sont plus clairvoyants et peuvent contrôler la matière voir entretiennent sa bonne marche par l’intercession de la puissance divine.

Pour Clément notamment, influencé par la cosmologie hellénistique, ils sont à l’origine de la combustion des étoiles et contrôlent les éléments. L’idée d’un cosmos dont les sphère supérieures sont animées par les anges sera reprise au XII par la Cosmographie de Bernard Silvestre ou le Livre Fleuri de Lambert de Saint-omer. Dante ajoutera d’ailleurs dans son Banquet (VI) : Il est donc raisonnable de croire que les créatures motrices du ciel de la lune sont des anges ; et ceux de Mercure des archanges. Ceux du ciel de Vénus sont les trônes, lesquels participant à l’amour du Saint-Esprit, accomplissent leur œuvre d’une manière conforme à la nature de celui-ci, œuvre qui consiste dans le mouvement de ce ciel plein d’amour ; duquel il tire la vertu qui est sienne de communiquer la flamme de l’amour aux êtres d’ici-bas, selon leurs diverses inclinaisons.

Origène, Ambroise et Augustin vont plus loin, estimant même qu’un ange est dévolu à toute forme d’existence (des éléments aux astres, des insectes aux Hommes, des villages aux nations) et constituant sa providence particulière ayant pour objet de le faire converger avec les autres existences vers la gloire divine. Les scolastiques préférerons se montrer plus prudents et dédicacer un ange pour chaque espèce seulement.

↪ Ces interventions angéliques lorsqu’elles concernent une modification observable des lois de la nature, peuvent se manifester soit par une action miraculeuse et immédiate, soit par l’intermédiaire des agents de cette même nature. Les anges sont par ailleurs tenu pour pouvoir agir sur les sens de l’Homme afin de communiquer avec lui de façon plus ou moins directe, soit qu’ils puissent susciter en lui des images, soit qu’ils puissent ôter celles qui font obstacle à ce qu’ils désirent faire percevoir.

Notes

■ Le sujet étant particulièrement ramifié et dense, nous vous proposons la fiche la plus synthétique et circonscrite possible. Nous nous focaliserons ainsi sur l’abrahamisme, ses affluents et ses ramifications, relativement à ce contexte. Le christianisme fera en outre l’objet d’un examen plus minutieux. Les comparaisons et analogies, ex. avec des entités comme les banshee celtiques (qui visitent le monde humain sous la forme de cygnes), les valyries scandinaves, les अप्सरा (apsara) hindoues ou encore les tennin 天人 {entités paradisiaques} japonais, tout aussi productives que hasardeuses seront donc écartées. Pour un parallèle avec le védisme, 𝕍 tout de même Angel and Titan: An Essay in Vedic Ontology in Journal of the American Oriental Society (55, 4 pp. 373-419), Ananda Coomaraswamy, 1935. Nous étendrons cette fiche, notamment sur l’aspect ésotérique et occultiste, DOPoFD.

Pour plusieurs articles stimulants sur le thème de l’ange et l’angélologie, pensez à 𝕍 L’Ange et l’Homme (coll. Cahiers de l’hermétisme), 1978, Collectif (Davy, Corbin, Gorceix…).

Identification

I. Origine des anges

► L’origine de l’existence des anges fait l’objet de spéculations diverses : si certains les voient comme des émanations divines plus ou moins provisoires, d’autres comme Swedenborg les identifient à des âmes humaines méritantes auquel dieu assigne des fonctions, vision comparable à la métempsycose orientale où un être peut également devenir divin en fonction de son कर्म (karma) et renouant avec un certain culte des ancêtres. En effet, les ancêtres, parfois sous forme fantomatique jouaient et jouent parfois encore (notamment dans le shenisme) un rôle d’intercesseur proche de celui des anges dans de très nombreuses cultures tant occidentales qu’orientales.

II. Anges saints et anges déchus

► Les anges peuvent être soit saints et bons, soit déchus et mauvais. La position des anges déchus varie notablement selon les points de vu. Pour Philon par exemple, qui s’inspire vraisemblablement de Posidonios d’Apamée, les anges, qu’il assimile aux daïmons grecs, peuvent être de nature bienfaisante ou malfaisante, mais les mauvais anges sont subordonnés aux bons. Ce qui distingue les bons anges des mauvais sont d’abord leur supériorité morale, ensuite leur sapience, enfin leur puissance. En effet, contrairement à leurs homologues sombres, ils sont remplis d’humilité et, unis à la volonté de Dieu, ne sauraient se subordonner aux caprices des Hommes que ce soit par envie ou par manque de pouvoir.

Aussi, il serait vain de tenter de les contraindre ou de les emprisonner et insolent autant que sans aménité que de vouloir leur adresser des ordres. En effet, bien que présents pour le bien de l’Homme (saint Paul dit des anges : Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés comme serviteurs pour le bien de ceux qui doivent recevoir l’héritage du salut ? (Épître aux Hébreux, I:14)), ils sont formellement supérieurs à lui puisque résolus en Dieu mais cependant destinés à être dominés par l’Homme accomplit (Hébreux, II:7 : Vous l’avez abaissé (l’Homme) pour un peu de temps au-dessous des anges et I Corinthiens, VI:1 : Ne savez-vous pas que nous (les saints) jugerons les anges ?). C’est la raison pour laquelle on interagit avec ces entités par la supplique, non par la menace, qu’ils sont attirés par la sincérité et la noblesse des intentions et non par l’envie et l’égocentrisme des pulsions.

↪ Grégoire Ier (Morales sur Job, II:3) précise : Jamais les anges ne s’éloignent extérieurement de la vision de Dieu au point d’être privés des joies de la contemplation intérieure. Si, dans ces missions, ils perdaient la vision de leur créateur, ils seraient incapables de relever ceux qui sont tombés et d’annoncer la vérité à ceux qui l’ignorent ; ils ne pourraient aucunement offrir aux aveugles cette source de lumière, qu’eux-mêmes auraient perdue en s’en éloignant. La nature angélique diffère actuellement de la nôtre en ce que nous sommes circonscrits dans un lieu et bornés par notre ignorance aveugle ; les esprits angéliques, eux, sont bien aussi, à la vérité, circonscrits dans un lieu, mais leurs connaissances sont incomparablement plus étendues que les nôtres. Par elles, on peut dire qu’ils sont agrandis intérieurement et extérieurement, parce qu’ils contemplent la source même de toute connaissance. Que peuvent-ils ignorer de ce que l’on doit connaître, eux qui connaissent celui qui sait toutes choses ? Aussi leur science, en comparaison de la nôtre, est immense ; en comparaison de la science divine, cependant, elle est bien petite. De même, en comparaison de nos corps, ce sont des esprits purs ; mais en comparaison de l’Esprit suprême et sans limite, ce ne sont que des corps. 𝕍 aussi ses Homélies sur les Évangiles, 34 où Grégoire digresse longuement sur les anges. Notez qu’à partir de Ézéchiel 28:18, Grégoire dresse un parallèle entre les anges, les pierres précieuses et leur pureté spirituelle.

III. Iconographie typique

► Concernant leur iconographie, l’apparition des ailes sur les anges (comme du nimbe) ne date que du IV. Avant cela, au III, l’ange était simplement figuré avec une apparence juvénile vêtue d’une tunique et du pallium. Le fait de faire figurer des ailes à des êtres afin de symboliser leur nature subtile est une pratique que l’on peut faire remonter jusqu’à celle des anciens égyptiens qui faisaient figurer Heru-Behdeti à Edfou sous la forme d’un disque ailé. Cette iconographie des ailes se retrouve également chez Maât, déesse de l’ordre cosmique, de la vérité, de justice et de la vertu. Ce symbolisme des ailes figure la protection et sa plume de vérité (une plume d’autruche) qu’elle porte au chef, sert a déterminer la pureté de l’âme lors du jugement de l’âme.

Histoire

I. Universalité typologique

► Dans tous les systèmes religieux (y compris dans les cultures non alphabétisées), l’Homme à toujours admis l’existence d’êtres subtils qui, dotés de pouvoirs relatifs à leur condition, ont également des intentions, favorables ou défavorables envers lui. Dans la mesure où, pour la pensée traditionnelle en général et ésotérique en particulier (notamment pour l’occident, l’orphisme, le pythagorisme et le néoplatonisme), aucun saut ontologique ne saurait exister entre l’Humain et le divin et qu’une continuité doit être assurée à chaque degré, ces multiples entités, d’une dignité hiérarchique plus ou moins grande et aux caractéristiques propres, sont tenues pour faire office d’intermédiaire et assurer la médiation entre le plan sacré, spirituel et transcendant des causes et celui profane, matériel et temporel des effets, que ce soit dans le sens ascendant ou descendant.

Chaque stade hiérarchique (systématisés et développés avec force de complexité et de subtilité dans le gnosticisme) correspond dans cet ordre d’idée à une réalité et un niveau de conscience spécifique, tout comme chaque typologie correspond à une voie d’accès au sacré, à l’Un. Vis à vis de ces entités intermédiaires, on trouve notamment la preuve de leur existence dans les pratiques des peuples de l’antiquité classique par la présence des noms de pouvoir (tirés de la glossolalie ou des religions orientales) figurant sur les lamelles et tablettes de défixion et d’exécration, sur les papyrus gréco-égyptiens de l’époque alexandrienne ainsi que sur les amulettes (comme les célèbres intailles magiques).

Dans les systèmes cosmologiques plus complexes, l’univers est séparé en plus de deux parties (le fractionnement tripartite est évidemment répandu en occident) et les entités sont réparties parmi ces différents plans d’existence, parfois même inférieurs à celui de l’Homme. Si la pensée autour de ces entités est universelle et attire attention autant des milieux savants que populaires, c’est parce que les réflexions et méditations autour de leur nature, de leur rôle et de leur rapport avec les Hommes, intéresse particulièrement les sujets fondamentaux de la cosmogonie, la cosmologie et l’eschatologie. Les religions abrahamiques ont pour spécificité de polariser ces entités subtiles en deux catégories morales distinctes et opposées, les autres systèmes religieux délivrant des oppositions moins franches et plus ou moins nettes selon les entités concernées.

↪ Cependant, au-delà des dénominations, des hiérarchies et des mythes afférents qui sont associés à chaque système et à chaque entité, la nature et surtout la fonction fondamentale de ces esprits demeure identique sinon comparable. Aussi, dans les religions abrahamiques, les anges se substituent, avec les différents saints, aux dieux et aux génies favorables. En occident et avec l’avènement du christianisme, la figure angélique supplante progressivement celle du daïmon (ce n’est pas une superposition comme en orient, intégrations d’entités mythiquement exprimées par une soumission au Dieu dominant ou une reconnaissance de la sagesse supérieure du nouveau prophète). Néanmoins, comme nous l’indique le célèbre mot d’Augustin : […] les anges sont des esprits ; mais ils ne sont point des anges par cela même qu’ils sont des esprits ; ils ne le deviennent que quand ils sont envoyés ; car le nom d’ange désigne un ministère, et non une nature. Tu cherches le nom de cette nature, c’est celui d’esprits ; le nom de leur ministère, c’est celui d’anges. Exister, pour eux, c’est être esprits ; agir, c’est devenir anges (Commentaire sur les Psaumes, 103(1):15) insistant sur le rapport de subordination qui doit lier l’entité à une autre plus puissante (ici le Dieu le Père) pour mérite le titre "d’ange".

Il faut toutefois noter l’intervention d’inversions quant aux attributions morales en fonction des réformes théologiques : les entités positives devenant négatives (ou se contentant de dégénérer dans le folklore) et parfois, les négatives devenant réciproquement positives. Un tri peut également être parfois opéré et certaines entités autrefois dans le même groupe ne connaissent pas un destin théologique semblable. Le cas le plus représentatif est celui des positions respectives des asuras et des devas dans le panthéon védique et mazdéique. Cependant l’abrahamisme n’est pas sans cas limites de transfuges à commencer par la déchéance des anges déchus dont le statut est parfois mal tranché ou même la situation ambivalente de Satan.

Un exemple biblique de ce remplacement progressif de divinités par d’autres est celui du puits de Lahaï-Roï (Genèse, 16:14), subordonné pour l’auteur biblique hénothéiste, au dieu d’Abraham. À cette époque il eut effectivement été conçu comme absurde de nier subitement l’existence de forces, autres que celles de Yahvé, interférant avec l’Homme (le monothéisme est plus affirmé -VII à la chute des royaumes de Samarie et de Juda).

II. Archétypes historiques

► On peut estimer que les Anunnaki et/ou Igigi de l’Enūma eliš (-XII) sont le prototype le plus ancien des anges. Les sept Apkallu demi-dieux civilisateurs sont fréquemment représentés ailés. Les sukkal {vizirs} étaient des entités dévolus à une divinité qui faisaient office d’envoyés (comme Ninshubur pour Inanna) parfois appréhendés par les assyriologues comme des hypostases des actions divines. Les divinités protectrices et apotropaïques mésopotamiennes tel le alad et la lama (connus chez les akkadiens comme shedu et lamassu puis chez les babyloniens comme l’aladlammû et l’apsasu), ainsi que le karibu {celui qui communique la prière} (à l’origine du terme heb. כרוב (kerūv qui donnera le lat. cherub) enfin, sont des entités d’essence divines qui, placés au montant des maisons et devant les temples, sont des esprits gardiens qui protègent les lieux et accompagnent une personne hors de son foyer pour la prémunir des dangers.

↪ Dans le zoroastrisme, les Amesha Spenta (ex. Vohu Manah tient le même rôle pour Zoroastre que Jibrā’īl {Gabriel} pour Mahomet), les hamkars, les daēnā et les fravaṣ̌i du zoroastrisme (-VII) précisent ensuite ces notions. Durant la période sassanide, les textes font référence à un mysticisme basé sur l’intériorisation des Amesha Spenta : il s’agissait de "faire une maison pour les dieux dans le corps" par le truchement de la vertu éthique et morale et du rituel magique du sacrifice efficace, pratique aboutissant à une "angélisation" du fidèle. On a également rapproché l’iconographie et la fonction des anges des uraei, cobras lumineux protecteurs de Rê. Du reste, il est vraisemblable que le culte des anges fut d’abord propagé en occident par le paganisme sémitique puis plus tard par le mithraïsme.

↪ Bien avant l’influence des mages hellénisés comme Ostanès, on a voulu voir dans l’antiquité grecque l’intervention d’Aphrodite protégeant Énée comme étant le prototype littéraire d’une intervention angélique pleine d’affection en faveur d’un mortel. Les lares et les pénates romains sont l’exemple le plus connu de divinités protectrices du foyer, les lares sont figurés comme des jeunes gens joyeux. Le culte de Sabazios, vraisemblablement influencé par le judaïsme, faisait intervenir un angelus bonus chargé de conduire les disciples au séjour des bienheureux (Cumont fait noter que outre les célèbres Fresques du tombeau de Vincentius dans l’Hypogée de Vibia, la mention de cet ange ne se trouve guère que sur un autel chez les hypsistariens).

↪ À l’époque de Posidonios d’Apamée (-I I) qui s’est beaucoup occupé de "daimonologie" et qui peut être considéré comme le père de l’angélologie grecque, Agathodaimôn, patron d’Alexandrie durant la période romaine, présente des caractéristiques angéliques. Porphyre (III IV) dans son Du retour de l’âme, sera l’introducteur de l’angélologie dans le néo-platonisme, il séparera nettement les anges des daimons en établissant une domination des premiers sur les seconds, la résidence des premiers étant dans l’aether et des seconds dans l’air, région sublunaire. Après lui, Jamblique (Mystères d’Égypte) comme Plotin, spéculeront sur ces entités messagères des dieux. Le néoplatisme de Jamblique et Proclus aboutira à une hiérarchie spécifique : Un, dieux (intelligibles, intellectifs, hypercosmiques puis encosmiques), archanges, anges, daïmons, archontes directeurs, âmes humaines (héros puis désincarnés). Pour des pistes sur l’angélologie antique 𝕍 Les anges du paganisme in Revue de l’histoire des religions (72 pp. 159-182), Franz Cumont, 1915.

Judaïsme

I. Occurrences dans l’Ancien Testament

► De nombreux passages font intervenir les anges dans l’Ancien Testament. Lorsqu’Adam et Ève eurent péché, ce fut un chérubin, comme nous l’avons déjà vu, qui obstrue le passage vers le jardin d’Eden (Genèse, III:24). Ensuite, trois anges (Pour Augustin dans sa Cité ils figurent la trinité) apparaissent à Abraham (XVIII:2-10), un autre conseille et console Agar au puits de Beër (XVI:8-12, XXI:17), deux anges sauvent Loth et sa famille de la destruction de Sodome (XIV:18), un ange arrête le bras d’Abraham sur le point de sacrifier Isaac (XXII:11-12) et un autre lutte avec Jacob (XXXII:25). Un ange encore paraît à Moïse dans le buisson ardent (Exode, III:2) et protège les israélites contre la marche de Pharaon (Exode, XIV:18). Un ange portant une épée arrête le devin Balaam (Nombres, XXII:22-35), un autre apparaît sous la forme d’un homme avec une épée dégainée à (Josué, V:13-15) et c’est un ange encore qui nourrit Élie au désert (I Rois, XIX:4-8). Un mystérieux cavalier blanc secourt les Machabées dans le combat (2 Machabées, XI:8) et de même, des anges défendent le temple de Jérusalem contre Héliodore (2 Machabées, III:25-26).

Angélologie et démonologie deviennent des sujets plus importants dans le judaïsme après la période de la captivité à Babylone (-VI) qui put mettre en contact judaïsme et zoroastrisme, qui se combinèrent avec l’apport égyptien et celui de l’astrolâtrie sabéenne. Malgré la réticence des gueonim qui craignent la personnalisation d’hypostases (le Talmud professe d’évoquer Dieu et non Mikael ou Gabriel en cas de malheur), le judaïsme talmudique devient le creuset de spéculations autour d’entités qui, au travers d’une topographie mystique, peuplent le ciel, gardent le trône de Dieu et donc la gnose qu’il convient d’obtenir en écartant les gardiens par des rituels et des formules. À la différence des sadducéens, c’est un sujet qui devient fort important pour pharisiens et surtout les esséniens (-II), le Hénoch (Livre d’) ayant été vraisemblablement écrit dans cette communauté. La Règle de la Guerre, manuscrit eschatologique de Qumrân indique en IX:15 : Et sur tous les boucliers des tours / on écrira: sur le premier Mi[chel le Prince, sur le deuxième Gabriel, sur le troisième] Sariel, sur le quatrième Raphaël..

Hénoch éthiopien, source importante de l’angélologie, rapporte l’histoire de la chute des anges qui désirent les filles des Hommes : […] les anges, fils des cieux, les virent, et ils les désirèrent (VI:2). Le texte dit que ces anges sont au nombre de deux cent et voulurent se marier avec les filles des hommes. Il nomme deux-neuf anges, le prince et les chefs de dizaines (VI:7). De ce mariage vinrent […] au monde de grands géants dont la hauteur était de trois mille coudées qui sont gloutons, violents et insatiables. Et ces anges sensuels (Azazel en particulier) enseignèrent aux Hommes la magie, les sciences et les arts, tout cela causa du désordre et de l’injustice dans le monde : Et maintenant voici que les âmes de ceux qui sont morts crient et se plaignent jusqu’aux portes du ciel ; et leur gémissement est monté, et il ne peut sortir devant l’injustice qui se commet sur la terre (IX:4). Dieu ordonne alors à Asaryalyor (Uriel ?) d’aller voir Noé pour le prévenir du déluge qui va advenir. À Raphael de jeter pieds et poings liés Azazel dans la géhenne et de guérir la terre. À Gabriel de semer la discorde entre les les réprouvés afin qu’ils s’entre-tuent. À Michel enfin, il ordonne de se saisir de Sémireas et des anges compromis, de les neutraliser pour 70 générations, jusqu’au jour du jugement ou ils iront en enfer. 𝕍 La chute des anges in Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses (7, 4 pp. 295-315), Adolphe Lods, 1927. Lien vers le document sur Persée

↪ La création des anges serait fixée au second jour de la création ou au cinquième (rabbis Yoḥanan et Ḥanina) ou bien (c’est l’avis de Yehochoua ben Hanania) Dieu les crée ou les régénère continuellement à partir d’une nehar di-nur {rivière de feu}. Aussi, pour Halevi comme Maïmonide, il faut distinguer les anges périssables et ceux qui sont éternels comme‎ מי כאל (Mīkāʼēl) et גַּבְרִיאֵל (Gaḇrīʾēl). D’autres rabbins estimaient qu’ils se génèrent entre eux : par exemple Michael, lui étant supérieur, aurait créé Gabriel. La substance angélique serait composée moitié d’eau et moitié de feu.

↪ Lorsque Yahvé Sabaoth {des armées, hôtes} inventa l’Homme, certains anges, qui sont également ses fils (Genèse, VI:2), louèrent cette création tandis que d’autres la blâmèrent car ces derniers prévoyaient qu’Adam pêcherait par la femme. Dieu soutint l’excellence de son ouvrage : les Hommes le loueraient sur Terre comme les anges dans les cieux et Adam connaissait le nom de chaque créature ce qui ne fut pas le cas des anges. Il prévint en outre, que ces anges sceptiques pêcheraient eux aussi et ce, par les filles des Hommes. Samaël, pressé de voir l’Homme chuter, alla sur terre et, prophétie autoréalisatrice, séduit Ève au travers du serpent, plus subtil des animaux.

► Pour judaïsme les anges, jouissent perpétuellement de la splendeur de la שכינה shekhinah et sont libres du yeẓer ha-ra {mauvais penchant}. D’abord dans le mysticisme juif médiéval et le hassidime puis dans la croyance populaire, le plus grand de tous les anges est מֶיטַטְרוֹן (Mīṭṭaṭrōn) (Haguiga (Bab. II:15a)). Dans sa מִשְׁנֵה תּוֹרָה (Mishneh Torah) {Répétition de la Torah}, Maïmonide prétend que l’ancienne tradition juive comptait dix degrés ou ordres d’anges : Chayot, Ophanim, Erelim, Hashmallim, Seraphim, Malakhim, Elohim, beni Elohim, Cherubim et Ishim.

II. Folklore

► Plusieurs mythes émaillent naturellement la religion juive. Par exemple, Sept anges sont présents sur le chemin de la mort spirituelle : ils se positionnent par paires près du seuil de chaque porte, qui, au nombre de quatre, représentent symboliquement le pas de plus vers la destruction. Ils avertissent le pêcheur : "Repends-toi", "Dieu te haïra", "Tu seras effacé du livre de vie" et "Attend ici que Dieu vienne te sauver". Le quatrième seuil franchi, aucun retour n’est possible. De même, dans le folklore juif, chaque Homme possède auprès de lui deux anges : l’un (dit bienveillant) le garde et l’autre (dit mauvais) examine ses actions. Le jour de Sabbat, au retour de la synagogue, les anges examinent si la maison est rangée ou en désordre et, quoique l’ange gardien souhaite l’ordre et l’examinateur le désordre, ils inclinent à ce que l’état de la maison soit semblable la fois suivante. Un autre point qui semble folklorique (nous n’avons pas pu déterminer la source) estime qu’il existe un second type d’anges, les "anges du ministère" qui sont moins subtils que les anges tout à fait spirituels : ils possèdent un corps de feu et sont sexués. Certains donnent et d’autres reçoivent.

III. Qabbale

► La qabbale se développe à partir du premier chapitre de la Genèse, notamment la lutte entre Jacob et l’ange (Genèse XXXII:25), et bien sûr, Ézéchiel (stt. I). Dans la Littérature des Palais avec les célèbres ספר היכלות (Sefer hekhalot) {Livre des Palais} dit Hénoch Hébreu (V) et les Sefer ha-Razim {Livre des Mystères} (VII) la mystique du voyage céleste et la magie rituélique à forte composante linguistique se lie à l’angélologie hébraïque qui dès lors, multiplie les noms d’anges préposés à toute sorte d’objets. Aussi, les anges sont de première importance dans la qabbale, puis dans la magie cérémonielle judéo-chrétienne puisque le commerce avec ces entités offre la possibilité de se mettre en rapport avec la source primaire de la gnose et du savoir ainsi que de soumettre les forces du cosmos.

► Le Zohar apporte notamment des indications relatives aux archanges reçus par Abraham (Genèse, XVIII:2-10) relativement à l’étymologie de leur nom : Gaḇrīʾēl est l’ange de l’humilité, il apporte la force et le courage. Il brise les orgueilleux et suintant de l’eau bénite, il contrarie les actions démoniaques. Mīkāʼēl, gardien des enfants d’Israël, ravive la foi dans le cœur de l’Homme par l’intermédiaire de son feu sacré. רָפָאֵל (Rāfāʾēl), ange associé à l’air et donc à l’esprit, guérit les maladies tant physiques que spirituelles. Uriel éclaire les Hommes pieux prêts à sacrifier.

► Pour les qabbalistes il existe 72 anges sur l’échelle de Jacob. Ces anges règnent, par l’intermédiaire de la pensée analogique, sur chaque sephira et sont associés à des noms divins et des planètes, des mois, heures et jours. Les anges recteurs de chaque sphère, associé à leur nom divin et à leur planète sont : Mettatron (Jehovah, premier mobile), Masleh (Jah, zodiaque), Sabbathi (Ehjeh, Saturne), Zadkiel (El, Jupiter), Galmaliel (Elohi, Mars), Raphael (Tsebaoth, Soleil), Michael (Elion, Mercure), Haniel (Adonai, Vénus), Gabriel (Shaddai, Lune), Jesodoth (Elohim, Terre).

↪ Le cosmos qabbalistique est composé de neuf chœurs angéliques (Les אישים (ischim), âme humaines glorifiées associées à מלכות (malkuth) ne comptent pas) qui se partagent entre les 72 anges principaux qui eux-mêmes correspondent aux 72 lettres du Shem HaMephorash du ספר רזיאל ה מלאך (Sefer Raziel HaMalakh). Il est lui-même tiré de Exode (14:19–21), passage manifestant vigoureusement la puissance de Dieu : L’ange de Dieu, qui marchait devant le camp d’Israël, partit et alla derrière eux ; et la colonne de nuée qui les précédait, partit et se tint derrière eux. / Elle vint se mettre entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël, et cette nuée était ténébreuse d’un côté, et de l’autre elle éclairait la nuit ; et les deux camps n’approchèrent point l’un de l’autre pendant toute la nuit. / Moïse ayant étendu sa main sur la mer, Yahweh refoula la mer par un vent impétueux d’orient qui souffla toute la nuit ; il mit la mer à sec, et les eaux se divisèrent.

En hébreu, chaque verset est composé de 72 lettres. En lisant en boustrophédon chaque lettre successive des trois versets simultanément on peut faire résulter 72 mots de trois lettres. Ces 72 mots mots figurent ainsi un attribut de dieu et sont en lien par groupe de cinq avec un des degrés du zodiaque (à ce propos 𝕍 la Science kabbalistique de Lenain). Les suffixes יָה (iah), féminin, ou אֵל (el), masculin, ajouté à des mots forme un nom angélique selon le De l’Art cabalistique (1517) de Reuchlin.

↪ Plusieurs hiérarchies angéliques furent bien sûr proposées par les qabbalistes (maître entre parenthèses) :

Zohar (Exode, 43) : Seraphim (Jehoel), Ophanim (Raphaël), Cherubim (Cherub), Shinannim (Zadkiel), Tarshishim (Tarshish), Hashmallim (Hashmal), Malakhim (Uriel), Bene Elohim (Hofniel), Ishim (Zephaniah), Erelim (Michael).

מסכת אצילות (Masseket Azilut) : Seraphim (Shemuel ou Jehoel), Ophanim (Raphael et Ophaniel), Cherubim (Cherubiel), Shinanim (Zedekiel et Gabriel), Tarshishim (Tarshish et Sabriel), Ishim (Zephaniel), Hashmallim (Hashmal), Malakhim (Uzziel), Bene Elohim (Hofniel) et Erelim (Michael).

ספר ברית מנוחה (Berit Menuchah) : Seraphim, Ophanim, Cherubim, Shinanim, Tarshishim, Hashmallim, Malakhim, Bene Elohim, Ishim et Erelim.

ראשית חכמה (Reshit Chochmah) : Chayot Ha Kodesh, Ophanim, Seraphim, Cherubim, Erelim, Tarshishim, Hashmallim, Elim, Malakim et Ishim.

Christianisme

I. Occurrences dans le Nouveau Testament

► Des passages tout aussi nombreux témoignent également de la présence angélique dans le Nouveau Testament et ce dès le début des Évangiles. Leur rôle cependant est mis au second plan au bénéfice de celui du Christ. Ils sont d’abord en étroite relation avec la figure christique puis avec les Actes, se manifestent aux apôtres afin de leur venir en aide. Chez Luc, Gabriel avertit Zacharie de la naissance de Jean le Baptiste (Luc, I:11-20) : (Jean) sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni rien qui enivre, car il sera rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère. / Il convertira beaucoup d’enfants d’Israël au Seigneur leur Dieu. et fait don de l’annonciation à Marie (Luc, I:26-38) : (Jésus) sera grand, on l’appellera le Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. Et encore, en II:9-14 un ange avertit les bergers de la naissance du Christ et une milice céleste chante : Gloire, dans les hauteurs, à Dieu ! Et, sur la terre, paix aux hommes, Objet de la bienveillance divine !. De même, chez Matthieu, Joseph est averti par un ange de la naissance de son fils : Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; car il sauvera son peuple de ses péchés. (Matthieu, I:20-23). En II:13 un ange avertit Joseph : Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, fuis en Égypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car Hérode va rechercher l’Enfant pour le faire périr. Marc dès I:12-13 nous dit que Et aussitôt L’Esprit poussa Jésus au désert. / Et il y demeura quarante jours, tenté par Satan ; il était parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient (seule mention d’une intervention angélique durant le ministère public de Jésus). Un ange est également présent pour fortifier Jésus à Gethsémani : Alors lui apparut du ciel un ange qui le fortifiait. (Luc, XXII:43) et un autre qui ressemblait à un éclair est présent pour renverser la pierre du tombeau du Christ et avertir de sa résurrection : Il n’est point ici ; il est ressuscité comme il l’avait dit (Matthieu, XXVIII:2-7). Après la passion, les anges sont toujours présents : un ange délivre les apôtres (Actes, V:19-21) puis saint Pierre est de même libéré de la prison du roi Hérode (Actes, XII:6-10), un autre épaule Philippe afin de baptiser l’eunuque (VIII:26) et le téléporte : l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus […] il se trouva dans Azot (VIII:39).

II. Mystique

L’existence des anges est un article fondamental de la foi chrétienne. Les saints anges gardiens sont fêtés le 2 Octobre par le catholicisme et à l’échelle de l’Église depuis 1670. Le 29 septembre (jour de la Saint-Michel) sont par ailleurs fêtés les saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël. Il s’agit du 8 novembre pour les Églises orthodoxes d’Orient qui fêtent également ce jour les saints archanges. Au V Léon Ier sermonne déjà : Affermissez vos amitiés avec les saints anges. Justin de Naplouse dans son Apologie des chrétiens (VI) à Antonin dit : […] Voici le Dieu que nous adorons, et avec lui son fils qu’il a envoyé et qui nous a instruits, et enfin l’esprit prophétique ; après eux, l’armée des bons anges, ses satellites et ses compagnons reçoivent nos hommages. Devant eux nous nous prosternons avec une vraie et juste vénération. Voilà ce culte tel que nous l’avons appris et tel que nous sommes heureux de le transmettre à tous ceux qui sont désireux de s’instruire Dans sa Supplique au sujet des chrétiens (X). Athénagore pour sa part écrit : Et notre doctrine théologique ne s’en tient pas encore là ; mais nous disons qu’il y a aussi une foule d’anges, de ministres, que le créateur et démiurge du monde, Dieu, par l’intermédiaire du Verbe qui vient de lui, a répartis et ordonnés, pour qu’ils s’occupent des éléments, des cieux, du monde et de ce qui est en lui, et de leur harmonie. 𝕍 L’ange du haut Moyen Âge occidental in Médiévales (15 pp. 31-49), Philippe Faure, 1988. Lien vers le document sur Persée

↪ Sans surestimer son rôle dans la mystique chrétienne qui n’est pas capital dans son volet théorique, la thématique de l’ange, dont l’angélologie demeure naturellement fort christocentrée (Dans la mesure où Matthieu, 26:53 : Penses-tu que je ne puisse pas sur l’heure prier mon Père, qui me donnerait plus de douze légions d’anges ?), revêt cependant une importance certaine dans la mystique pratique.

► D’abord liée au développement du monachisme, l’ange, créature surpassant le monde matériel et toujours tournée vers Dieu, est appréhendée comme le pinacle de la vie monachique et un idéal de vie spirituelle qui se veut à l’imitation de l’angelikos bios {vie angélique}. Aux cotés des considérations angélologiques augustinienne, l’ouvrage fondamental pour l’angélologie occidentale est la Hiérarchie céleste (VI) du Pseudo-Denys, ouvrage complexe qui fait autorité depuis sa propagation dans l’Église à partir du IX (vers 827 il est traduit en latin par Hilduin de Saint-Denis mais surtout traduit et commenté par Érigène vers 860).

↪ Il faut cependant remarquer que, précocement dans l’histoire du christianisme, sans doute des suites de l’hérésie du prédicateur Aldebert déjà mentionné au synode de Soissons (744), se remémorant peut-être les Angélites (monophysites du III IV qui rendaient un culte aux anges) mentionnés par Augustin et en vertu de Colossiens, II:18 (Qu’aucun homme ne vous fasse perdre la palme du combat, par affectation d’humilité et de culte des anges, tandis qu’il s’égare en des choses qu’il n’a pas vues, et qu’il s’enfle d’un vain orgueil par les pensées de la chair) ou Apocalypse XIX:10 : (Je tombai alors à ses pieds pour l’adorer ; mais il me dit : "Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui gardent le témoignage de Jésus. Adore Dieu."), le Concile d’Aix-la-Chapelle (789) rappelle que : Conformément au canon trente-cinquième de Laodicée (364), on ne doit invoquer que les anges dont les noms sont connus : Michel, Raphaël et Gabriel sont seuls dans ce cas. Cette décision, reprise dans l’Admonitio generalis de Charlemagne faisait suite au Concile de Latran (745), et exclut l’archange Uriel pourtant populaire.

↪ Nonobstant cette acte de prudence point toujours observé par les clercs lettrés, l’angélologie médiévale appréhende le rapport à l’ange, non seulement comme la communion religieuse et mystique entre le fidèle et la source de la connaissance divine, mais aussi, de façon plus technique, ésotérique, et conforme à la vision de l’antiquité classique, comme une représentation des différents états de conscience et des opérations nécessaires qui sont liés aux stades composant chaque barreau de l’échelle de Jabob qui mènent à Dieu. Les antiennes grégoriennes chantées à la fin de la cérémonie des funérailles In paradisum et Chorus angelorum témoignent à propos de ce rôle de guide vers le divin : In paradisum deducant te angeli {Que les anges te conduisent au paradis} et Chorus angelorum te suscipiat {Que le chœur des anges te reçoive}. Mentionnons également que l’hagiographie et le folklore livrent nombre d’histoire et d’anecdotes narrant des angélophanies, que ce soit sous forme physique ou durant le rêve. Le monde irlandais et anglo-saxon médiéval est particulièrement riche de ces considérations où l’ange se fait initiateur et guide dans la vie mystique.

► Au XII, par l’intermédiaire de l’œuvre de Bernard de Clairvaux qui, très influent, s’appuie sur la hiérarchie du Pseudo-Denys, la dévotion envers les anges s’accroît, en particulier envers certains archanges, comme Saint-Michel (il existait au moyen-âge un pèlerinage très peu pratiqué ajd. dit "chemin des anges" qui reliait Monte Sant’Angelo en Italie et le Mont-Saint-Michel et qui passait sans doute au Puy-en-Velay), figure guerrière dont la fonction était fort apprécié des nations germaniques, slaves et scandinaves et qui concourut à répandre la foi chrétienne via des sanctuaires partout en Europe. Contemporaine de Bernard de Clairvaux, Hildegarde de Bingen, livre dans ses ouvrages (Scivias, Livre des œuvres divines) des visions où les anges, hiérophantes, prennent une part importante. Elle écrit dans ses Œuvres divines (VI:5) : Ainsi la multitude des anges aux côtés de Dieu est dans le ciel un arcane que la lumière de la divinité pénètre totalement, arcane obscur pour la créature qu’est l’homme, à moins que des signes lumineux n’en permettent la connaissance. Cette multitude a une raison d’être qui est liée à Dieu plus qu’à l’homme, et elle n’apparaît aux hommes que rarement. Certains anges cependant qui sont au service des hommes se révèlent par des signes, quand il plaît à Dieu : c’est que Dieu leur a confié des fonctions diverses, et il les a placés au service des créatures. Malgré la diversité de leurs fonctions, ils n’en vénère pas moins un Dieu unique, qu’ils respectent et qu’ils connaissent. De même, Élisabeth de Schönau, a également des visions où un ange vient l’instruire de points théologiques. Pour Honoré d’Autun Chaque âme, au moment où elle est introduite dans le corps, est confiée à un ange, qui l’excite toujours au bien et rapporte toutes ses actions à Dieu.

↪ Par la suite, l’accentuation de l’influence de l’aristotélisme et de l’averroïsme a conduit les théologiens à se pencher sur des problèmes de nature métaphysique vis à vis des anges, ce qui a contribué à former une angélologie proprement théologique. L’ange médiéval, conçu comme présent aux cotés du moine et du prêtre durant la liturgie, adorant l’hostie puisque Jésus leur maître y demeure, se fait gardien de l’espace sacré dans l’architecture religieuse, déjà dans l’architecture carolingienne. Suger de Saint-Denis, influencé par l’angélologie dyonisienne et repoussant les excès de l’ascétisme, réorganise l’espace artistico-théologique de l’intérieur de la Basilique Saint-Denis dès 1135 et créer ainsi l’art gothique.

François d’Assise témoigne d’une célèbre et puissante expérience mystique quand en 1224 au cours de sa retraite sur le Mont Alverne, il voit un séraphin crucifié pourvu de six ailes. C’est au sortir de cette extase qu’il présenta sur son corps les plaies qui feront de lui le premier stigmatisé. Eiximenis, franciscain, écrira par la suite son Llibre dels àngels {Livre des Anges} en 1392 qui concourrera à donner de l’ampleur à la notion d’ange gardien. Il faut souligner que la fin du moyen-âge est enfin une période où le soucis du discernement est le plus important puisque propice à une littérature qui, débutant avec Henri de Friemar (De Quadruplici Instinctu, est inquiète de pouvoir distinguer les actions entre bons et mauvais esprits.

► Au XIII, la théologie de la lumière de Bonaventure (que l’on retrouve également dans l’œuvre de Grosseteste ou dans le Liber de intelligentiis, vraisemblablement d’origine arabe) permet de relier la théologie, la métaphysique et la mystique et affirme la présence des hiérarchies angéliques dans l’âme (𝕍 La communication avec les anges : les hiérarchies angéliques, la lingua angelorum et l’élévation de l’homme dans la théologie et la magie in Mélanges de l’école française de Rome (114, 2 pp. 773-812), Jan R. Veenstra, 2002. Lien vers le document sur Persée). Le mysticisme béguin de Mechtilde de Magdebourg ou de Mechtilde de Hackeborn (Liber specialis gratiae) rend compte de cette présence angélique par des témoignages qui les font rencontrer ces entités. Le mysticisme rhéno-flammand avec Tauler, en rendra également compte mais comme exemplar des stations du progrès spirituel qu’il convient d’imiter.

↪ À la renaissance, la dévotion envers les anges a continué à se développer dans le catholicisme, notamment sous l’égide jésuites et en réaction au protestantisme. Des mystiques entretiennent cette dévotion :

● Lidwine de Schiedam (1380 1433), était visitée par la Vierge et son ange la guidait dans ses ravissements mystiques si bien que, nous écrit Huysmans, sa chambre embaumait à un tel point que toute la ville défila chez elle pour respirer ce bouquet.

● Denys le Chartreux (1402 1471), qui, dans son De vita et fine solitarii, destina à ses pairs cartusiens le conseil suivant : Il faut s’appliquer sur toutes choses à la science sacrée, parce que Dieu menace de repousser du sacerdoce ceux qui auront repoussé l’instruction, et qu’il préfère la doctrine au sacrifice. L’étude de la philosophie et de la théologie réserve à l’âme d’ineffables douceurs par elles nous cessons d’être des bêtes et nous devenons des anges.

● Françoise Romaine (1384 1440) était connue pour être en commerce constant avec son ange gardien qui la protégeait des attaques du diable dont elle faisait particulièrement l’objet et lui indiquait si ses actions étaient bonnes ou mauvaises. L’histoire de la rencontre avec son ange nous est rapportée par Marie-théodore De Bussière in Vie de Sainte Françoise Romaine (6), son fils mort depuis peu lui apparaît et accompagné de son ange lui indique : Nous n’avons d’autre occupation au paradis que de contempler l’abîme de la bonté, de la beauté et de la majesté divines, et de les célébrer dans des transports d’une joie qui ne saurait s’exprimer. — Unis en Dieu, nous ne pouvons plus connaître aucune peine, et nous jouissons d’une paix et d’un contentement souverains et éternels ; nous ne voulons et ne désirons que ce que veut le Tout-Puissant, qui est lui-mème notre béatitude. — Il y a au ciel neuf chœurs élevés les uns au-dessus des autres, et dont les supérieurs révèlent aux inférieurs les secrets divins. Et puisque vous voulez savoir où je me trouve, ô ma mère ! apprenez que la bonté du Seigneur m’a assigné une place au second chœur dans la première hiérarchie des Archanges. — J’y suis avec le compagnon que vous me voyez ; il est plus beau que moi, parce que son rang est supérieur au mien. Cet esprit céleste vous est envoyé par la Majesté divine pour vous consoler dans votre pèlerinage terrestre ; vous le verrez jour et uuit à vos côtés, il vous assistera en toutes choses.

● Enfin, Thérèse d’Avila (1515 1582) bien sûr, qui dans son Livre de la vie, relate les évènements ayant conduit, en 1560, à sa blessure d’amour, transverbération opérée par un chérubin : J’apercevais près de moi, du côté gauche, un ange sous une forme corporelle. Il est extrêmement rare que je les voie ainsi. Quoique j’aie très souvent le bonheur de jouir de la présence des anges, je ne les vois que par une vision intellectuelle, semblable à celle dont j’ai parlé précédemment. Dans celle-ci, le Seigneur voulut que l’ange se montrât sous cette forme : il n’était point grand, mais petit et très beau ; à son visage enflammé, on reconnaissait un de ces esprits d’une très haute hiérarchie, qui semblent n’être que flamme et amour. Il était apparemment de ceux qu’on nomme chérubins ; car ils ne me disent pas leurs noms. Mais je vois bien que dans le ciel il y a une si grande différence de certains anges à d’autres, et de ceux-ci à d’autres, que je ne saurais le dire. Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d’or, et dont la pointe en fer avait à l’extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon cœur, et l’enfonçait jusqu’aux entrailles ; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me laissait tout, embrasée d’amour de Dieu.

● Notons aussi que, de nombreuses anecdotes issues de la société laïque entretiennent également cette dévotion. Par exempmle, en 1580, dans sa Démonomanie (I, 2) Bodin narre le cas d’un homme de trente-sept ans qui était en rapport avec un ange qui commentait si ses actions étaient bonnes ou mauvaises.

III. Ésotérisme

► Parallèlement, la pratique angélologique, à la recherche de la "langue des anges" (I Corinthiens, XIII:1) s’avance sur le terrain de la théurgie et de l’art notoire, plus ambivalent (𝕍 Les anges dans l’Ars notoria : révélation, processus visionnaire et angélologie in Mélanges de l’école française de Rome (114, 2 pp. 813-849), Julien Véronèse, 2002. Lien vers le document sur Persée) avec le Liber sacratus attribué à Honorius de Thèbes puis avec le bénédictin Jean de Morigny (XIV) dont l’invocation des anges sont conçus comme un préambule à celle de la Vierge Marie (appréhendée comme regina cœli commandant aux anges et aux élus) et où l’objet de l’opération est dédié tant à l’acquisition du salut qu’à l’illumination de l’intellect et l’obtention de la sapience.

↪ Chez Lulle, le grand art, embrassant tout le cosmos, s’applique tant à toute la nature crée, comme incrée. Le corpus pseudo-lullien rend compte de textes où l’alchimie doit être pratiquée sous la direction des puissances célestes afin de ne pas dégénérer dans l’erreur et chez Scot (Liber introductorius), l’angélologie se combine à l’astrologie dans des diagrammes cosmographiques. Au XV, L’ermite Pelagius de Majorque (Ars crucifixi), influencé par l’Ars Brevis (version abrégée du salomonien Ars notoria npc. avec l’Art Bref de Lulle, version abrégée du Grand art) et la qabbale met au point des rituels d’invocation. Ces influences culminent chez Ficin qui, au travers du néoplatonisme médicéen pétri d’hermétisme et de mithraïsme, combine théologie, astrologie et théurgie et associe les hiérarchies angéliques aux considérations daïmoniques issues de l’antiquité.

↪ Dans la grande synthèse d’Agrippa qu’on trouve dans sa célèbre Philosophie occulte, les intelligences angéliques sont associées aux sphères astrales et la hiérarchie angélologique était elle-même divisée en quatre catégories d’ange en analogie avec les éléments : au feu il fait correspondre les Séraphins, Vertus et Puissances, à l’air, les Dominations et Principautés, à l’eau, les Trônes et les Archanges et à la terre enfin correspondraient les Chérubins.Dans l’angleterre élisabéthaine, les pratiques théurgiques de Dee avaient pour objet de pouvoir communiquer avec les anges et il élabore dans ce but l’alphabet énochien avec Kelly et les anges avec qui il estime être en communication. Le miroir d’obsidienne 🗎⮵ avec lequel il obtient cette communication lui aurait été remis par Uriel en 1582.

↪ Les anges sont naturellement un sujet important pour la théosophie occidentale. Pour Boehme, les anges se révèlent à celui qui est parvenu au terme du travail alchimique. Khunrath, dans la qabbale chrétienne de la théosophie allemande, associe chacune des sephira à une hiérarchie angélique et un ange dominant, à chaque chœur il fait correspondre un verset du Décalogue, une région du cosmos, une partie du corps humain. Peu après, Kircher dédie dans le 2 de son Œdipe égyptien, une étude à la qabbale hébraïque et à son angélologie (son schéma Speculum Cabalæ mysticæ 🗎⮵ rend compte d’un coup d’œil de tous les anges du Shem HaMephorash). Swedenborg aperçoit pour la première fois un ange en 1744, ange qui, la nuit suivante, le fait visiter l’au-delà. Cette angélologie visionnaire influence Blake qui spécule sur la nature angélique puis vient frapper l’imagination romantique et spiritualiste ainsi que l’art préraphaélite et impressionniste.

Guaita in Au seuil du mystère (pp. 118-119) fait remarquer que : Les anges, en Kabbale, ne sont pas des êtres d’une essence particulière et immuable : tout se meut, évolue et se transforme dans l’Univers-vivant ! En appliquant aux hiérarchies célestes la belle comparaison par laquelle les auteurs du Zohar tâchent à exprimer la nature des séphiroths, nous dirons que les chœurs angéliques sont comparables à des enveloppes transparentes et de couleurs diverses, où viennent briller tour à tour d’une lumière de plus en plus splendide et pure, les Esprits, qui définitivement affranchis des formes temporelles, montent les suprêmes degrés de l’échelle de Jacob, dont le mystérieux יהוה occupe le sommet. Les noms latins des anges perdent naturellement leur sens qabbalistique, ces noms étant simplement associés aux Psaumes auxquels ils correspondent. La Science kabbalistique (1823) de Lenain, influencé par Reuchlin et Kircher, ainsi que la Kabbale pratique (1951) d’Ambelain demeurent les deux références les plus appréciées des ésotéristes du XIX XX concernant les anges du Shem HaMephorash. À la f.XX et confirmant la tendance qui s’est révélée à la renaissance, la figure de l’ange s’est qualitativement appauvrie : toujours vivace dans le new-age elle s’est désolidarisé de son fond religieux, comme bon nombre de notions qui ont dégénéré dans un occultisme matérialiste ou un narratif déraciné.

Islam

► Pour l’Islam également, la conviction dans l’existence de l’al–mala’ al–a’lâ {cohorte suprême} (Coran, XXXVII:8) et leur rapport avec Allah fait parti du second axiome de إيمان al-îmâne (foi) : […] (L’Apôtre) et les Croyants, tous ont cru en Allah, en Ses Anges, à Ses Écritures et en Ses Apôtres […] (2:285). Si le Coran contient peu de considérations sur les anges (les informations les plus détaillées sont plutôt livrées par les hadiths et ou l’Ascension du Prophète), l’angélologie a pu s’appuyer pour son développement, sur le polythéisme pré-islamique et certains systèmes théologiques.

Pour Al-Ghazali notamment, l’Homme contient en lui une partie angélique qui, par le truchement de l’âme rationnelle, apporte la raison et conduit à la pratique de la vertu qui abouti à la contemplation divine. Le système d’Avicenne encore, tiré de lui d’al-Farabi, propose une cosmologie basée sur une émanation dénaire de mondes sphériques concentriques animés par des angeli intellectuales ou angeli caelestes (𝕍 Avicenne et le récit visionnaire, 1954, Henry Corbin). Les anges sont constitués de lumière (un hadith du صحيح مسلم (Ṣaḥīḥ Muslim) précise, par le biais de l’étymologie, qu’il s’agit de lumière lunaire), tandis que les djinns sont faits de feu et l’Homme de terre. Sohrawardi propose également dans son système théosophique, une angélologie complexe qui rend compte d’influences néoplatonicienne et zoroastrienne où chaque réalité sensible et matérielle est crée et dominée par une classe d’ange spécifique depuis un mundus imaginalis perçu par le sage grâce à l’imagination. Le chiisme ismaélien, convergeant également avec le néoplatonisme, la gnose hellène et le zoroastrisme est particulièrement riche sur ce sujet et débouche, dans le domaine de la magie pratique, sur une magie angélique rationnelle et naturelle liée à l’astrologie qui trouvera son expression ultime dans les sceaux planétaires de la talismanie qui essaimera par la suite jusque en occident.

I. Archanges

► L’islam n’a pas de subdivisions hiérarchiques constituées en chœurs comme dans le christianisme mais distinguent cependant les anges et les archanges ainsi que plusieurs fonctions. Comme dans le judaïsme, ميططرون (Mīṭaṭrūn) surnommé (comme Gabriel) الروح (rûh) {esprit} est le plus grand des anges tant par le rang qu’il occupe que par son immensité puisqu’il est aussi imposant que le reste des anges réunis. Après Mīṭaṭrūn et les quatre (ou huit) anges porteur du trône d’Allah, viennent les archanges Jibrā’īl {Gabriel} (identifié à l’intellect agent pour Avicenne), Mīkā’īl {Michel}, Azrā’īl (seulement indiqué en Coran, XXXII:11) et Isrāfīl {Raphaël} (absent du Coran et des hadith mais important pour la religion populaire). D’autres anges sont mentionnés par la tradition : Mālik (Coran (XLIII:77)) est le gardien de l’enfer et Riḍwan le gardien du paradis, Munkar et Nakîr interrogent le défunt durant le ʿadhāb al-qabr {châtiment dans le barzakh}, les célèbres anges Harout et Marout (Coran, II:96) hérités du zoroastrisme sont considérés comme tentateurs ou encore Habib, ange constitué de feu et de glace que le prophète rencontre lors de son voyage nocturne.

Les fonctions des archanges n’est pas tout à fait conforme à celles que le christianisme leur a attribué. Si Jibrā’īl s’occupe toujours de délivrer révélations et messages (parfois funestes), Mīkā’īl, miséricordieux, gère le principe vital et les mécanismes de la nature. Il se révèle nourricier, tant sur le plan physique que spirituel et il est préposé aux pluies et au tonnerre ainsi qu’aux récoltes. Isrāfīl est l’ange psychopompe et, porteur de trompette, indique le jour du jugement et de la résurrection. Azrā’īl celui de la mort.

De ces archanges naissent des myriades d’anges : des ailes de Jibrā’īl naissent les Spirituels qui louent Dieu, des larmes de Mīkā’īl naissent les کروبی‌ها (karûbi’ûn) {chérubins}, de la respiration d’Isrāfīl naissent les (al-Muqarrabûn) {Rapprochés} (Coran, IV:170), les العرش حبسلة (hamalat al-arsh) {Porteurs du trône} (LXIX:17), les Magnanimes et les كاتبين {Scribes}, et, enfin, il y a autant d’êtres dans le monde que d’yeux sur le corps d’Azrā’īl (ils se ferment à chaque fois qu’un de ces êtres meurt). Une légende apporte une variante au dernier point : Allah aurait placé un arbre sous la garde d’Azrā’īl : sur chaque feuille de cet arbre est inscrit le nom d’une créature et quarante jours avant sa mort, la feuille correspondante à la créature se détache de l’arbre. Il existe encore une autre catégorie d’ange, les دردائيل (Darda’il) {Voyageurs divins} qui parcourent la terre à la recherche des assemblées où l’on loue Dieu. Mentionnons enfin qu’à la différence du christianisme, le nombre d’ailes d’un ange dans l’islam, est seulement relatif à la vitesse à laquelle il exécute les ordres divins.

II. Le bon pied

► Le folklore musulman observait une superstition dérivée du folklore juif des deux hafaza {anges gardiens}, un bon et un mauvais (on trouve une mention en Coran, 13:12 : [L’Homme] a [des Anges] attachés à ses pas, par devant lui et par derrière lui, qui l’observent, sur l’ordre d’Allah) qu’ils nomment Raqib et Atid. Ils estimaient d’abord, que parmi ces deux anges chroniqueurs, le bon notait les bonnes actions et le mauvais consignait les mauvaises et que le bon était à l’épaule droite et le mauvais à la gauche. En outre, le folklore poursuit : ces anges cessaient d’accompagner les Hommes lorsqu’ils observaient leurs besoins naturels. Dès lors, on entrait dans les pièces dédiées à ces obligations par le pied gauche afin que l’ange mauvais parte en premier et on en sortait par le pied droit afin que l’ange bienveillant reprenne en premier ses fonctions. D’autres fois les anges sont quatre : soit qu’ils aillent par paire soit qu’il y en ait aussi un devant pour conduire l’Homme et un derrière pour le garder des démons. Un dernier peut être placé au front pour garder l’esprit tourné vers Allah.

Autres religions

► At-Taûm (Eltawam) {jumeau} est un ange qui, par une voix intérieure, parfois au travers de ses propres lèvres, révèle à Mani sa mission le 1er avril 228 . Alors qu’il n’avait que douze ans et se mirait à la surface de l’eau, il entend : Salut à toi, Mani, de ma part, et de la part de Celui qui m’a envoyé. Dans le Livre des Géants (déjà connu par une version de Qumrân), reprend, amplifie et adapte au contexte manichéen le mythe du Hénoch (Livre d’).

► Une angélologie complexe est encore au XX véhiculée par les mandéens, qui, dualistes, croient en l’existence des ʿutri {richesses, excellences}, entités célestes, émanées du dieu suprême Hayyi Rabbi {Grande vie} et qui vivent dans le alma ḏ-nhūra {Monde de lumière}.

► Dans la cosmogonie du gnosticisme simonien puis valentinien, Sophia-Ennoïa (la pensée divine) crée les hiérarchies angéliques et le monde matériel. Prisonnière de sa propre création, elle est par la suite dominée et malmenée par ces mêmes hiérarchies et doit tromper leur vigilance pour pouvoir s’extraire de la matière. Le gnosticisme se présente comme un syncrétisme issu d’une période de transition : polythéisme hellène, hermétisme et christianisme se combinent. Chez Carpocrate, Ménandre ou Basilide les anges sont des usurpateurs qui ont oublié leur place dans l’économie du cosmos et qui souhaitent se nourrir de la dévotion Humaine. L’adepte doit donc savoir se soustraire à leur influence néfaste pour atteindre sa véritable nature angélique dont son existence matériel n’est qu’un reflet.

► Pour les Yezidis : Iblis, nommé Malek Taus l’ange-paon, est un bon démiurge et, ange le plus élevé de Dieu, est un symbole du soleil, figure l’immortalité et est le recteur et le roi du monde matériel. Il éteint l’enfer par ses larmes.

Notes

Étymologie

Heb. מַלְאָךְ (mal’ákh) {messager} (aussi fréquemment destiné aux humains dans l’Ancien Testament)

Arb. ملاك (malāk) {envoyé}

Grc. ἄγγελος (ággelos) {messager} (précédemment utilisé en théologie pour signifier d’une façon générale le statut d’un être qui transmet des informations ou des ordres d’une entité à un vassal, humain ou non. Utilisé ntm. comme épithète chez des entités psychopompes ou délivrant des messages comme le Baal d’Heliopolis, Hermès ou Iris. Choisi par les traducteurs grecs de l’Ancien Testament pour rendre מַלְאָךְ (mal’ákh). ? tiré du V.Prs. mais le lien est mal établit)

Lat. angelus (attesté depuis Tertullien)

► L’étymologie insiste donc sur la fonction de l’entité et non sa nature. Cependant, certains hermésistes, vraisemblablement par l’intermédiaire d’un rapprochement conceptuel et de Ois. ont cependant voulu tirer le mot "ange", de l’égyptien 𓋹𓈖𓐍 (ˁnḫ) (ankh) {vie} ou, plus habilement, de akh.

separateur

Classes d’anges

► Selon Jamblique les anges se manifestent par les œuvres qui conviennent à leur rang, on reconnaît donc une classe d’ange relativement à sa fonction. Chaque classe d’ange est tenue pour refléter une perfection de Dieu. Les classes d’anges les plus connues sont celles données par le Pseudo-Denys et influenceront durablement l’art et la pensée occidentale (nos lecteurs intéressés par l’histoire de l’art médiéval pourront 𝕍 Les neuf chœurs angéliques. Origine et évolution du thème dans l’art du Moyen Âge (coll. Civilisation Médiévale), Barbara Bruderer Eichberg, 1998. Lien vers le document sur Persée). Sans doute inspiré par Proclus, il divise ces classes d’anges trois hiérarchies dynamiques, distribuées chacune en trois chœurs, les plus élevées distribuant la lumière divine purificatrice et illuminatrice aux chœurs inférieurs à eux, la puissance du verbe se réduisant à chaque émanation.

Ces classifications reposent naturellement sur des travaux antérieurs notamment sur Ambroise de Milan in Apologie du prophète David (Il organise : Séraphins, Chérubins, Trônes, Principautés, Dominations, Puissances, Vertus, Archanges, Anges), qui fut lui-même précédé par Clément. Précédemment, Origène, puis Augustin et enfin les pères cappadociens apportèrent également les premiers éléments qui seront à la base de la constitution de l’angélologie médiévale. Augustin surtout (La Cité de Dieu, Du Libre arbitre), s’avère décisif malgré le fait que son angélologie hésite naturellement entre le néoplatonisme de Plotin et le christianisme des Pères le précédant. Selon ses conceptions, soutenues par Grégoire Ier, les élus de Dieu viendront remplacer les anges déchus et prendrons place dans un dixième chœur. Pour le Grand, la hiérarchie céleste se présente ainsi : Séraphins, Chérubins, Trônes, Seigneuries (Dominations), Archontes (Principautés), Puissances-Autorités, Puissances-Vertus, Archanges, Anges.

► Les sources bibliques de ces différents ordres angéliques sont tirées de l’Ancien Testament depuis Isaïe (VI:1-3) d’une part puis par Exode (25:18–20) et Ézéchiel (X) d’autre part, qui décrivent respectivement les séraphins et les chérubins. Dans le Nouveau Testament Paul de Tarse mentionne ex., en Colossiens, I:16, Principautés, Puissances, Dominations et Trônes : car c’est en lui que toutes choses ont été créées, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre, les choses visibles et les choses invisibles, Trônes, Dominations, Principautés, Puissances ; tout a été créé par lui et pour lui. Outre cette classification novénaire qui s’est imposée, d’autres fonctions ont pu être proposées (de façons plus ou moins formelle) pour classifier les anges au cours du temps, on trouve des classifications angéliques en quatre, cinq, six ou encore sept (chez Clément) degrés. Quatre sont notamment livrées dans les Oracles sibyllins et dix dans le Pasteur d’Hermas (qui mentionne par ailleurs l’ange gardien), textes respectivement influencés par le paganisme et le gnosticisme s’en allant, courants qui apportaient déjà de nombreuses spéculations sur les entités invisibles du cosmos.

Classes selon la Hiérarchie céleste du Pseudo-Denys

I. Séraphins

a. Description

► Les séraphins, lumière, chaleur et amour, השרפים נחשי (nāḥāšîm ha śərāpîm) {serpents brûlants}, pour ainsi dire dragons formés d’une lumière sacrée semblable à un éclair, sont au plus près de l’activité centrale de Dieu et récitant le trisagion, participent d’un intense symbolisme du feu, un feu divin et initiatique, guérisseur et purificateur : […] le nom des séraphins indique manifestement leur durable et perpétuel attrait pour les choses divines, l’ardeur, l’intensité, l’impétuosité sainte de leur généreux et invincible élan, et cette force puissante par laquelle ils soulèvent, transfigurent et réforment à leur image les natures subalternes en les vivifiant, les embrasant des feux dont ils sont eux-mêmes dévorés, et cette chaleur purifiante qui consume toute souillure, et enfin cette active, permanente et inépuisable propriété de recevoir et de communiquer la lumière, de dissiper et d’abolir toute obscurité, toutes ténèbres. (Hiérarchie céleste, VII:1)

► Isaïe nous indique dans sa vision : […] je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. / Des Séraphins se tenaient devant lui ; ils avaient chacun six ailes : de deux ils se couvraient la face, de deux ils se couvraient les pieds, et de deux ils volaient. / Et ils criaient l’un à l’autre et disaient : "Saint, saint, saint est Yahweh des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire". (Isaïe, VI:1-3)

𝕍 Mutations religieuses : le cas des séraphins in ASDIWAL (13 pp. 75-92), Stéphanie Anthonioz, 2018. Lien vers le document sur Persée

b. Terme générique et identifications

► En dehors de la classification du Pseudo-Denys, le terme "archange" (qu’on trouve en I Thessaloniciens, IV:16) désigne dans la classification populaire (sans doute influencée par la désignation utilisée dans le très apprécié Paradis perdu de Milton) tout ange remarquable, s’élevant particulièrement au-dessus de ses semblables ne serait-ce que par la mention de son nom. La Torah mentionne ainsi Gabriel (Daniel, VIII:17) et Michel (Daniel, X:13) dont la place à ce rang est indiscutable. On trouve ensuite Raphaël dans le livre deutérocanonique de Tobie, et Uriel dans l’Apocalypse d’Esdras (II) qui sont les deux anges à qui l’on attribue également ce rang. Raphaël cependant, en Tobie (XII:15) dit : Je suis l’ange Raphaël, un des sept qui nous tenons en présence du Seigneur. ce qui correspond à la définition d’un séraphin selon le Pseudo-Denys et laisse les commentateurs libre de placer trois nouveaux anges dans cette catégorie.

► Le Hénoch (Livre d’) (XX:1-8) par exemple mentionne les sept noms : Raguel, Saraqiel et Remiel sont ajoutés. Toutefois le même ouvrage (en XL:9) mentionne également Phanuel. La liste varie en fait selon les traditions : Ananiel, Azrael, Barachiel, Jerahmeel, Jugudiel, Sacheil, Sarathiel, Selaphiel, Suriel, ou Zedekiel viennent s’ajouter à la liste de l’islam ou des différentes branches du christianisme orthodoxe. La qabbale hermétique issue de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée estime quant à elle qu’un (ou deux) archange est dévolu à chaque sephira, portant leur nombre à dix ou douze (dans l’ordre de l’épée flamboyante : Métratron, Ratziel, Tzaphqiel, Tzadqiel, Kamael, Raphael, Haniel, Michael, Gabriel et Sandalphon)

c. Iconographie typique

► Les Séraphins, les brûlants, sont représentés pourvus de six ailes, généralement de couleur rouge, ils sont parfois armés d’un bouclier (où figure "sanctus" trois fois) et/ou entourés de flammes. Parfois armée d’une épée en feu. Leur corps peut être visible, contrairement aux chérubins.

II. Chérubins

a. Description

► Le Pseudo-Denys indique que les chérubins sont science et sagesse et que Le nom des chérubins montre qu’ils sont appelés à connaître et admirer Dieu, à contempler la lumière dans son éclat originel et la beauté incréée dans ses plus splendides rayonnements; que, participant à la sagesse, ils se façonnent à sa ressemblance et répandent sans envie sur les essences inférieures le flot des dons merveilleux qu’ils ont reçus. (Hiérarchie céleste, VII:1). Ce sont des veilleurs qui observent et montent la garde, dans la Genèse (III:24), Dieu plaça à l’orient du jardin d’Eden les Chérubins et la flamme de l’épée tournoyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie, ils gardent la gloire divine dans l’Ancien Testament, sont visibles sur l’Arche d’Allince et décrits par Ézéchiel (X) : Chacun des Chérubins avait quatre faces : la face du premier était la face de chérubin ; la face du second était une face d’homme ; celle du troisième, une face de taureau, et celle du quatrième, une face d’aigle. (X:14), tout le corps des Chérubins, leur dos, leurs mains et leurs ailes, ainsi que les roues, étaient remplies d’yeux tout autour ; tous les quatre avaient leurs roues (X:12), et l’aspect des roues était comme celui de la pierre de Tharsis (doré nuancé de vert, comme le péridot) (X:9), on voyait aux Chérubins une forme de main d’homme sous leurs ailes (X:8).

► L’ange annonciateur est une fonction d’ange très représenté dans l’Ancien Testament : ils instruisent les prophètes et expliquent les visions symboliques, annoncent le futur (mais ils ne sont pas omniscients comme on peut le lire en Marc, XIII:32 : Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, nul ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.), les grâces de Dieu et les naissances importantes. On attribue leur direction à Gabriel. Il apparaît que cette fonction paraît correspondre à celle dévolue aux Chérubins.

► Leur forme multicéphale tétramorphique, évoque de nombreuses divinités notamment Hécate, Svarog, Sérapis (Macrobe in Saturnalia : La nature de ma divinité est celle que je vais te faire connaître. Ma tête est l’ornement du ciel, mon ventre est la mer, mes pieds sont la terre, mes oreilles sont l’air, et mon œil resplendissant au loin est la lumière brillante du soleil.) ou le Mithra léontocéphal du mithraïsme.

► Les ἐγρήγοροι (egrḗgoroi) {veilleurs} (Daniel, IV:10,14,20), également observateurs et gardiens et dont une partie est déchue, semblent être des chérubins : […] Tu étais le sceau de la perfection, plein de sagesse et parfait en beauté. […] Tu étais le chérubin oint pour protéger ; je t’avais placé sur la sainte montagne de Dieu […] / et je t’ai banni de la montagne de Dieu, et je t’ai fait périr, ô chérubin protecteur (Ézechiel, 28:11-19).

► L’une des plus célèbres compositions de Tchaïkovski est l’Hymne des chérubins, sixième mouvement de la Liturgie de Saint Jean Chrysostome qui fut inspirée par la divine liturgie du même nom.

b. Iconographie typique

► Les Chérubins, plein de savoir et de sagesse, sont représentés avec quatre ailes, généralement de couleur bleue, d’où émergent des pieds reposant sur des roues ailées. Des yeux criblent parfois les auréoles, les ailes et les roues. Un visage seul émerge des ailes. Ils peuvent être symbolisés par la plume de paon.

III. Trônes

a. Description

► Le Pseudo-Denys indique que les Trônes sont constance et fixité nous indique le Pseudo-Denys et Le nom des nobles et augustes trônes signifie qu’ils sont complètement affranchis des humiliantes passions de la terre ; qu’ils aspirent, dans leur essor sublime et constant, à laisser loin au-dessous d’eux tout ce qui est vil et bas ; qu’ils sont unis au Très-Haut de toutes leurs forces avec une admirable fixité ; qu’ils reçoivent d’un esprit pur et impassible les douces visites de la divinité ; qu’ils portent Dieu, en quelque manière, et s’inclinent avec un frémissement respectueux devant ses saintes communications. (Hiérarchie céleste, VII:1)

b. Iconographie typique

► Les trônes, porteurs de Dieu, sont représentés par des roues de feu, qui sont parfois ailées et avec des yeux. Ils sont aussi représentés assis sur le globe céleste ou entouré d’une mandorle avec un sceptre de lys et une couronne crénelée.

IV. Dominations

a. Description

► Le Pseudo-Denys indique que :Les Dominations se nomment de la sorte, à cause de leur sublime affranchissement de toute chose fausse et vile. (Hiérarchie céleste, Argument) et Ainsi le nom des saintes Dominations désigne, je pense, leur spiritualité sublime et affranchie de toute entrave matérielle, et leur autorité à la fois libre et sévère, que ne souille jamais la tyrannie d’aucune vile passion. Car ne subissant ni la honte d’aucun esclavage, ni les conditions d’une dégradante chute, ces nobles intelligences ne sont tourmentées que du besoin insatiable de posséder celui qui est la domination essentielle et l’origine de toute domination ; elles se façonnent elles-mêmes et façonnent les esprits subalternes à la divine ressemblance ; méprisant toutes choses vaines, elles tournent leur activité vers l’être véritable, et entrent en participation de son éternelle et sainte principauté. (Hiérarchie céleste, VII:1)

► L’ange guérisseur est une fonction d’ange qui est chargée de guérir et de réharmoniser, d’éloigner le mal par l’apport de lumière et la réincrudation dans le flux divin. Seigneur, il ordonne au mal de s’écarter et à la lumière de s’exalter. Dans le Livre de Tobie on voit Raphaël (à qui on attribue la direction de cette classe d’ange) apporter son aide au héros du texte et lui révèle des formules magiques pour guérir la cécité de son père et contrecarrer le pouvoir du démon Asmodée.

b. Iconographie typique

► Représentés avec divers armes royales : casque, couronne ou tænia, sceptre, lance et épée.

V. Vertus

a. Description

► Le Pseudo-Denys indique que :Les Vertus doivent ce titre à la mâle et invincible vigueur qu’elles déploient dans leurs fonctions sacrées (Hiérarchie céleste, Argument) et Le nom sacré des vertus me semble indiquer cette mâle et invincible vigueur qu’elles déploient dans l’exercice de leurs divines fonctions, et qui les empêche de faiblir et de céder sous le poids des augustes lumières qui leur sont départies. Ainsi portées avec énergie à imiter Dieu, elles ne font pas lâchement défaut à l’impulsion céleste ; mais contemplant d’un œil attentif la vertu suressentielle, originale, et s’appliquant à en reproduire une parfaite image, elles s’élèvent de toutes leurs forces vers leur archétype, et à leur tour s’inclinent, à la façon de la divinité, vers les essences inférieures pour les transformer. (Hiérarchie céleste, VIII:1)

► Les מַלְאָך הַמַשְׁחִית (malʾāḵ hamašḥīṯ) anges exterminateurs sont une fonction d’ange reconnaissable par la nature de ses intervention. Ces anges peuvent se faire porteur de la sanction divine et ils sont alors une figure terrible. Ils sont liés aux forces élémentaires qu’ils peuvent contrôler pour détruire ou accomplir des miracles. Pour Suárez (De angelis), il s’agit des Vertus (ou bien des démons autorisés par les Puissances). Par exemple, lors de l’invasion de Sennachérib, l’ange de Yahvé apparaît comme l’exécuteur des sanctions divines, il en résulte 185 000 morts dans l’armée de l’envahisseur (2 Rois, 19:35). De même, Dieu envoie la peste en Israël pour punir David et 70 000 hommes meurent (I Chroniques, 21:14-16). Selon le Hénoch (Livre d’) (LIII:3) Satan en ferait parti (Aquin préfère le voir en Chérubin).

b. Iconographie typique

► Représentés avec les armes du Christ ou bien simplement un livre.

VI. Puissances

a. Description

► Le Pseudo-Denys indique que :Le nom des Puissances rappelle la force de leur autorité et le bon ordre dans lequel elles se présentent à l’influence divine (Hiérarchie céleste, Argument) et Le nom des célestes puissances, qui sont de même hiérarchie que les dominations et les vertus, rappelle l’ordre parfait dans lequel elles se présentent à l’influence divine, et l’exercice légitime de leur sublime et sainte autorité. Car elles ne se livrent pas aux excès d’un tyrannique pouvoir ; mais s’élançant vers les choses d’en haut avec une impétuosité bien ordonnée, et entraînant avec amour vers le même but les intelligences moins élevées, d’un côté elles travaillent à se rapprocher de la puissance souveraine et principale ; et de l’autre, elles la réfléchissent sur les ordres angéliques par les admirables fonctions qu’il leur est donné de remplir. (Hiérarchie céleste, VIII:1)

► Ils s’opposent farouchement aux forces obscures.

b. Iconographie typique

► Représentés armurés et armés, parfois avec une épée de feu.

VII. Principautés

a. Description

► Le Pseudo-Denys indique que :Les Principautés savent se guider elles-mêmes et diriger invariablement les autres vers Dieu (Hiérarchie céleste, Argument) et […] le nom des célestes principautés fait voir qu’elles ont le secret divin de commander avec ce bon ordre qui convient aux puissances supérieures ; de se diriger invariablement elles-mêmes et de guider avec autorité les autres vers celui qui règne par-dessus tout; de se former, au degré où c’est possible, sur le modèle de sa principauté originale et de manifester enfin son autorité souveraine par la belle disposition de leurs propres forces. (Hiérarchie céleste, VIII:1)

► Ils dirigent les groupes et institutions et commandent donc à une multitude d’anges.

b. Iconographie typique

► Représentés en guerrier ou en diacre, armé d’une épée, un sceptre ou un lys.

VIII. Archanges

a. Étymologie

► L’étymologie grecque de ἀρχάγγελος (arkhángelos) vient ajouter un ἀρχι (arkhè) {principe, commandement) en préfixe à ἄγγελος. Paraphrasant cette étymologie, Jamblique indique que les archanges apparaissent escortés d’anges.

b. Description

► Le Pseudo-Denys indique que : les Archanges tiennent aux Principautés en ce qu’ils gouvernent les Anges (Hiérarchie céleste, Argument) et L’ordre des archanges appartient à la même division que les saintes principautés. Il est vrai toutefois, comme j’ai dit ailleurs, qu’ils forment aussi une seule et même division avec les anges. Mais comme toute hiérarchie comprend de premières, de secondes et de troisièmes puissances, l’ordre sacré des archanges est un milieu hiérarchique où les extrêmes se trouvent harmonieusement réunis. En effet, il a quelque chose de commun avec les principautés et avec les anges tout ensemble. Comme les unes, il se tient éperdument tourné vers le principe suressentiel de toutes choses, et s’applique à lui devenir semblable, et mène les anges à l’unité par l’invisible ressort d’une autorité sage et régulière ; comme les autres, il remplit les fonctions d’ambassadeur, et, recevant des natures supérieures la lumière qui lui revient, il la transmet avec divine charité d’abord aux anges et ensuite par eux à l’humanité, selon les dispositions propres de chaque initié. (Hiérarchie céleste, IX:2)

c. Iconographie typique

► Les Archanges dans l’art byzantin (puis dans l’art occidental) sont figurés en dignitaires de cour, avec tunique, dalmatique et loros. Ils portent fréquemment le miroir sphérique et une tige dorée, parfois un livre.

IX. Anges

◆ Le terme "ange" est utilisé d’une façon générique pour désigner toutes les créatures spirituelles bénéfiques en général. Dans un sens plus spécifique, le terme "ange de la congrégation" est également donné à un prêtre ou un groupe de prêtres responsables de la congrégation (l’étymologie de "messager" prime alors).

a. Description

► Le Pseudo-Denys indique enfin à propos des anges qu’ils remplissent parfois, comme eux (les Archanges), la mission d’ambassadeurs (Hiérarchie céleste, Argument) et que […] les anges viennent compléter les différents ordres des esprits célestes, et ce n’est qu’en dernier lieu et après tous les autres que leur échoit la perfection angélique. Pour cette raison et eu égard à nous, le nom d’anges leur va mieux qu’aux premiers, les fonctions de leur ordre nous étant plus connues et touchant te monde de plus près. (Hiérarchie céleste, IX:2)

► Cette dernière classe d’ange est celle à laquelle on attribue l’ange gardien. D’une façon générale, l’esprit gardien est un génie ou entité spirituelle qui protège l’être contre les démons et la médiocrité en l’inspirant dans le sens moral, nombre de systèmes religieux font référence à ce type d’entité et dans l’occultisme, on rapproche cette notion de celle du ka {double} et du ba {âme} égyptien ou, quoiqu’il en soit, d’une forme subtile et sublimée de l’individualité. Dans l’angélologie, l’ange gardien est un protecteur, un conseiller et un intercesseur, tant dans la vie terrestre, qu’à l’heure de la mort et dans l’au-delà. Pour saint Jérôme, chaque personne reçoit un ange à sa naissance ; plus sévère, Origène estime que c’est au baptême que le fidèle reçoit son ange gardien. Il précise que ce dernier se joint au fidèle durant la prière et recueille l’âme au moment de la mort. Ces anges gardiens sont d’une classe dont on attribue la direction à Michel. Ils trouvent leur prototype dans la figure de l’Ange de Yahvé de l’Ancien Testament.

↪ Cette entité, protecteur de l’Empire d’Occident en 813, inspirateur de Jeanne d’Arc et saint patron du Royaume de France en 1469 (jusqu’au vœu de Louis XIII en 1632) est historiquement à l’origine de la dévotion à l’ange gardien individuel auprès des laïcs. Sa figure archétypale de défenseur de la foi, essaime d’abord les anges protecteurs des lieux qui, forts de leur rayonnement, atteignent à la dévotion dans le monde laïc sous une forme individuelle à la renaissance. On peut observer les manifestations de cette ferveur dans les planches de l’Ars moriendi (1415). Les passages bibliques suivants soutiennent les spéculations : Exode (XXIII:20) : Voici que j’envoie un ange devant toi, pour te garder dans le chemin et pour te faire arriver au lieu que j’ai préparé puis Matthieu (XVIII:10) : Prenez garde de mépriser aucun de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans le ciel voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux.

↪ Grégoire le Thaumaturge in Remerciement à Origène (IV) nous dit à leur propos : Et si je voulais chanter encore l’un de ces êtres qui ne se montrent pas, mais qui sont divins et prennent soin des hommes, que mon discours soit aussi reconnaissant envers celui, qui, depuis mon enfance, en vertu d’une haute décision, eut en partage de me diriger, de m’élever, d’être mon tuteur, le saint ange de Dieu "qui me nourrit depuis ma jeunesse" (Genèse, XLVIII:15), comme dit cet homme ami de Dieu (Origène), parlant évidemment du sien. […] Quant à nous, outre celui qui guide tous les hommes ensemble, nous connaissons et nous louons aussi celui qui, quel qu’il soit, est notre pédagogue particulier, à nous qui sommes tout petits. Celui-ci, en toutes les autres circonstances sans aucune exception, m’a toujours bien élevé et a toujours bien pris soin de moi. En effet il ne nous est pas possible de voir notre intérêt, ni moi, ni aucun de mes proches, car nous sommes aveugles, nous ne voyons pas notre avenir, de manière à pouvoir juger de nos besoins : c’est à lui que cette tâche incombe, car il voit d’avance ce qui est utile à nos âmes !

b. Iconographie typique

► Sans objets, parfois même aptères.

X. Anges déchus, noirs, sombres (classe supplémentaire vis à vis du Pseudo-Denys)

► Les anges déchus sont d’anciens anges qui ont prévariqué et qui se sont ainsi retranchés de la lumière divine. Pour des raisons tant historico-philologiques que mystico-hermétiques, ils sont parfois mal différenciés des démons voir des anges eux-mêmes (le titre שַׂר הַעוֹלָם (Sâr ha-ôlam) {Prince de ce monde} (II Corinthiens, IV:4) est attribué tant à Métatron qu’à Lucifer). Agités et furieux, animés par une révolution perpétuelle, ils sont, au contraire des anges, douloureusement frappés par l’inconstance et l’instabilité et leur volonté est de rendre le monde ainsi que les Hommes tout aussi déformés qu’eux. Ils aiment à se faire passer pour les anges bons comme indique Corinthiens (XI:14-15) : Et ne vous en étonnez pas ; car Satan lui-même se déguise en ange de lumière. / Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres et les démonologues ajoutent qu’ils peuvent tout aussi bien se faire passer pour un proche, décédé ou non, ou quelque célébrité historique ou contemporaine de la personne à qui ils apparaissent.

► Les sources bibliques sur les anges déchus peuvent se trouver dans l’Apocalypse, VIII:10-11 : […] et il tomba du ciel une grande étoile, ardente comme une torche, et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. / Le nom de cette étoile est Absinthe ; et le tiers des eaux fût changé en absinthe, et beaucoup d’hommes moururent de ces eaux, parce qu’elles étaient devenues amères et IX:11 : Elles ont à leur tête, comme roi, l’ange de l’abîme qui se nomme en hébreu Abaddon, en grec Apollyon.. On trouve l’expression directe dans l’Asclépios : Déplorable divorce des Dieux et des hommes ! il ne reste plus que les mauvais anges, ils se mêlent à la misérable humanité, leur main est sur elle, ils la poussent à toutes les audaces mauvaises, aux guerres, aux rapines, aux mensonges, à tout ce qui est contraire à la nature des âmes. Notez la présence d’anges ni saints ni damnés transformés en oiseaux dans le Voyage de Saint Brendan (VIII) : Nous ne sommes pas des oiseaux, mais des anges. Jadis nous habitions dans le ciel sacré. Nous en fûmes précipités avec le Félon, avec le Superbe qui se révolta contre le Verbe de Dieu. Toutefois, nous n’avions pas péché avec lui : nous avions seulement continué à le servir, comme nous faisions de toute éternité. Donc, nous ne fûmes pas foudroyés comme ceux qui avaient partagé son orgueil. Nous reçûmes les corps que tu vois ; nous fûmes placés dans cette île qui flotte sur la vaste étendue des eaux. Notre châtiment, c’est de ne plus jamais voir rayonner la majesté du Seigneur. Notre réconfort, c’est de pouvoir toujours le célébrer avec les beaux cantiques que nous chantions jadis, quand nous étions anges sur les marches de son trône.

► Louis Bautain analyse : Au contraire, les anges qui se sont révoltés contre le Créateur, sont dans une agitation continuelle qui fait leur supplice. Il semble qu’en se détournant de Dieu, ils aient perdu leur base, et par conséquent une forme fixe, en sorte qu’ils seraient lancés dans l’immensité, comme des esprits sans substance, en cherchant une partout et de toutes manières, et pouvant revêtir momentanément toutes sortes de formes illusoires ou d’apparences, justement parce qu’ils ont perdu leur forme propre et véritable. Toujours inquiets, toujours agités, souffrant et voulant faire souffrir les autres, dévorés par une activité impuissante qui revient sur elle-même parce qu’elle manque de forme et d’instruments, les esprits mauvais ne sont certainement point dans leur état naturel, ou tels que Dieu les a faits ; ils errent dans l’air, sur la terre, autour de l’homme comme le lion rugissant qui demande une proie ; ils cherchent partout des existences où ils puissent se fixer, par lesquelles ils puissent opérer, et c’est pourquoi ils dressent à l’homme mille pièges, le tentent et tâchent de le séduire par tous les moyens, pour s’emparer de son âme et de son corps. (Philosophie, psychologie expérimentale, 16).

► D’un point de vu occultiste, la notion d’anges noirs peut être mise en rapport avec l’idée d’entités vampiriques liées aux égrégores idéologiques mortifères qui, pour se nourrir, provoquent des effusions passionnelles et mènent à la dégénérescence tant personnelle que civilisationnelle.

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Tableaux récapitulatifs des anges

■ Appréhendé de façon généraliste, il existe un nombre considérable d’entités pouvant s’assimiler à des anges et qui proviennent de plusieurs sources.

Les anges existent dans les systèmes religieux suivants : judaïsme, christianisme et islam d’abord, ainsi que leurs différentes branches et dérivés comme le sikhisme et le bahaïsme.

Le gnosticisme (plusieurs branches également, la Pistis Sophia est notamment prolixe), le manichéisme, le yazdanisme (yézidisme, yârsânisme et alévisme) et le mandéisme proposent également chacun un système angélologique fort élaboré.

Il faut également mentionner l’apport important des qabbalistes (3 Hénoch ex. donne en XIV:4 une liste d’anges dominant les éléments), des grimoires salomoniens du moyen-âge et de la renaissance (Liber Juratus, La Magie des anciens, Lemegeton) ainsi que celui de divers ésotéristes : Abano (Heptameron), Trithème (Stenographia, De septem secundeis), Agrippa (Philosophie occulte), Fludd (Meteorologica Cosmica) ou encore Dee (Compendium Heptarchiæ Mysticæ).

De façon moins circonscrite et déterminée l’investigation pourrait également être étendue au polythéisme mésopotamien et à la religion cananéenne qui proposent également des entités s’approchant plus ou moins de cet archétype et avec qui un lien historique vis à vis de l’ange abrahamique est avéré. En dernière analyse, les polythéismes occidentaux en particulier gréco-romains (On trouve notamment Michel, Gabriel et Raphaël dans les Papyri Graecae Magicae) pourraient également amener un apport et enfin, le taoïsme, le védisme ou le bouddhisme peuvent, en orient, présenter des classes d’entités dont l’iconographie et les fonctions s’avèrent très proches.

■ Dans les tableaux suivants et sauf exceptions à titre d’exemple, nous nous bornons à indiquer seulement les entités abrahamiques disposant d’un nom propre. Beaucoup, tirés par l’herméneutique, existent seulement encore par le biais de paraphrases. Certains ne sont autrement mentionnés que par des adjectifs comme le מַלְאַךְ הַמָּוֶת (malakh ha-mavet) {Ange de la mort} (cependant, le cas de l’Ange de la mort est particulier, puisqu’il a par la suite obtenu un nom propre). Et bien sûr enfin, d’autres sont indiqués simplement de façon collective. Nous évitons également les anges qui ne sont que mentionnés. Pour des questions de clarté, nous avons produit deux tableaux : un tableau général et un tableau dédié aux anges du Shem HaMephorash. Nous n’avons pas séparé ou indiqué formellement les anges déchus car le statut des anges concernés varie en fonction de la compréhension des textes et de la dogmatique des traditions qui ne s’accordent pas toujours entre elles.

Nous ne prétendons pas à l’exhaustivité et essayons de privilégier la pertinence mais nous pourrions compléter ces tableaux DOPoFD. De même, les occurrences sont une sélection : nous avons choisi celles qui nous semblaient les meilleures. Les noms alternatifs indiqués dans le menu dépliant pouvant s’afficher avec chaque nom d’ange, livre différentes orthographes possibles selon les transcriptions qui sont plus ou moins fautives ou déformés dans différentes langues. Dans la mesure où ces différents noms ont pu être modifiés et interpolés, associés également, au fur et à mesure du temps et des lieux, nous avons fait le choix d’en indiquer le plus possible. Il en résulte que certains peuvent apparaître dans plusieurs entrées simultanément, ce qui est du reste, tout à fait naturel dans les systèmes théologico-mythologiques vivants (comparer ex. avec le polythéisme égyptien ou de nos jours, l’hindouisme). Les propositions de significations enfin, se trouvent passim ex. The Origin of the Names of Angels and Demons in the Extra-Canonical Apocalyptic Literature to 100 A.D. in Journal of Biblical Literature (31, 4 pp. 156-167), George Barton, 1912.

Tableau général

Nom Signification Religion Fonction Classe Domaine Occurrences
Nom Signification Religion Fonction Classe Domaine Occurrences
Raziel Mystère de Dieu Judaïsme Gnostique Chérubin Secrets, Magie Zohar (Bereshit, 55b)
AkatrielAkathriel, Nathanel, Zagagel, Zathael
Couronne de Dieu Judaïsme Présence Archange Bravoure Talmud (Berakhot, 7a)
Neki’ah Propreté Judaïsme ? Gardien Information inconnue Subsistance Talmud (Pesahim, 111b)
Amarlai Information inconnue Judaïsme Exterminateur Information inconnue Information inconnue Talmud (Shabbat, 67a)
Sharlai Information inconnue Judaïsme Exterminateur Information inconnue Information inconnue Talmud (Shabbat, 67a)
Suriel Information inconnue Judaïsme Présence Information inconnue Information inconnue Talmud (Berakhot, 51a)
Ariel Lion de Dieu Abrahamisme ? Exterminateur ? Archange Guerre Tanakh (Isaïe, 33)
AzraëlAsrafil, Azriel, Ange de la mort
Aide de Dieu Judaïsme, Islam, Sikhisme ? Exterminateur Archange Mort Talmud (Avodah Zarah, 20b), Coran (32:11), Guru Granth Sahib
MetatronMitatrun
Gardien du trône Judaïsme, Islam Présence Archange Royauté Talmud (Hagigah 15a ; Sanhedrin, 38b)
Dubiel Ours de Dieu Judaïsme Gardien Principauté Perse (Pays) Talmud (Yoma, 77a)
Dumah Silence Judaïsme, Islam ? Exterminateur Information inconnue Justification Talmud (Sanhedrin, 94a)
Lailah Nuit Judaïsme ? Gnostique Information inconnue Conception Talmud (Sanhedrin, 96a)
Ridya Irrigateur Judaïsme ? Gardien Information inconnue Fertilité Talmud (Taanit, 25b)
MastemahMastema, Mesetema
Hostilité Judaïsme, Christianisme (Orthodoxisme éthiopien) Veilleur Information inconnue Punition Tanakh (Osée, 9), Jubilés (Livre des)
Abaddon Destruction Christianisme Exterminateur Information inconnue Anéantissement Nouveau Testament (Apocalypse, XIX:14)
Molriva Information inconnue Christianisme ? Gardien, Douteux Information inconnue ? Art Magie au dix-neuvième siècle (La)
AsaryalyorArsayalâlyor, ? Uriel
[Le manuscrit est sans doute fautif, ? Uriel] Abrahamisme Messager, Gardien Information inconnue Protection Hénoch (Livre d’) (X:1)
Kasbeel Dieu créateur Abrahamisme Gnostique Information inconnue Arcanes Hénoch (Livre d’) (LXIX:13)
Mîkhâ’êlMichaël, Michael, Michel
Qui est comme Dieu Abrahamisme Gardien Archange Jugement Hénoch (Livre d’) (IX:1), Talmud (Yoma, 77a)
UrielAuriel, Jeremiel, Nuriel, ? Phanuel, Sariel, ? Suriel, Urial, Uryan, Vretil
Lumière de Dieu Abrahamisme ? Présence Archange Justice Hénoch (Livre d’) (IX:1)
RaphaëlRafael, Israfil
Médecine de Dieu Abrahamisme Messager Archange Médecine Hénoch (Livre d’) (IX:1), Talmud (Yoma, 37a)
GabrielItamon, Jibril, Pisaqon, Sigaron
Force de Dieu Abrahamisme Gnostique Archange Messages divins Hénoch (Livre d’) (IX:1), Talmud (Shabbat, 56b ; Sanhedrin, 44b)
JophielDina, Iofiel, Iophiel, Jehudiel, Jofiel, Yofiel, Youfiel, Zophiel, Zuriel
Dieu est ma beauté Abrahamisme Gnostique Archange Sagesse Zohar (154a)
JéhudielJegudiel, Jhudiel, Gudiel
Louange de Dieu Christianisme (Orthodoxisme) Information inconnue Archange Prière Information inconnue
CamaëlCameel, Camiel, Camniel, Chamael, Chamuel, Khamuel
Attisement de Dieu Judaïsme, Christianisme (Anglicanisme) Information inconnue Archange Ardeur Information inconnue
ZadkielHasdiel
Justice de Dieu Judaïsme, Christianisme (Anglicanisme), Christianisme (Orthodoxisme copte) Information inconnue Archange, ? Domination Pardon Information inconnue
SamaelSamiel, Samil, Smal, Smil, Sammane, Sammāʾēl, Sammuel, Semiel
Venin de Dieu Abrahamisme Exterminateur Archange Punition Hénoch (Livre d’), Talmud (Sotah, 10b)
RaguelAkrasiel, Raguil, Rakul, Raquel, Rasuil, Reuel, Rufael
Ami de Dieu Judaïsme, Christianisme Veilleur Archange Justice Hénoch (Livre d’) (XX:4)
Saraqiel Commandement de Dieu Abrahamisme Présence Archange Pureté Hénoch (Livre d’) (XX:6)
RemeielRamiel, Remiel, Rumael, Jérémiel
Tonnerre de Dieu Abrahamisme Gardien Archange Récompense Hénoch (Livre d’) (XX:8)
PhanuelPaniel, Peniel, Penuel, Fanuel, Orfiel, Orphiel
Visage de Dieu Abrahamisme Présence Archange Repentir Hénoch (Livre d’) (XL:9)
Sandalphon Confrère Abrahamisme Messager Archange Prière Talmud (Haguiga, II:13b)
YurkamiYurqami, Prince de la grêle
Information inconnue Judaïsme Démiurge Information inconnue Froideur Talmud (Pesahim, 118a-b)
Semalyon Information inconnue Judaïsme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Talmud (Sotah, 13b)
ShamchazayShamhazai
Information inconnue Judaïsme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Talmud (Niddah, 61a)
Sarchemah Information inconnue Abrahamisme Messager Archange Prière Talmud (Haguiga, II:13b)
SatanSatanâs, Shaitan
Accusateur Abrahamisme ? Exterminateur Archange Exigence Tanakh (Job, I:6), Talmud (Shabbat, 89a ; Sanhedrin, 89b)
Moroni Information inconnue Christianisme (Mormonisme) Messager Information inconnue Information inconnue Mormon (Le Livre de)
YushaminJoshamin
Celui des cieux Mandéisme Démiurge Primordial Création Ginzā de droite
AbaturAbathur, Yawar
Information inconnue Mandéisme Démiurge Primordial Individuation Ginzā de droite
Ptahil Dieu à crée Mandéisme Démiurge Primordial Matérialisation Ginzā de droite
Cassiel Dieu est mon saut Judaïsme, Christianisme Démiurge Prince Saturne Grand Traité des Palais, Sefer Raziel
BarachielBaraqiel, Baraquiel, Malthiel
Bénédiction de Dieu Christianisme (Orthodoxisme) Veilleur Archange, Chef Bénédictions, Astrologie 3 Henoch (XVII), Hénoch (Livre d’) (VI:7)
SelaphielSealtiel, Selatiel, Zeadkiel
Prière de Dieu Christianisme (Orthodoxisme) Information inconnue Archange Prière Information inconnue
SemyazaAmez[y]arak, Azza, Ouza, Samjâzâ, Samyasa, Samyaza, Schemiazah, Semiaza, Semihazah, Semjâzâ, Semyaza, Sêmîazâz, Shemêhaza, Shemihazah, Shemhazai, Shemyazaz, Uzza
Mon nom a vu Abrahamisme Veilleur Prince Rébellion Hénoch (Livre d’) (VI:3)
ArakibAraciel, Arâkîba, Araqael, Arakiel, Araqiel, (Aretstikapha), Arkas, Arkiel, Arqael, Sarquael
Terre de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Divination (géomancie) Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Aramiel Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
KôkabielKabaiel, Kakabel, Kochab, Kochbiel, Kôkabel, Kokbiel, Kôkhabîêl
Étoile de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Magie, Symbolisme Hénoch (Livre d’) (VI:7) / Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
Tamiel Perfection de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Divination (astromancie) Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Ramiel Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Daniel Jugement de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Ezéqiel Affermissement de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Asaël Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Annaros Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Batariel Vallée de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Ananiel Pluie de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Zaqilê Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
SamsapeelSamsâpêêl, Shamshel, Shamshiel, Shamsiel, Shashiel
Soleil de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Divination (Hélioscopie) Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Satariel Lune de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
TourielTamiel
Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Yomeyal Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Arazeyal Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Information inconnue Hénoch (Livre d’) (VI:7)
Yeqon Il s’élèvera Abrahamisme Veilleur Chef Séduction Hénoch (Livre d’) (LXIX:4)
Asbeel Dieu a abandonné Abrahamisme Veilleur Chef Lubricité Hénoch (Livre d’) (LXIX:5)
Gadriel Mur de Dieu Abrahamisme Veilleur Chef Mort Hénoch (Livre d’) (LXIX:6)
Penemu’e Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Dichotomie Hénoch (Livre d’) (LXIX:8)
Kasdeya’e Information inconnue Abrahamisme Veilleur Chef Devenir Hénoch (Livre d’) (LXIX:12)
Belial Sans valeur Judaïsme Information inconnue Information inconnue Passivité Tanakh (2 Samuel, 23:6), Talmud (Sanhedrin, 111b)
AzazelAsaël, Azaël
Robustesse de Dieu, Bouc émissaire Judaïsme Veilleur Information inconnue Métaux, forge, pierres précieuses, lapidage Tanakh (Lévitique, 16:7-22), Hénoch (Livre d’) (VIII:1), Talmud (Yoma, 37a)
Amiziras Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Magie (enchantements), phytothérapie Hénoch (Livre d’) (VIII:8)
ArmarosHermoni
Il a dédicacé Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Magie (exorcisme) Hénoch (Livre d’) (VIII:8)
Asdariel Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Divination (sélénomancie) Hénoch (Livre d’) (VIII:8)
ArstiqifaArataqif
Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
ArmênRamtel
Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
RumyalRamel
Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
NeqelZiquiel
Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
BataryalMatariel
Homme de Dieu Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
Basasaël Au nom de Dieu Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
HananelAnaniel
Favoritisme de Dieu Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
Simapisiel Écouter de la bouche de Dieu Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
YetarielYehadiel
Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
TumaëlToumiel
Dieu est ma perfection Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
Tariel Information inconnue Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
Rumael Exaltation de Dieu Abrahamisme ? Veilleur Information inconnue Information inconnue Hénoch (Livre d’) (LXIX:2)
Malek Taus Ange-Paon Yazdanisme (Yézidisme) Démiurge Archange Rédemption Révélations (Livre des)
Malik Ange Islam Information inconnue Information inconnue Punition Coran (XLIII:77)

Tableau récapitulatif des anges du Shem HaMephorash

Numéro Trigramme Nom (Heb.) Nom (Lat.) Attribut Ordre Zodiaque Génie Psaumes (Vulgate) [Lenain]
Numéro Trigramme Nom (Heb.) Nom (Lat.) Attribut Ordre Zodiaque Génie Psaumes (Vulgate) [Lenain]
1 והו Vehuiah Exaltator Dieu élevé et exalté au-dessus de toutes choses Séraphin Bélier (1-5°) Chontaré () 3:3
2 ילי Jeliel Auxiliator Dieu secourable Séraphin Bélier (6-10°) Asican () 21:20
3 סיט Sitaël Spes Dieu, l’espérance de toute créature Séraphin Bélier (11-15°) Chontacré () 90:2
4 עלם Elémiah Salus Dieu caché Séraphin Bélier (16-20°) Sénacher () 6:4
5 מהש Mahasiah Qœsitus Dieu sauveur Séraphin Bélier (21-25°) Seket () 33:4
6 ללה Lelahel Annunciatus Dieu louable Séraphin Bélier (26-30°) Asentacer () 9:11
7 אכא Achaiah Longanimis Dieu bon et patient Séraphin Taureau (31-35°) Chous () 102:8
8 כהת Cahetel Adorandus Dieu adorable Séraphin Taureau (36-40°) Asicat () 94:6
9 הזי Aziel Recordabilis Dieu de miséricorde Chérubin Taureau (41-45°) Erô () 24:6
10 אלד Aladiah Propitiabilis Dieu propice Chérubin Taureau (46-50°) Viroaso () 32:22
11 לאו Lauviah Exultabundus Dieu loué et exalté Chérubin Taureau (51-55°) Rombomaré () 17:50
12 ההע Hahaiah Opportunus Dieu refuge Chérubin Taureau (56-60°) Atarph () 9:22
13 יזל Iezalel Decantatus Dieu glorifié sur toutes choses Chérubin Gémeaux (61-65°) Théosolk () 97:6
14 מבה Mebahel Sublevator Dieu conservateur Chérubin Gémeaux (66-70°) Thésogar () 9:9
15 הרי Hariel Ens Dieu créateur Chérubin Gémeaux (71°-75°) Ouérê () 93:22
16 הקם Hakamiah Advocatus Dieu qui érige l’univers Chérubin Gémeaux (76-80°) Vérasua () 87:1
17 לאו Lauviah Exultabundus Dieu admirable Trône Gémeaux (81-85°) Phuor () 8:1
18 כלי Caliel Justitia Dieu prompt à exaucer Trône Gémeaux (86-90°) Tepisatosoa () 7:9
19 לוו Leuviah Exauditor Dieu qui exauce les pêcheurs Trône Cancer (91-95°) Sotis () 39:1
20 פהל Pahaliah Eruens Dieu rédempteur Trône Cancer (96-100°) Sothis () 119:2
21 נלך Nelebaël Fortis Dieu seul et unique Trône Cancer (101-105°) Sith () 30:18
22 ייי Ieiaiel Dexter La droite de Dieu Trône Cancer (106-110°) Syth () 120:5
23 מלה Melahêl Custos Dieu qui délivrez des maux Trône Cancer (111-115°) Chumis () 120:8
24 חהו Hahuiah Expetendus Dieu bon par lui-même Trône Cancer (116-120°) Thuimis () 32:18
25 נתה Nith-Haiah Mirabilis Dieu qui donne la sagesse Domination Lion (121-125°) Charcumis () 9:1
26 האא Haaiah Invocandus Dieu caché Domination Lion (126-130°) Aphruimis () 118:145
27 ירת Jerathel Salvator Dieu qui punit les méchants Domination Lion (131-135°) Hépê () 139:1
28 שאה Séeiah Festinus Dieu qui guérissez les malades Domination Lion (136-140°) Sithacer () 70:13
29 ריי Réiel Sanator Dieu prompt à secourir Domination Lion (141-145°) Phupé () 53:4
30 אום Ornaël Adolescentia Dieu patient Domination Lion (146-150°) Phuonisié () 70:6
31 לכב Lecabel Solus Dieu qui inspire Domination Vierge (151-155°) Tomi () 70:16
32 ושר Vasariah Rector Dieu juste Domination Vierge (156-160°) Thumis () 32:4
33 יחו Iehuiah Cogitabundus Dieu qui connaît toutes choses Puissance Vierge (161-165°)) Ouestucati () 33:11
34 להח Lehahiah Expectatio Dieu clément Puissance Vierge (166-170°) Thopitus () 130:5
35 בוק Chevakiah Deprecatio Dieu qui donne la joie Puissance Vierge (171-175°) Aphoso () 114:1
36 מנד Menadel Gloria Dieu adorable Puissance Vierge (176-180°) Aphut () 25:8
37 אני Aniel Facies Dieu des vertus Puissance Balance (181-185°) Souchoë () 79:8
38 העם Haamiah Refugium Dieu, l’espérance de tous les enfants de la terre Puissance Balance (186-190°) Serucuth () 90:9
39 רהע Rehael Adjutor Dieu qui reçoit les pécheurs Puissance Balance (191-195°) Ptéchout () 29:13
40 ייז Ieiazel Propulsator Dieu qui réjouit Puissance Balance (196-200°) Aterchinis () 87:15
41 ההה Hahahel Liberator Dieu en trois personnes Vertu Balance (201-205°) Chontaré () 119:2
42 מיך Mikael Custos Vertu de Dieu / Maison de Dieu / Semblable à Dieu Vertu Balance (206-210°) Arpien () 120:7
43 וול Veuahiah Matutinus Roi dominateur Vertu Scorpion (211-215°) Stochêné () 87:14
44 ילה Ielahiah Doctor Dieu éternel Vertu Scorpion (216-220° Sentacer () 118:108
45 סאל Sealiah Compatiens Moteur de toutes choses Vertu Scorpion (221-225) Sesmê () 93:18
46 ערי Ariel Operator Dieu révélateur Vertu Scorpion (226-230°) Tépiseuth () 144:9
47 עשל Asaliah Magnificus Dieu juste, qui indique la vérité Vertu Scorpion (231-235°) Siêmé () 103:25
48 מיה Michael Revelator Dieu, père secourable Vertu Scorpion (236-240°) Senciner () 97:3
49 והו Vehuel Maximus Dieu grand et élevé Principauté Sagittaire (241-245°) Rêno () 144:3
50 דני Daniel Clemens Le Signe des miséricordes / des confessions Principauté Sagittaire (246-250°) Eregbuo () 102:8
51 החש Hahasiah Laetabundus Dieu caché Principauté Sagittaire (251-255°) Sesmé () 103:32
52 עמם Imamiah Altissimus Dieu élevé au-dessus de toutes choses Principauté Sagittaire (256-260°) Sagen () 7:18
53 ננא Nanael Verus Dieu qui abaisse les orgueilleux Principauté Sagittaire (261-265) Chommé () 118:75
54 נית Nithael Regnator Roi des cieux Principauté Sagittaire (266-270) Chénon () 102:19
55 מבה Mabaiah Aeternum Dieu éternel Principauté Capricorne (271-275) Smat () 101:13
56 פוי Poil Erector Dieu qui soutient l’univers Principauté Capricorne (276-280°) Themeso () 144:15
57 נמם Nemmamian Protector Dieu louable Archange Capricorne (281-285°) Srô () 113:19
58 ייל Ieialel Animus Dieu qui exauce les générations Archange Capricorne (286-290°) Epima () 6:3
59 הרח Harahel Oriens Dieu qui connaît toutes choses Archange Capricorne (291-295°) Isrô () 112:3
60 מצר Mizrael Justus Dieu qui soulage les opprimés Archange Capricorne (296-300°) Homoth () 144:18
61 ומב Umabel Benedictus Dieu au-dessus de toutes choses Archange Verseau (301-305°) Ptiau () 112:2
62 יהה Iah-hel Amabilis Être suprême Archange Verseau (306-311°) Oroasoer () 118:159
63 ענו Anianuel Laudabilis Dieu infiniment bon Archange Verseau (311-315°) Aseü () 2:11
64 מחי Méhiel Mercator Dieu qui vivifie toutes choses Archange Verseau (316-320°) Astiro () 32:18
65 דמב Damabiah Deprecabilis Dieu fontaine de sagesse Ange Verseau (321-325°)) Ptébiou () 89:15
66 מנק Manakel Assistens Dieu qui seconde et entretient toutes choses Ange Verseau (326-330°) Tépisatras () 37:22
67 איע Itaiel Dator Dieu, délice des enfants des hommes Ange Poissons (331-335°) Abiou () 36:4
68 חבו Xabuiah Bonus Dieu qui donne avec libéralité Ange Poissons (336-340°) Archatapias () 105:1
69 ראה Rochel Praemium Dieu qui voit tout Ange Poissons (341-345°) Chontaré () 15:5
70 יבם Jabamiah Deus Verbe qui produit toutes choses Ange Poissons (346-350°) Thopibui () Genèse, 1:1
71 היי Haiel Multus Dieu maître de l’univers Ange Poissons (351-355°) Ptibiou () 108:29
72 מום Multus Requies Ω Ange Poissons (356-360°) Atembui () 114:7